DECOUVERTE d DE LA MIGRAINE ET DU BSOYEM ©E LA GUÉMIB. Bans üemeùe f EN 10, 23 ET HO SECONDES; r^é. & ^ffîocfewr- &oiMzteeaft. AUTEUR D ESSAIS SUR LA RÉORGANISATION DB LA MÉDECINE, ETC. Non apud forum è Davo audivi, Nec in scholis, neqne inveni apud anctores. ANGOULÊME, IMPRIMERIE de EEFRAÏSE et éon , Rue Vauban, n. F. -1834 ■|i iii |i ii i |iiii| iii i | i i U|ini | nii|ii ii|ini|iui|ini|iiiY"'|Mi[|ii'i|ini|iiii|Mii|iiii|iMi|iiii|iiii|i 0 1 23456789 10 11 DÉCOUVERTE DU VRAI SIÈGE DE LA MIGRAINE. A L ? HUMANITÉ souffrante. Puisse-t-elle trouver dans cette découverte une nouvelle preuve de mes constans efforts pour elle! m MOT au lecteur. Introduction, préface, avant-propos, aver¬ tissement sont autant d’expressions a peu près synonymes qui donnent souvent l’idée d’espèces de discours qui sont a certains livres ce qu’est à un mauvais breuvage le miel qu’on s’est cru obligé de mettre autour du vase qui le contient. Le lecteur sè trouve souvent aussi attrapé que le malade pour lequel on avait doré la pilule. Un opusculé destiné à faire connaître une découverte, ne nous paraît pas avoir besoin de cette espèce d’ornement. Celle-ci est bonne ou mauvaise, utile ou insignifiante. Si elle est mauvaise, ce ne sera pas un beau discours qui lui donnera de l’importance; si elle est bonne ou utile, elle se recommandera d’elle- même , et sera d’autant plus promptement appréciée a sa juste valeur que l’ouvrage des¬ tiné à T annoncer sera concis et composé de manière a la mettre au plus tôt en évidence. C’est ce que j’ai essayé de faire dans l’opus¬ cule qu’on va lire. II Je ne crois pas devoir craindre qu'il m’arrive rien d’analogue a ce qui eut lieu a l’occasion d’une découverte faite par un médecin alle¬ mand. Des médecins de Paris écrivirent à M. le docteur Storck que sans doute la ciguë d Alle¬ magne était différente de celle de France, puis¬ qu’ils n’avaient pu obtenir de son extrait les effets merveilleux que ce médecin lui attri¬ buait. Votre insuccès ne vient pas de la plante, leur répondit-il; vous devez l'attribuer à ce que, chez vous, on ne sait pas le préparer. La demande était ironique, mais la réponse fut piquante. Qu'aurais-je a répondre, moi, au grand nombre d’habiles médecins qui répéteront nies expériences, s’ils venaient me dire avoir opéré sans succès ? DECOUVERTE DU YRAI SIEGE DE LA MIGRAINE ET DU MOYEN DE LA GUÉRIR, SANS REMÈDE , EN 10, 20 ET 30 SECONDES. La société de médecine du département de la Mo¬ selle a annoncé qu’elle décernerait pour prix une mé¬ daille en or à l’auteur qui lui adresserait, pour le mois d’août 1835, le mémoire qui satisferait le mieux à la proposition suivante : a Indiquer les symptômes et le siège de l'affection cc connue généralement sous le nom de migraine; foire ce connaître les causes qui la font naître et en favorisent cc le retour; signaler sa marche, sa durée, ses compliea- cc tions, ses terminaisons; caractériser les formes qu’elle ce peut revêtir; établir le diagnostic et le prognostic; ce décrire les altérations organiques locales auxquelles cc elle peut donner lieu ; enfin, établir le traitement piè¬ ce servatif et curatif. « Pe la manière dont cette proposition assez complexe 2 est divisée, il n’a pas été difficile de l’analyser, et, afin de la mieux traiter, de la représenter sous sept propositions très-simples. C'est ainsi que j’ai procédé dans un mémoire que j’ai’à peine athèVé et que j’âu- rais fait imprimer en placé de cet extrait, si je n’aVafe pas réfléchi que, d’après le procédé simple et efficace que je présente, il devenait tout-à-fait inutile de trai¬ ter la question proposée comme il eut fallu le faire dans le cas où ma découverte n’aurait pas avancé ce point de la science médicale de manière à faire rejeter un grand nombre de considérations que j’avais établies dans ce mémoire et dont l’importance, quoique recon¬ nue encore généralement aujourd’hui, fera place dé¬ sormais à des conséquences autrement importantes qui résulteront indubitablement de ce que je vais dire, et qui pourront éclaircir divers autres points en médecine et aller même jusqu'à saper les fondemens des doc¬ trines établies. Je n’ai pas besoin d’apprendre aux médecins de quoi se compose le crâne et quelles sont les parties qui le