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BIBLIOTHÈQUE
DE LYON.
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MANUSCRITS
DE LA v*'.
BIBLIOTHÈQUE DE LYON,
O U
NOTICES
Sur leur ancienneté , leurs auteurs , les objets qu’on y A TRAITÉS , le caractère de leur écriture , l’indi- cation DE CEUX a QUI ILS APPARTINRENT , ETC.
PRÉCÉDÉES
l.0 D’une histoire des anciennes Bibliothèques de Lyon, et en particulier de celle de la ville ; 2.0 d’un Essai historique sur les Manuscrits en général, leurs ornemeus, leur cherté, ceux qui sont à remarquer dans les principales Bibliothèques de l’Europe, avec une Bibliographie spéciale des Catalogues qui les ont décrits.
Par Ant.-Fr. DELANDINE, Bibliothécaire de Lyon , Membre de l'Académie de cette ville , correspondant de l'Institut.
TOME SECOND.
PARIS,
SRenouard , libraire , rue St.-André-des-Arts , n.° iyz. Schœl , libraire, rue St.-Germain-l'Auxerrois, n.° 29. Lenormand, libr. , rue des Prêtres-St.-Germain, n.° 17.
Et A LYON,
A la Bibliothèque publique, et chez les principaux Libraires.
x 8 1 2.
A LYON,
De l’Imprimerie de Fr. Mistral, rue de Gadagne , N.° 91.
MANUSCRITS
DE
LA BIBLIOTHÈQUE DE LYON.
MANUSCRITS FRANÇAIS.
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HISTOIRE.
71 5. Voyage à Rome. — 8.° de 149 pag. v.
Cje voyage fut fait en 1667, par Barbier de Mcrcu- voyag. roi. 11 a pour principal objet de décrire les cérémonies Mis- observées dans les funérailles du pape Âlexcïndre VU, Sions. et celles de l’élection et du couronnement de Clément IX. Ce manuscrit, d’une écriture très - correcte , fut présenté par l’auteur à Charles de Lionne , abbé de St.-Calais , à qui il dédia son opuscule.
716. Journal du voyage du prince de Conti, en i6g5. — la- 4.0 de 60 pag. vél.
Le prince de Conti fut appelé au trône de Pologne.
Ce journal comprend tout ce qui s’est passé depuis son embarquement à Dunkerque jusqu’à son arrivée à Dantzick , et dans son retour à Dunkerque.
Cet opuscule appartint à M. Ditgas de Quinsonast membre de l’Académie de Lyon , et il fut donné en 1789, à la Bibliothèque de cette compagnie, par M. Morel de Ramlion .
11.
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MANUSCRITS FRANÇAIS.
717. Voyage et Roman. — Pet .fol. d’env.
5oo pag. bois.
Ce manuscrit, sur papier antique, à longues lignes, avec les capitales en couleur , lut achevé le 6 octobre 1/190. Il renferme , i.° un voyage en Egypte, à Beth- léem , à Jérusalem, à Babylone, à Tibériade et à Antioche, etc.
2.0 Un roman en prose gothique , offrant les faits d’armes de Ponthus , connétable de Bretagne , et ses amours avec la belle Sjdoine.
Ce volume appartint dès son origine à un sieur de la Bastie.
718. Le voyageur véridique. — de
3i8 pag.
Un voyageur véridique est un phénomène. Celui-ci, malgré sa prétendue véracité, est peu digne d’être lu. Son voyage comprend principalement la description de l’ile de Malte, où l’auteur avoit resté cinq mois.
719. Voyage en Italie. — Autres à Pondi- cliéri , en Sibérie , etc. —
Le voyage d’Italie commence par les lieux de séjour, de Paris à Rome, en passant par Sens, Châlons, Lyon, Marseille, Nice, Final et Gènes. 11 est divisé en deux parties.
La première se termine à Ravenne , où le Dante vint chercher un tombeau , après avoir été banni par les Florentins. A trois milles de cette ville , sur le che- min de Forli, au bord de la petite rivière de Ronco, ou voit une croix qui désigne l’endroit où le brave Gaston de Foix remporta la victoire et trouva la mort.
La seconde partie donne la description de Faènza , où l’on commença la fabrication de la vaisselle de
HISTOIRE.
5
terre , nommée maiolica par les Italiens , que nous avons appelée faïence , du nom de cette ville, et dont l’usage s’introduisit d’abord à Ne vers, dans la maison du duc, de la famille italienne des Gonzague . L’auteur revint en France par Milan , la Suisse et Lyon.
Le second voyage fut fait à Pondichéri en 1748, par un missionnaire qui décrit la vie, les mœurs des Indiens, la religion du Malabar, l’institution des brames , leur vénération pour la vache, la manière dont on peint les toiles dans l’Inde, les austérités des dévots, l’arrose- ment des terres et le grand nombre de chanderies. Celles-ci sont des établissemens publics, fondés par des hommes riches et généreux , en faveur des voyageurs. Elles sont bâties le long des routes , et on y trouve un hospice sûr dans le mauvais temps et pendant la nuit. On y donne à tout le monde de l’eau , du feu et souvent du cange ou soupe de riz. Les Malabares pensent que l’un des meilleurs moyens de bien mériter des dieux: et des hommes, est d’élever une rhanderie.
On trouve à la suite de cet ouvrage, 1 .c partie d’un autre voyage dans la même contrée , où l’on décrit particulièrement l’expédition des escadres anglaise et française dans l’Inde, en 1 746 , ainsi que le bombarde- ment et la prise de la ville de Madras.
2. Une dissertation sur le culte de la vache , les signes que les Malabares se mettent au front , et la fable de Kirounaman.
5. Voyage à ISaples , par M. de Lamonce.
L’auteur part de Rome pour arriver à sa destination. Il décrit les antiquités funéraires, le théâtre de Vélétri, les vestiges de la voie Appia , le tombeau de Plancus , à Gaiète. Arrivé à Naples, il parcourt les palais, les églises, les bibliothèques, et fait mention des livres, des statues et des tableaux remarquables.
4 MANUSCRITS FRANÇAIS.
1 4T Mémoires sur les mœurs des habitons de la Sibérie.