recouvrent. Ceux qui sont anatomistes et physiolo¬ gistes connaissent aussi bien que moi ce que contient cette boîte osseuse; mais, cependant, je crois devoir leur rappeler succinctement,au sujet de la question que je traite ici, comment son intérieur établit des rela¬ tions avec sa surface externe, et de quelle manière celle- ci peut communiquer les affections de quelques-unes des parties qui la recouvrent aux organes qu elle con¬ tient , ainsi que la partie supérieure du canal vertébral. On sait que, sur la calotte osseuse, entre le cuir che¬ velu et les muscles épicraniens, ou leurs aponévroses, règne un espèce de réseau nerveux formé, 1° en de¬ vant, par les rameaux appelés nerfs frontaux, qui 3 naissent des branches ophtalmiques, une de chaque côté qui est, dans chaque orbite, une des trois en les¬ quelles se divise chacun des trijumeaux qui forment la cinquièmepairede nerfs dont l’origine est plus ou moins près du renflement de la protubérance cérébrale ou , d’après des anatomistes moins modernes, à l’endroit où les cuisses de la moelle allongée se joignent au pont de Varole; 2° sur les côtés,par deux rameaux temporaux , nés du nerf facial ou de la portion dure de la septième paire, appelée lespetits sympathiques, se divisant ensuite en; un grand nombre de filets qui se répandent sur les régions: temporales, et vont jusqu’au sommet de la tête où ceux du côté droit s’anastomosent probable¬ ment, quoi qu’en ait dit Bichat, avec ceux du côté gauche -, 3° en arrière, les rameaux occipitaux, varia¬ bles pour leur nombre, se divisant en filets qui se ré¬ pandent sur les parties moyenne et postérieure de la tête, et se terminent dans le voisinage des frontaux avec lesquels on leur remarque des anastomoses : ces rameaux occipitaux viennent de la branche postérieure de. la première paire cervicale sortie en arrière entre l’atlas et l’axis ,, et de celle de la deuxième paire qui sort entre l’axis et la 3 e vertèbre, lesquelles paires cer¬ vicales tirent leur origine des parties latérales de la moelle de. l’épine. On sait également que la branche ophtalmique donne, outre le nerf frontal, deux autres rameaux, l’un qu’on nomme lacrymal parce qu'il va se distri¬ buer en grande partie dans la glande du même nom , et l’autre, nasal, parce qu’il se répand presqu’en totalité à; Vextérieur et à l’intérieur du nez. Il s’anastomose avec le frontal dont il accompagne des filets jusque sur la paupière; supérieure. 4 L’on n’ignore pas enfin que le ganglion ophtalmique ou lenticulaire, que Bichat regarde comme appartenant à la vie organique, fournit les filets nerveux qui, sous la dénomination de procès-ciliaires, donnent à l’iris sa sensibilité et sa contractilité, et représentent sur cette membrane comme autant de petites lignes blan¬ châtres et radiées faciles à distinguer, surtout après une légère macération. Ils ont des rapports avec le nerf nasal par un ou deux filets de ce dernier qui les accompagnent peut-être jusque sur l’iris. Ils entre¬ tiennent probablement d’intimes relations entre cette membrane et le frontal au moyen des anastomoses qui sont établies entre ce dernier et le rameau na¬ sal, et expliquent l’affeclion sympathique de l'œil à la suite de blessures sur le trajet du nerf frontal dont Willis nous a donné connaissance. Cet aperçu remémoratif des parties anatomiques qui jouent le principal rôle dans l’hémicrânie, était nécessaire pour mettre les médecins à même de se ren¬ dre raison de certains phénomènes et symptômes qui annoncent et accompagnent un accès de migraine, et de se convaincre que c’est une affection toute nerveuse* d’une espèce qui paraîtra d’autant plus extraordinai¬ re qu’il n’est nullement venu à l'idée de ceux qui ont pu la supposer de cette nature, de recourir au procédé aussi simple qu’efficace que j'emploie et dont le succès étonnera d’autant plus que, depuis des siècles que l’aperçu anatomique que je viens de présenter est connu, tout le corps médical a recommandé et prescrit le contraire de ce que je pratique. Bien plus, tout prouve* comme j’en apporterai la preuve, que non-seulement on était loin de préciser, ainsi que je le fais, le siège de cette affection, mais qu’encore la découverte de la méthode propre à la guérir m’était