M. Patrin , savant naturaliste lyonnais, entraîné dans la Sibérie par le dessein de eonnoitre cette vaste contrée, qui, séparée de la Russie, par les monts Oural, et appelée par les Russes le Ceintre de la terre, forme la limite naturelle entre l’Europe et l’Asie. Sur une longueur de i5oo lieues et de 600 de largeur, elle renferme au plus douze cent mille habitans. Le Sibérien, doué de l'esprit de calcul, passe sa vie à jouer aux échecs. S’il s’applique au commerce, il y met de l’intelligence et souvent trop d’adresse. Les hommes portent la barbe; les femmes aiment les étoffes de couleur éclatante; leurs vêtemens sont toujours en soie ou coton, jamais en laine, ni en toile. Ceux qui habi- tent depuis les frontières de l’Europe jusqu’au fleuve Yenissei, sont mahométans ; leur langue est un dia- lecte de l’arabe. Ceux qui sont placés dans la partie orientale sont idolâtres , nomades , vivent sous des tentes et parlent la langue mongale; ils sont «connus sous le nom de Tonguses, de Bouraites , de Mongales. Ils s’habillent de peaux d’animaux, que leurs femmes savent préparer. Leurs mœurs sont austères. Parmi eux, l’adultère se punit en saisissant les coupables, en les exportant à cinquante lieues loin de toute habita- tion, et en ne leur laissant qu’un arc et des flèches. Le Tartare , qui est accoutumé dès sa plus tendre enfance à ne marcher qu’à cheval , sait à peine se tenir sur ses pieds; aussi, ne voit-on jamais réparoître ceux qui sont ainsi transportés.
720. Missions des Jésuites. — Pet .fol. d’env. 800 pag. mar. noir.
Ce recueil curieux de diverses relations des Jésuites
HISTOIRE. 5
missionnaires au Levant, en Amérique et aux Inde3 orientales, sur la fin du iy.e siècle, n’a pas été im- primé, et mériteroit d’être consulté par ceux qui vou- droient publier une nouvelle édition des lettres édifian- tes. Ce volume renferme :
1. Relation de l’estât où se trouvent les missions de la compagnie de Jésus, à la Chine , au Tunhint au Japon et à la Cochinchine , en 1677.
Elle fut envoyée de Macao, par Joseph T iss anier , aux Jésuites de Lyon.
2. Copie de la lettre du P. Jean Mongins, mis- sionnaire de l’Amérique, à un Languedocien.
Cette lettre fut écrite dans l’ile do St.-Christophe , au mois de mai 1682.
3. Relation du second voyage du P. Jean de la Mousse, chez les Indiens dé la rivière de Sinamary .
Ce voyage fut fait en 1684.
4. Autre du troisième voyage du même , chez les Galibis , en 1686.
5. Extrait de quelques lettres du même , écrites de Cayenne , en 1687.
Le zèle du P, de la Mousse fut infatigable ; il brava mille dangers , et eut plusieurs fois la fièvre dans un climat où d’ordinaire elle est mortelle.
6. Relation du voyage du P. Jean de la Mousse, dans les isles de l Amérique et dans la Perre-Ferme , pendant les années 1688, 1889, *890 et I%1*
7. Ambassade à Andrinople.
8. Relation de ce qui s'est passé aux missions des isles grecques , depuis le 22 juillet >700 jusqu'au i& janvier 1701.
Cette relation a pour auteur le P. Jacques - Xavier Portier, missionnaire.
6
MANUSCRITS FRANÇAIS.
721. Histoire des missions et des affaires de
fa Chine. — Fol. d’env. 5oo pag.
L’ouvrage est divisé en plusieurs chapitres sur les, premiers missionnaires de la Chine, les travaux apos- toliques des religieux de St.-Dominii/ue et de St.- Fratiçois ; le départ du P. de Moralez , et les ques- tions proposées par lui à la congrégation de Rome ; la conduite des Jésuites dans cette occasion et l’arrivée du P. Mai liai, à Rome; l’envoi des vicaires apostoliques aux Indes orientales et à la Chine ; le livre du P. Dez , intitulé : De riLibus Sinensium ; les objections des Jésuites contre le mandement donné par Maigrot ; la doctrine de Confucius ; les preuves que les ancêtres ne sont point regardés, par les Chinois, comme des dieux ; le livre du P. Bouvet , jésuite , intitulé : Portrait historique de l’empereur de la Chine ; celui du P. les Cobien , sur l’édit de cet empereur , etc.
On sait combien les querelles élevées entre les divers ordres religieux qui avoient pris la Chine pour but de leurs missions , ont régné long-temps à la cour de Rome , et ont produit d’ouvrages sur le culte , les opi- nions philosophiques et la morale des Chinois.
722. Relation de l’établissement des missions de la compagnie de Jésus , dans le Levant. — I11- 1 2. de 88 pag.
Cet opuscule rapporte les premières tentatives des missionnaires Jésuites, dans les états du grand-seigneur. Ils y furent envoyés par le pape Grégoire XIII , et vinrent s’établir dans le faubourg de Galata , le 18 novembre i585. Henri IV y envoya en 1609 le P. de. Camillac. Ce manuscrit rapporte les premières mis-.
HISTOIRE. 7
sions faites à Seide , Alep , Damas , Naxos , Patras en Morée , Paros et Athènes ; il y est dit qu’en 1641 , deux cents écus y suffisoient pour l’entretien de trois Jésuites, d’un frère et de la maison qu’ils occupoient.
723. Antiquités d’Herculanum, par M. Ge- nève. — Fol. d’euv. 600 pag.
L’an 79 de l’ère chrétienne, les villes d’Herculanum, de Pompéïa et de Stabia, furent englouties par une quitls. éruption du Vésuve. Pendant dix -sept siècles elles restèrent sous les cendres. En 1710, le prince d 'Elbeuf, établi à Naples, faisoit construire une maison de cam- pagne dans les environs de Portici , lorsque les ouvriers percèrent une voûte sous laquelle on trouva quelques statues antiques. Ce fut l’origine de la renaissance d’Herculanum.
Don Carlos , roi de Naples, a fait suivre les fouilles avec activité, et celles-ci ont produit les objets pré- cieux qui forment le beau Muséum de Portici. Les ta- bleaux y sont au nombre de 738 ; les statues et bustes de 55o; les vases et unies de pi5; les lampes, médail- les, autels, meubles et ustensiles, s’élèvent à plus de mille articles.
On a publié une savante description, in-fol. , de ces monumens , avec des estampes qui les représentent. Le premier volume , sorti de l’imprimerie royale de Na- ples, a paru en 1752. Les six suivans ont été publiés successivement, et le roi de Naples a envojé un exem- plaire de ce magnifique ouvrage à l’Académie de Lyon.
Ce don remarquable, placé dans la Bibliothèque publi- que de cette ville, y est sans cesse consulté par les dessinateurs et les amateurs des arts.
En 1770, M. Genève, négociant distingué de cette ville, entreprit la traduction française de l'ouvrage
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8 MANUSCRITS FRANÇAIS,
italien; mais la mort l’empêcha de la finir. On trouva dans ce manuscrit la traduction du tome premier et de la moitié du tome second. L’écriture est belle et cor- recte, et ajoute un mérite de plus à l’utilité de ce travail.
— Antiquités d'Herculanum. — Fol. d’env. 5oo p.
C’est une copie de l’ouvrage précédent; mais l’écri- ture en est moins belle , et les lignes offrent des correc- tions; ce qui annonce que ce manuscrit est de la main de l’auteur.
724. Mélanges d'antiquités. — Fol.
On trouve dans ce volume ;
1 . Dissertation sur une médaille unique de Cicéron.
Cette médaille porte d'un côté la tète de Rome; de
l’autre celle de Cicéron avec le nom de Trajan. Cet empereur, par honneur pour les Romains illustres qui l’avoient précédé et pour paroître plus populaire, fit renouveler quelques-unes des monnoies qui portoient leurs noms. Celle de Cicéron a été possédée par M. Lais né , lyonnais , qui paroit auteur de la dissertation. Vaillant parle de cette médaille comme d’une pièce dont la description lui a été envoyée de Lyon; mais il ne l’a point fait graver. M. Laisné en a joint la gra- vure à son écrit.
2. Dissertation sur les fonctions de pontifes ou archicrées , attribuées aux empereurs romains.
Elle est savante et pleine de recherches. A l’imitation des empereurs païens , Constantin prit le titre d 'évêquex en parlant aux pères du concile de Nicée : « Et moi » aussi, leur dit-il, je suis établi par Dieu évêque pour les affaires extérieures; episcopus ad extra. » No| anciens rois se qualifièrent quelquefois de même.
5. Mémoire sur les médailles anciennes ,
HISTOIRE. Ç)
C’est une instruction donnée à celui que le roi de France envo^oit les recueillir dans le Levant, en 1672. 11 n’importe pas, suivant elle, sur quel métal une mé- daille soit frappée pour être recherchée , puisqu’un grand nombre de médailles en cuivre valent beaucoup plus que celles qui sont en or ou en argent. L’auteur donne les moyens de reconnoître les médailles fausses , moulées, refaites, réparées et fourrées,
4. Inscriptions anciennes , trouvées à Grenoble.
Elles sont au nombre de trente-six. L’auteur ajoute
une explication à chacune.
5. Conjectures sur une inscription ancienne de Ventavon , dans le Gapençois.
C’est l'épitaphe d’un soldat prétorien; elle fait men- tion des préfets, établis par les Romains, pour l’admi- nistration de quelques contrées, et dont les fonctions ne duroient qu’un an.
6. Dissertation sur une médaille consulaire de la famille Didia,
Le revers de cette médaille offre un centurion pu- nissant un soldat à coups de verge. Spanheim , Beger et Vaillant en ont fait mention , et ont adopté cette explication. L’auteur du mémoire, au contraire, croit que la médaille se rapporte à la guerre des Romains, contre Spartacus et les esclaves qui l’avoient choisi pour chef.
7. Des combats de gladiateurs.
Cette dissertation a pour auteur l’abbé Julien, qui en fit lecture à l’Académie de Grenoble, en 1727. 11 y examine, i.° la condition des gladiateurs; 2° les per- sonnes qui paroissoient dans l’arène , où l’on vit des empereurs, des sénateurs, des chevaliers, des femmes ^ des nains; 5.® les différentes manières dont on y coni- battoit.
10 manuscrits français.
8. Histoire des deux Minos, rois de Crète.
L'auteur distingue savamment, d’après les marbres d ’Arondel, deux Minos , qui ont régné sur la Crète, c’est-à-dire, l’un fils à' Astérius , l’autre fils de Ly caste,
11 recherche leurs guerres , leurs exploits , les princi- paux faits de leur vie, qu’il puise dans les anciens his- toriens , tels qu ' Apollodore , Plutari/ue , Tzetzès , Paléphate, etc.; mais on peut croire ces récits fort incertains, et on a eu raison de nommer pays des chimères tout ce qui a précédé les guerres du Pélo- pohèse.
C). Recherches sur les récompenses militaires chez les anciens , par M. Rousson , avocat.
Claudien a dit :
Scepè duces meritis bello tribuêre coronas.
Hune cingit muralis honor , hune civica quercus
Nexuit
L’auteur décrit ces diverses couronnes , les occasions où elles étoient données , l’influence que ces récompen- ses eurent sur l’esprit national et le courage des peuples anciens. En Egypte, Sésostris fut le premier qui obtint une statue de la reconnoissance publique. Chez les Juifs, les soldats valeureux obtenaient de riches bau- driers. Les Macédoniens blessés dans les combats, assis- toient assis et couronnés dans les premières places aux spectacles publics. Par ordre d 'Alexandre , le fameux sculpteur Lj sippe , éleva des statues de bronze aux chefs qui avoient péri au passage du Granique. Chez les Grecs et les Romains , tout servit à relever le cou- rage et à honorer la valeur ; des drapeaux , des aigles , des couronnes, des colliers d’or, des agrafes, des épées, des casques, servirent à distinguer ceux qui montrèrent leur intrépidité dans les batailles. Papyrius fit donner à sa cavalerie un casque d’une forme parti-
HISTOIRE. II
cuîière , pour honorer la bravoure qu’elle avoit mon- trée. Agrippa reçut un drapeau couleur d’azur, après une victoire navale; et Probus , encore jeune, en obtint un blanc de l’empereur Valérien .