réservée. IL est aussi faux que l'hémicranie, affection connue généralement sous le nom de migraine, ait ordinaire¬ ment son siège à l’encéphale ou aux enveloppes de ce viscère, qu’il est impropre de conserver la dénomina¬ tion de rhume de cerveau à l’affection catharralle ou la fluxion muqueuse qui se fixe sur la membrane de Schneider et constitue ce que les gens de l’art appellent coryza. La migraine à l’état simple a son siège dans le sys¬ tème nerveux, et c’est toujours en lui seul qu’elle l’é¬ tablit dès son principe. Il est même conforme à l’ob¬ servation d’ajouter que, chez la presque totalité des individus qui en ont été atteints , elle ne l’a jamais porté au-delà. Le premier symptôme de cette affection si commune et si douloureuse s’annonce le plus ordinairement par une espèce d’éblouissement ou d’obscurcissement de la vue qui fait croire quelquefois qu’on a d’épais brouil¬ lards ou nuages devant les deux yeux ou un seul, qui se dissipe assez lentement par fois pour que le malade soit frappé de la crainte de perdre la vue, cet état de trouble dans la vision étant analogue à celui d’yeux qui commencent à se cataracter. Un sentiment de malai¬ se, un état de tristesse et d’abattement mêlé d’impa¬ tience, accompagnent le plus souvent ce symptôme ou le suivent immédiatement 5 viennent ensuite la douleur sus-orbitaire de l’un ou l’autre côté, de légères horri¬ pilations, des nausées, un sentiment de pesanteur et de plénitude à l’épigastre, et, chez quelques personnes, des vomissemens. A l’approche de la douleur commen¬ cent à se dissiper les brouillards qu’on croyait avoir devant les yeux -, ces organes se sentent tout-à-fait dé- barrasses de cet obscurcissement aussitôt que la douleur est dans sa force. Bien plus, s’il arrive quelquefois que celle-ci survienne sans l’éblouissement précurseur et sans frissonnement, elle est ordinairement peu forte, de courte durée, et constitue rarement un paroxisme d’hé¬ micrânie bien caractérisé. Dans celui-ci, au contraire, la douleurest vive,lancinante,pulsative, s’étendant quel¬ quefois aux parties latérale et postérieure du côte opposé à l'hémicranie. Cette douleur, à son apo¬ gée, arrache par fois des cris aux enfans et lait voir l’œil mouillé de larmes chez quelques grandes person¬ nes. Il y en a qui sont atteints d’un crachotement assez abondant, et d’autres qui mouchent plus que de cou¬ tume pendant ce que j’appelle le premier temps d’un paroxisme d’hémicrânie, qui est caractérisé par la du¬ rée du frissonnement et des légères horripliationsdont j’ai parlé. Dès le commencement de l’accès, alors quele malaise et le frissonnement se font sentir, les malades ont le désir de se retirer loin du bruit et de rester dans l’inaction aa milieu de l’obscurité. Les ans s’enfoncent dans un fauteuil qu’ils ont fait placer auprès du feu; d’autres demandent leur lit, et le plus petit sombre ne se couchent ni ne s’arrêtent et vaquent tout de même à leurs occupations qui contribuent quelquefois h dissiper plus vîte cette affection, si elles sont de na¬ ture aies forcer d’agir en plein air, pourvu, toutefois, que le paroxisme ne soit pas de la force de celui qui a fait dire à quelques malades tellement absorbés pâr la douleur, que si l’on était venu leurannoncer quele feu était à leur maison, dans leur chambre et même aux quatre pieds de leur lit, ils ne se feraient pas levés pour l’éteindre, tant il est vrai que celui qu’un violént accès d’hémicrânie a forcé de se mètre au lit et qüiVy 7 est placé de manière qu’après avoir jugé que cette position lui convient mieux que toute autre, qu’il commence à se réchauffer et qu’il n’y a que le repos le plus absolu qui le préserve des élancemens que des mouvemens de tête faits trop tôt renouvellent, est entièrement livré à son état dont il espère et attend de l'allégement ou amendement de sa persévérance à rester à la même place et de son decubitus sur le côté dou¬ loureux (1 ). Aussi le bruit, la lumière, l’exercice de l’o¬ dorat, le mouvement ou la secousse qu’on imprime au plancher, et la conversation, sont plus ou moins insup¬ portables pour tout individu qui a un fort accès de mi¬ graine- Dans ce cas, il y a dégoût pour toute espèce d’a- limens solides et souvent même de boisson