10. Dissertation sur une inscription en languQ arabe , sculptée sur un vase de bois.
M. Geoffroy prétend que les caractères de cette inscription 11e sont point couffic/ues , c’est-à-dire , en ancien arabe , mais en caractères sjulsi , employés d’ordinaire et de préférence sur les monnoies et les monumens , à cause de leur élégance. On trouve des modèles de ces caractères à la suite d’un mémoire do l’abbé Barthélemi sur quelques médailles arabes , inséré dans le tome 24 des mémoires de l’académie des inscriptions , et sur une planche des voyages de Cor- neille Bruyn , placée à la page 340 du 4-e volume de l’édition in- 4.0
11. Notice sur une mosaïcjue découverte à Vienne , en 1773.
Elle a été détruite, malgré les soins des officiers mu-> nicipaux, et les ordres de M. de Marcherai , intendant du Dauphiné. Elle offroit, sur un fond blanc, divers çompartimens, des figures de poissons, et sur-tout un caducée, parfaitement exécuté.
Cette mosaïque étoit assise sur un mastic, dont M. Schneyder décrit la formation. Celui-ci a enlevé divers fragmens de cette mosaïque qu’il a fait transporter dans les bâtimens du collège de Vienne.
12. Observations sur une médaille d'argent , par M. Chappuis , curé d‘ Argile , en Bugey.
L’auteur , très-savant en numismatique , est main- tenant bibliothécaire du département de l’Ain. La njédaille qu’il décrit a été trouvée dans le voisinage de Trévoux; aucun auteur n’en a parlé. Elle offre
12 MANUSCRITS FRANÇAIS,
tête d’ Auguste , et au revers les attributs du souve- rain pontificat et de l’augurat.
i3. Observations sur les médailles de Licinius, par M. Gourdin , de Rouen.
Licinius mourut à quatorze ans. Il fut dépouillé du titre de César , par Constantin-le-Grand , et méritoit, par ses bonnes qualités, dit Eutrope , de jouir d’un meilleur sort. Ces médailles le représentent avec la tête d’un homme âgé, et M. Gourdin donne ses con- jectures sur ce défaut de ressemblance.
i/f. De l'architecture des Egyptiens.
Le P. Tolomas , jésuite , attribue à ces derniers la belle architecture dont on a fait honneur aux Grecs. La vanité de ceux-ci se contenta de donner aux ordres d’architecture les noms de dorique, d’ionique et de corinthien , sans qu’ils en eussent inventé les propor- tions. La seule différence, est que les chapiteaux de l’ordre corinthien furent oniés par les Egyptiens de feuilles de palmier , tandis que les Grecs y placèrent des feuilles d’acanthe. L’auteur pense que la colonne de Pompée est de la main des Egyptiens.
15. Du pont de César sur le Rhin.
M. de Ruolz, dans cet opuscule, commente le pas- sage des commentaires de César , relatif à ce pont, et détaille les avantages des ponts civils, c’est-à-dire, faits pour une perpétuelle demeure, sur les ponts militaires, bornés à l’expédition pour laquelle ils étaient construits.
16. Mémoire sur soixante-cinq médailles consulai- res , par M. Rondeaux , de Sétry.
Ces médailles furent trouvées au mois de mars 1761?, dans une géode ou caillou creux , à Neuville-Ferrières, près de Neufchâtel en Bray. Ce caillou n’avoit qu’une légère fente ou scissure qui pénétroit dans sa cavité. C'est par elle qu’on y aveit introduit les médailles, &t
HISTOIRE.
15
îl paroît que cette ouverture avoit été fermée avec un mastic. Aussi, ce caillou avoit-il roulé peut-être un grand nombre d’années sur la terre avant qu’on décou- vrît le trésor qu’il recéloit. Celui-ci offroit des médailles des familles Julia , Pompeia , Cassia , Fufia , Mar cia. La plupart sont rapportées par Morel , dans son ou- vrage sur les médailles consulaires, qui est devenu rare.
17. Réflexions critii/ues sur les inscriptions des monumens publics.
On avoit demandé à l’Académie de Lyon une inscrip- tion latine pour la statue équestre de Louis XIV, éri- gée sur la place de Belle-Cour. A cette occasion, l’auteur de ce discours examine quels doivent être le goût, le caractère, le style des inscriptions. La clarté, la sim- plicité, la noblesse dans la pensée, la brièveté dans le style , sont les titres qui les recommandent.
18. De l'excellence et de l'utilité de la science des médailles.
L’écriture de ce manuscrit paroît être celle de M. Lais né, antiquaire lyonnais.
19. Discours sur des inscriptions trouvées à Gre- noble.
Aucune de ces inscriptions ne se lit dans Gruter , ni dans les autres recueils. Elles sont relatives au culte de Diane, de Mars, de Mercure et d ’lsis, établi à Gre- noble ou dans ses environs. O11 y trouve le nom de Cularo , que portoit cette ville, avant que l’empereur Gratien lui eût donné le sien, et quelquefois la for- mule sub asciâ , si fort en usage sur les monumens tu- mulaires de nos contrées.
^ 20. Du séjour des Romains sur le mont Ganelon.
Ce mont est situé à une lieue de Compiégne. M. Perrache, en le parcourant, a recueilli des preuves qu'il fut habité par les Humains. Des urnes , des briques
l4 MANUSCRITS FRANÇAIS,
rouges, des fragmens de vases annoncent leur demeure. On y a trouvé plusieurs statues de bronze, des mé- dailles et un couteau victimaire , formé par une pierre tranchante des deux côtés.
21. Dissertation sur les idoles Panthdes.
Les figures panthées sont celles qui sont chargées des attributs de différentes divinités Baudelot , auteur du savant ouvrage sur l’utilité des voyages, avoit annoncé que les idoles Panthées étoieut des Lares ou Pénates ; M. Gourdin , dans cette dissertation, s’élève contre ce sentiment. Il examine, i .° ce que les anciens entendoient par le mot de figure Panthée. 2.® Si les Lares et les Pénates étoient les mêmes dieux domestiques, protec- teurs des maisons et de leurs habitans ? 5.° Si les Lares proprement dits sont des idoles Panifiées ! 4-° Si les symboles qui distinguent les Lares leur sont propres ?
22. Dissertation sur l'usage des vases appelés Lacrymatoires , par Antoine Mongez, de l'Institut.
Le P. du Moulinet a cru que l’espèce de vernis inté- rieur de ces vases étoit dû à la condensation des larmes; l’auteur aunonce avec plus de raison qu’il vient des baumes liquides qu’on y mettoit, et dont on se servoit pour arroser les cendres des morts. Ce qui le prouve, c’est que ces vases renferment souvent de petites cuil- lers de bronze, tandis que leur orifice et souvent leur grande capacité ne permettent ni d’y recueillir des lar- mes , ni de les remplir avec ce liquide , quelque facilité qu’on ait accordé aux femmes pour pleurer. Le méde- cin Chijflet est le premier qui a répandu en Europe l’erreur que ces vases funéraires avoient renfermé des larmes. Elle fut adoptée par Gonthier , Kirchman , Kippeng, Baruffaldi et Smethius. En i72<j, le savant Schœjflin et le P. Pacciandi ridiculisèrent cette opi-
HISTOIRE. I Ô
nîon, et M. Mongez a ajouté de nouvelles preuves aux leurs.
23. Dissertation sur les médailles satjrùiues , par M. Gourdin.
Les anciens ont-ils frappé des médailles satyriques ! Adolphe Koltzius a soutenu la négative; M. Gourdin a défendu l’opinion contraire. Suivant lui , toutes les médailles spintriennes qui représentent les débauches de Tibère , dans l’ile de Caprée , sont des médailles satyriques. Si elles portent des lettres numérales, comme celles qui servoient de marques pour entrer au spectacle, ce lut afin de les distribuer plus facilement et sans crainte d'être découvert. 11 range dans la même classe quelques médailles de Maximin , de Salonine et de Commode , et finit sa dissertation par établir les caractères qui doivent faire reconnoître les médailles satyriques.
24. Du culte de Mars chez les Gaulois , par Delandine.
La découverte d’un buste de Mars , dans la maison de l' Angélique , sur le coteau de Fourvières, à Lyon, a donné lieu à cette dissertation. La tète est ornée d’un casque à échancrures des deux côtés, elle est barbue, ainsi que celle du Mercure gaulois, trouvée en i6y5 près de Beauvais. Une inscription de Lyon , consacrée à Mars Ségomon , c’est-à-dire, au Mars des Ségusiens, peuples du Lyonnais et du Forez, a pu servir de base au buste décrit ici, et l’une et l’autre paroissent avoir été tirées d’un temple élevé au dieu.
725. Catalogue du prix des médailles rares, — In- 12. reL v.
Ce catalogue manuscrit vient de la bibliothèque de feu M. Souchaj- , associé de l’Académie de Lyon, et a
1
ï8 MANUSCRITS FRANÇAIS,
été donné à la Bibliothèque par M. Bérenger , son gendre. Les prix qu’il fixe sont un peu incertains; ce- pendant l’auteur paroit avoir suivi l’évaluation donnée par de bons médaillistes , tels que Beauvais , Pèlerin. et d'Enneri.
726. Epitome des temps. — 4 vol. fol. d’env.
3oo pag. cliacun.
BIST. Ce manuscrit présente un abrégé d’histoire univer- ijn’v. selle, depuis l’origine du monde jusqu’en i5oo. L’écri- chrqn. ture est difpciie à lire. On a collé sur ces feuilles et ces marges un si grand nombre de petites gravures of- frant les portraits des papes, des empereurs, des rois, des généraux et des sa vans de chaque siècle, que l’au- teur semble n’avoir écrit son ouvrage que pour les y placer. Il ne s’est pas nommé en tète.
727. Chronique de Jean de Courcy. — Fol.
de plus de 1000 pag. bois.
Jean de Courcy , dont aucun biographe n’a fait mention, se dit chevalier normand, plein de jours et vuide de jeunesse , désirant l'estât de paix et de repos . Pour éviter la vie oiseuse , il étudie les vieilles histoires, il s'est remembré des faits anciens, et a composé cette chronique, qui fut finie le 20 juin 1422, dans la ville de Caudebec, où l’auteur mourut, suivant une note, le 5i octobre i45i. Son ouvrage commence au déluge et aux fils de Noë. On y trouve l’histoire sainte et l’histoire grecque. Il est divisé en chapitres , distingués par des lettres tourneures , rehaussées d’or, avec des vignettes. Il est écrit sur vélin, à longues lignes, correctes, lisibles et élégantes. Le 16 décembre 1 74 1 * M. Jacques Colabau de Juliénas , conseiller en la cour
des
histoire. 17
des monnoies de Lyon, acheta ce manuscrit, qui a passé dans la Bibliothèque de la ville.
738. Abrégé de l’histoire de l'église. —
In- 4.0 de 620 pag.
Cet abrégé commence au cinquième siècle et à l’épo- que de la condamnation des moines de Nitrie , qui sui- mST;
n . , .. . , , ECCLE-
voient les erreurs d ’Origene , et linit au régné de S1AST> Charlemagne , l’an 800. Chaque siècle est terminé par une notice des écrivains ecclésiastiques qui l’ont illustré.
729. Diversités historiques, extraites des an- nales de Baronius et de S ponde. — 7/2-4.°
de 749 pag-
Cet abrégé contient les faits les plus remarquables des annales des deux auteurs, rangés par ordre chro- nologique. L’ouvrage de Baronius est en 12 vol. fol. ; celui de Sponde , en trois vol .fol. Le premier com- mence son récit à Jésus-Christ, et le continue jusqu’en l’année 1198. On lui reproche un peu de crédulité, et d’unir à l’historique trop de controverses. Le second, né calviniste, et qui, après avoir fait abjuration, de- vint évêque de Pamiers, a continué les annales ecclé- siastiques jusqu’en 1640. Son ouvrage est encore plus diffus que celui de son prédécesseur.
75o. Parallèle à'Origène et de St. Jérome.
— Epitaphes de ceux qui furent inhumés dans l’abbaye de Port-Royal-des-Champs.
— /n-4. 0 de 214 pag.
Le parallèle est de M. l’abbé Tricaud , chanoine d'Ainay. Il est divisé en cinq parties et paroit auto- II.
2
l8 MANUSCRITS FRANÇAIS,
graphe. L’écriture n’est pas aisée à lire. L’ouvrage offre de grandes recherches, et une critique judicieuse. Les épitaphes du second écrit sont au nombre de soixante et onze , parmi lesquelles on lit avec intérêt celles consacrées à la mémoire de MM. le Maître , A'Andillj- , Hamelin , de Sacy , Hamon , le Tour - lieux , do Ste. -Marthe, de Pont-Château, de Thicr- sant , de Sévigné , et d’un grand nombre de religieuses. Quelques-unes eurent pour auteur M. de Tronchay , et le plus grand nombre , le pieux médecin Hamon , célèbre par ses ouvrages ascétiques, et par ces vers de Boileau :
Tout brillant de savoir, d’esprit et d’éloquence.