quelconque. Soit que le malade se mette dans un fauteuil auprès d’un bon feu, soit qu’il se couche dans uu lit chauffé par le moine, la bassinoire, ou aux pieds duquel on aura mis une boule d’étain remplie d’eau bouillante, le temps du frisson une fois passé, il s’endort au mi¬ lieu d’une chaleur générale du corps, et il ne tarde pas à être pris d’une moiteur, d’une sueur même dont l’abondance annonce ordinairement la solution de cette affection, qui ressemble assez bien dans ce cas à un accès de fièvre intermittente, dans lequel il y a eu ces trois temps : frisson, chaleur, et sueur. quant quiete et diaphoresi intrà 24 aut 48 horas semant , a dit Stoll en parlant d’un vif accès d’hémicrânie. Ceux qui ont le courage de ne pas se coucher et de vaquer à leurs affaires ne passent point par ces trois (i ) Il est a remarquer que les personnes atteintes d'un paroùsiue de migraine se trouvent moins souffrantes appuyées sur !e eôté doulou¬ reux. H états. Aussi arrive-t-il souvent qu’ils gardent cette af¬ fection jusqu’au lendemain ou même trois jours, à un état beaucoup moins grave à la vérité, tandis que les premiers en sont souvent débarrassés au bout de quel¬ ques heures. La migraine passe quelquefois d’un côté à faütre quoiqu’ayant eu une durée ordinaire sur le premier côté; ce qui n’est pas du tout, comme quelques person¬ nes l’on dit plaisamment, une migraine coquette, mais bien réellement deux accès d’hémicranie pour un, puisque dans ces cas, quand la sueur a lieu , ce n’est qu’après qu’elle est arrêtée que la douleur, précédée d’un nouvel obscurcissement de la vue , se reproduit de l’autre côté. Il suffit d’avoir quelques notions en physiologie pour se rendre raison, d’après l’aperçu que j'ai donné de la disposition anatomique des parties, de certains symptômes et phénomènes qui s’observent pendant un paroxisme de migraine, et que ne pourraient s’ex¬ pliquer les personnes qui n’auraient point fait cette étude préalable, mais qui néamoins pourront se servir aussi bien qu’un médecin de la méthode curative de mon invention. Il n’est point nécessaire d’entrer ici dans le détail des causes qui font naître la migraine ni de celles qui en faci¬ litent le retour, parce que, de quelque nature ou force qu’elles soient, mon procédé a le même succès, pourvu que cette affection n’ait aucune des complications dont nous parlerons. Ainsi, je divise la migraine en névrose et en névralgie hémicrâniennes. La différence que j’éta¬ blis entre ces deux états est que je regarde le premier comme une simple exaltation de la sensibilité des filets nerveux quise trouvent où est lu siège de cette affection) 9 et, le second ou la névralgie, comme une inflammation ou plilegmasie plus ou moins prononcée de ces mêmes nerfs et des parties avec lesquelles ils ont des rapports immédiats. La méthode simple, prompte et sûre au moyen de laquelle je dissipe ou enlève un accès d’hémicrânie, prouve d’une manière évidente que cette affection est loin d’être en général un premier degré d’encéphalite, et que c’est à grand tort qu’on lui donne ce caractère dans le Dictionnaire des Sciences médicales. Yoilà ce qu’onylità l’article névrose : «La plupart de « ces prétendues névroses essentielles sont aujourd’hui a reconnues pour n’être que des phlegmasies des organes ce aux nerfs desquels on les rapporte, ou bien l’expres- cc sion d’une souffrance cérébrale, d’une surexcitabilitc et encéphalique, état peu connu qui n’a pas reçu de ce nom bien caractéristique,qui doit être le premier degré ce de l’encéphalite et dont l'hémicrânie est une nuance « assez intense mais passagère. » L’hémicrânie arrivée même à l’état de névralgie n’est et ne dégénère presque jamais en encéphalite. Dans cette opinion, justement fondée, que la mi¬ graine est tantôt purement et simplement une névrose, comme je l’ai définie, et tantôt une névralgie, 1 esité¬ rations organiques locales dans ce second état doivent être analogues et même identiques des autres névral¬ gies. Il peut résulter, dit Beclard, de l’inflam¬ mation d’un nerf : ce l’infiltration de sérosité dans sa ce gaine cellulaire, ses adhérences avec les parties voi¬ ce sines, des ulcères sur son trajet, son ramollissement a et la réduction de sa substance en pus, ou son aug-