Il courut au désert chercher l’obscurité;
Aux pauvres consacra son bien et sa science;
Ét trente ans dans le jeûne et dans l’austérité.
Fit son unique volupté Des travaux de la pénitence.
1. Histoire des sacremens. — 2 volumes in- 1 2 br.
Cet ouvrage , qui offre beaucoup d’érudition , un style clair et correct, est de l’abbé Duret , qui pa- roissoit se disposer à le faire imprimer , lorsqu’il est mort vers 1792. Le premier volume comprend l’his- toire du baptême , de la confirmation , de l’eucharistie , de la pénitence , de l’extrême-onction et de l’ordre. Le second volume renferme le mariage, et il est ter- miné, i.° par des extraits sur l’excommunication, les interdits et autres objets relatifs aux censures ecclésias- tiques; 2.0 par un recueil de passages des pères et des livres saints, sur les tentations; 5.° par un abrégé de l’état ecclésiastique de France, où, après une notice très-courte sur l’établissement des divers sièges épis-
üistcMre. i g
Côpàux, on trouve la liste chronologique des évêques qui les ont occupés.
7 5 2. Livre antique sur les croisades. — Fol,
Ce manuscrit, sur vélin, d’environ iooo pages, a les lettres initiales coloriées , et renferme un grand nombre de vignettes enluminées , représentant grossièrement des faits d’armes, des sièges, des meurtres, des enter- remens, des entrées de troupes dans les villes conqui- ses, des couronnemens d’empereurs parles évêques, etc. L’écriture date de 1410 à 14^0.
L’ouvrage est écrit en français. On le lit avec assez de facilité, et on pourroit peut-être y recueillir des faits inconnus et des détails curieux sur ces expéditions lointaines, qui dépeuplèrent l'Europe et ravagèrent l’Asie pendant deux siècles. On peut juger du st_yle par ce passage : « En celui tens avilit en Antioche une gent que l’on apele Turquemans. S’il sesmurent d’ennuy que son lor faisoit et se prisrent contre An- tioche et acorre a rober les casaus et occirre les vileins. Ces Turquemans sont une gent sauvage qui n’a viles, ne chastiaus, ainz sont touz bergiez aux chamz et ont bestes à grant foison, corne berbis, motons, chievres, bues, meismes vaches, et vivent corne bergiez, 11e il ne sentie metent de nul gaing. Ne de touz les saracins nest nul maniéré de genz qui moins soient amis don faits d’armes. Et porce avint que les genz d’Antioche les orent en despit. Dont por ceste achoison sabando- nerent à les chasier et les tenoieut viles. Quant cieus se regardèrent et quil veoient que ciaus qui les sui- voient estoient esparpeilliez et espandus, il se ralioient et retornoient et lor coroient sus , et les descoufisoient et occioient, et se avint tantes fois, que cieux d’ Antio- che en entrèrent en grant effroi. » Ce manuscrit fut
20 MANUSCRITS FRANÇAIS.
donné, en 1698, à la Bibliothèque de Lyon, par Mel-
chior Philibert.
733. Histoire de la première croisade. — Fol.
L’écriture de ce manuscrit, sur vélin, d’environ 600 pages, est agréable, égale et correcte; elle date de l’an 11 go. Ou y trouve tous les détails de cette expédition falneuse, prêcliée au concile de Clermont, et dont Go- defroi de Bouillon fut le chef. Celui-ci s’empara de Jérusalem, où il régna, ainsi que ses descendans, jus- qu’en 1187, que Saladin , sultan d’Egypte et de Syrie, défit Gui de Lusignan , à la bataille de Tibériade, et se rendit maître de ses étals. Il manque le premier et le dernier feuillet de ce beau manuscrit, qui vient de la bibliothèque de M. Pierre Adamoli.
734. Instruction familière sur l’histoire des
papes. — 2 vol. in-8.°
Le premier volume de ce manuscrit manque. Celui- ci fut achevé le 3i janvier 1714- H s’étend depuis le pontificat d 'Eugène III jusqu’au commencement de la quatrième année de celui d’innocent XII. L’ouvrage est par demandes et par réponses. Les initiales du nom de l’auteur sont J. M. J. L. Ce volume vient de la Bi- bliothèque des Carmes-Déchaussés de Lyon.
735. Notices sur les diocèses de France et
étrangers. — 2 vol. in- 12.
Ces notices comprennent la suite chronologique des archevêques et évêques des divers sièges de l’église gallicane. Les diocèses étrangers dont il est fait men- tion , sont ceux de Bruges, Malines, Anvers, Gand , Ypres , Ruremonde , Mayence, Constance, Spire, Vorms, Groningue et Utrecht. L’écriture est menue et lisible.
HISTOIRE.
21
7 36. Histoire de leglise cl a Japon. — Tom. I. fol. de 600 pag.
Ce volume est divisé en trois livres, qui renferment l’histoire des missions et des martyrs du Japon. Il fut teriniuéle i5 février 1675. L’écriture n'en est pas aisée à lire.
707. Histoire de leglise et des martyrs du Japon, par le P, Jean de Bussieres , de la compagnie de Jésus. — 2 vol. fol. Le premier de 572 pag., le second de 644*
Ce manuscrit, d’une écriture moderne, nette et lisible, à longues lignes, offre, i.° un abrégé de l’histoire du Japon, des fêtes, des dieux et des usages du pays. 2.0 Le voyage de St. François - Xavier , dans cette contrée, ses travaux qui le firent surnommer l 'apôtre des Indes, ses miracles et les persécutions que les Bon- zes lui firent éprouver. 5.° Les voyages de Louis Al- meida, des PP. Torres, Frœz, Acosta , Fernandez , illcla , Monti , F alla , Cabrai, Lopez, Guêseti , Félégnan et Mesquita, la constance des nouveaux chrétiens, leur zèle à soutenir leur croyance, le mar- tyre de plusieurs et le détail de leurs tourmens.
L’ouvrage comprend tous les évènemens arrivés au Japon, depuis i5/|C) jusqu’en i5p8.
Son auteur, le P. Bussieres , né à Villefranche, dans ce département, est connu par ses poèmes latins, un abrégé d’histoire universelle, et un autre de l’histoire de France; celle du Japon ne paroît pas avoir été im- primée. Le volume vient de la Bibliothèque du sémi- naire de St.-Irénée.
Le second volume commence au successeur de Fai- cosama, et s’étend jusqu’à l’expulsion des Jésuites et à
33 MANUSCRITS FRANÇAIS,
l’abolition du christianisme, dans les îles qui forment; l'empire du Japon.
7 38. Abrégé de l’histoire de l’arianisme. —
In- 12 de 480 pag.
Cette histoire, divisée en six livres, comprend tout ce qui est relatif à l’hérésie d 'Arius , depuis Constan- t in-le-Gratid jusqu’à Valentinien 111. Le manuscrit offre encore, i." un précis de la vie de St. Pierre; 2.0 la liste des patriarches d’Alexandrie; 3.° celle des patriarches de Constantinople; 4 ° enfin, un abrégé de la vie du cardinal X amenés. Il appartint à la Biblio- thèque des Carmes-Déchaussés d^ Lyon.
739. Bref recueil et sommaire de ce qui s’est passé en la ville de Poissy, durant ras- semblée de l’église gallicane , vulgairement appelé le Colloque de Poissy , depuis le 36 juillet jusqu’au 14 octobre i56i. — Fol. de 3o3 pag.
Cette assemblée se tint dans le réfectoire du monas- tère des N o nains , de l’ordre de St. -Dominique. L'au- teur du recueil dit : « Elles sont au nombre de six vingts, toutes gentilles femmes. » Le roi Charles IX y vint le 5o juillet, accompagné de sa mère, du duc d’Orléans son frère , de la princesse Marguerite sa sœur, du roi de Navarre, du prince de Coudé, du con- nétable, etc. Les objets des délibérations de l’assem- blée furent rédigés en douze articles, par le cardinal de Lorraine , et eurent pour but de fixer les devoirs des évêques , le nombre des dignités dans les églises cathédrales , les exemptions canoniques , les règles sur l’institution des curés, les portions congrues, la Réduction du bas clergé , la réformation des monas-
25
H I S T O I P. K. tères, les commendes, l’incompatibilité des bénéfices, les moyens de diminuer le nombre des procès en ma- tière bénéficiai et les censures ecclésiastiques. — On chercha la nuit du 4 septembre i56i, à incendier le monastère où se tenoit l’assemblée , et où étoient logés le plus grand nombre des députés, en y jetant des fusées, que l’on trouva le matin. 11 fut alors ordonné à tous les propriétaires des maisons de Poissy, d’avoir chez eux des tonneaux plein d’eau pour éteindre le feu, s’il venoit à prendre. Le 9 du même mois, les députés des calvinistes, pour chaque province, qui avoient demandé à être entendus dans l’assemblée, y furent admis j celui du Lyonnais se nommoit Gervain. A leur tête on voyoit Théodore de Beze et le Florentin Pierre le Martyr , que le manuscrit qualilie de vieillard dé- crépit, et inveteralus malorum dierum. O11 disputa beaucoup sur la présence réelle dans l'eucharistie, sur l’autorité des conciles et des saintes écritures, et on ne s’accorda sur aucun point. Chaque parti resta dans son opinion , et comme il arrive d’ordinaire , plus animé qu’auparavant l’un contre l’autre.
Les actes de toutes les conférences ont été recueillis jour par jour par un secrétaire d’état, qui y fut présent. Le chancelier de l 'Hôpital y montra beaucoup de zèle pour amener la paix , mais inutilement. Les deux prin- cipaux points de discipline dont on ordonna l’observa- tion , furent , i.° d’enjoindre à tout évêque, de ne ja- mais s’absenter plus de trois mois de son diocèse, et de s’appliquer à la prédication ; z.° de régler, que pour l’avenir, on afficheroit à la porte de l’église cathédrale le nom de celui qui auroit été promu, par le souve- rain, à un évêché , afin que chacun pût déclarer s’il lui trouvoit des défauts qui le rendissent indigne ou incapable de remplir une si haute dignité.
I
24 MANUSCRITS FRANÇAIS.
740. Histoire du jansénisme, par un docteur de Sorbonne. — In- 4.0 d’env. 5oo pag.
Cet écrit, dédié à jPictor Amé II, duc de Savoie, paroît avoir été imprimé à Cologne, en i685. Il est divisé en vingt-quatre chapitres.
741. Histoire de la congrégation de Auxiliis.
— //i-i2 de 634 pag.
Cette histoire , écrite en français , est suivie d’un écrit qui tient la moitié du volume , et qui est intitulé: Gémissemens d’une ame vivement touchée de la cons-> titulion de notre saint père le pape Clément XI.
742. Recueil de diverses pièces, concernant le commencement , les progrès et la con- damnation du quiétisme ; le tout tiré de pièces originales. — Lyon, 1G89, pet. fol. de 240 pag.
Ce manuscrit est curieux. Il renferme l’histoire de l’origine du quiétisme , celle des opinions de Molinos et de Ségneri, les décrets de l’inquisition contre eux, la copie de la lettre circulaire envoyée à tous les cha- pitres d’Italie par son ordre, la relation des procédures faites contre Molinos , et sa sentence de condamnation, les décrets enfin de l’inquisition qui prohibent les ouvrages de Pétrucci , Malaval et autres. Le volume est terminé par un imprimé, publié à Dijon, en 1688, sous ce titre : Lettre curieuse à un ami , renfermant l'analyse de la nouvelle théologie mystique du doc- teur Molinos.
Côlui-ci, espagnol, né dans le diocèse de Saragosse, avec yne imagination ardente , un cœur sensible, et l'extérieur delà plus haute piété, consigna ses opinions
histoire. a 5
dans un livre intitulé : Conduite spirituelle. Il y pré- tend que la plus sublime prière consiste dans l’absolue abnégation des pensées, en ne désirant rien, et en ne pensant à rien. Ses propositions, au nombre de soixante- huit, condamnées en 1687, fù’ent renfermer dans une prison, où il mourut septuagénaire, après onze ans de détention.
Paul Ségneri , jésuite italien, prédicateur infatiga- ble, attaqua la doctrine de Molinos, dans son livre de l’ Accord de l'action et du repos dans l'oraison. Les partisans du docteur espagnol parvinrent à le faire censurer.
François Malaval, marseillais, aveugle dès son en- fance, n’obtint pas moins la cléricature par la protec- tion du cardinal Bona. La perte de la vue , facilitant ses continuelles méditations , il adopta les idées du quiétisme et les fit connoître en France, dans sa Pra- tique facile pour élever l'ame à la contemplation , livre qui fut censuré à Rome. Malaval se rétracta dans la suite, et mourut en 1719.
743. Mémoires sur l’histoire ecclésiastique.
— In- 4.0
Ces mémoires sont au nombre de dix.
Le premier a pour objet de relever les erreurs de l’histoire de l’abba^c de Baume-les-Dames, en Bour- gogne , par Dunod. Il est écrit en forme de dialogue entre un conseiller, un avocat et un père carme.
Le second est le chapitre X et IX de la vie de l’abbé de la Trappe, par Marsollier. Cet abbé fut Rance, le réformateur de la Trappe, dont la vie a été publiée en 1700, 2 vol. in- 12.
Le troisième est relatif à la vie de Sulpice Sévère, célèbre auteur d’une histoire ecclésiastique et d’une vie
26 MANUSCRITS FRANÇAIS,
de St. Martin . Sulpice naquit à Agen , dans le troi- sième siècle. La concision de son histoire, et l’énergie de son style , l’ont fait surnommer le Salluste chré- tien. Ce manuscrit est autographe, chargé dénotés et de corrections. Il paroît être de la main de M. l'abbé Tricaud.
Le quatrième offre un Abrégé de l'histoire des filles de l’enfance , établies à Toulouse , par Mad. de Mondonville.
Cette dame , fille d’un conseiller au parlement de Toulouse, fut célèbre par sa beauté et sa piété. Elle institua la congrégation des filles de l’enfance approu- vée par le pape Alexandre VII , en 1662, et que la haine des Jésuites fit supprimer en 1686. Madame de Mondonville , remplie de charité et de bienfaisance , fut privée de sa liberté et renfermée dans le couvent des hospitalières de Coutances, où elle mourut en 1700.
Le cinquième est un extrait de la bulle de Benoit XIII , en faveur de l’ordre des Frères prêcheurs.
Le sixième contient un précis de la vie d 'Angélique Arnaud , abbesse de Port-Royal.
Le septième combat l’opinion du président de V au- honnais, qui a placé Epaone, où se tint un concile, dans le diocèse de Vienne. L’auteur voit les restes de cette ville dans le village de Ponat.
Le huitième présente le pouillé de l’évêché de St.- Claude, avec l’état des cures à portions congrues.
L’évêché de St. -Claude fut érigé en 1742» par Ie pape Benoit XIV ; et le premier évêque fut Joseph Méalet de Far gués, chanoine et comte de Lyon.
Le neuvième a pour objet de conserver le souvenir de quelques circonstances des derniers momens do l’abbé Duguet,
HISTOIRE. 27
Le dixième contient l’histoire de l’église Notre-Dame de Brou, près de Bourg en Bresse.
Gérard , vingt-cinquième évêque de Mâcon, dégoûté du monde, et cherchant une profonde solitude, la trouva dans le désert de Brou , et s’y retira en 927. Cette histoire a pour auteur Claude-Alexandre Raffln , curé de St.-Bonnet-de-Joux. Elle est terminée par la liste des abbés de Cluni et des prieurs de Marcigni.
y44’ Mémoires sur l’histoire ecclésiastique.
— Fol,
Ils renferment :
1 . Un Abrégé de l’histoire de l'église , depuis la création du monde jusqu'à présent.
L’ouvrage est divisé en chapitres relatifs aux divers âges du monde. Il est fâcheux que ce manuscrit ne soit pas complet.
2. Discours sur l'histoire ecclésiastique.
Il a dû servir de préambule à un cours sur l’histoire de l’église, commençant au dénombrement ordonné par Auguste.
3. Procès-verbal du chapitre national de l'ordre de St.-Augustin.
Ce chapitre fut assemblé le 5 mai 1771, sous la présidence de Tristan de Cambon , évêque de Mire- poix, dans le grand couvent des Augustins à Paris* L’objet de sa convocation fut de rétablir dans l’ordre les observances régulières, et d’y faire exécuter l’édit du mois de mars 1 768 , concernant la conventualité.
4. Concordat du même ordre, en 1697.
Ce chapitre fut tenu à Lyon , devant l’archevêque, qui en fut président. Il eut pour but de régler les élec- tions, et de déterminer les limites des provinces monas- tiques de l’ordre,
23 MANU SCRTT5 FRANÇAIS.
5. Visite du grand couvent des Augustins de Paris , et lettres d'attaclie sur le décret de réforme , rendu par le commissaire général , en iy5c).
Ce commissaire général étoit J. -B. -Théodose Ber- ne ne , nommé par le P. Fr. -Xavier Vasquez , gé- néral de l’ordre. On trouve à la suite l’enregistrement fait au parlement.
6. Visite du même couvent , par l'évêque de Meaux , en 1772.
Cette visite eut pour objet de réformer plusieurs points du régime intérieur, et sur-tout d’ordonner la reprise de l’habit blanc au lieu de l’habit noir, dont le P. Fournier , prieur de la maison de Paris, ayoit introduit l’usage, en 1769. Il y eut beaucoup d’oppo- sans à l’habit blanc et des mémoires respectifs. Il fal- lut, pour terminer ce grand différend , la convocation d’un chapitre , des lettres de l’archevêque de Paris , et l’ordre réitéré de Vasquez , général de l'ordre.
7. Extrait de la vie de Marie des Vallées, par le P. Lades.
Cette vie est remplie de fables et de visions. Marie , suivant l’auteur, ne pouvoit se confesser , parce que Dieu lui avoit ôté la faculté de pécher.
8. Règlemens pour le chapitre de Mezières.
Ce chapitre, fondé en 1 17 6, par Guillaume de Blan- chemin , obtint des statuts en 1259, 1275, 1574. L’un de ces statuts défend aux chanoines de se promener dans l’église et d’y discourir, comme ils le faisoient, pendant les offices.
9. Relation de ce qui s'est passé touchant les con- versions dans les provinces de Guj-enne , Béarn , JXavarre , Quercj- , Limousin , Périgord et Sain- tonge, sous le commandement du marquis de bouliers, en iG85.
HISTOIRE. 2()
Pour cacher l’objet véritable de sa mission contre les calvinistes, Bouflers arriva à Baronne sur le prétexte d’y régler quelques différends qui s’étoient élevés pour le droit de pèche dans la rivière de Bidazoa, entre les habitans de Fontarabie et ceux d'Andaye. Bieu- tôt il alla établir un camp au village de Poyallet, près de St.-Séver , et ensuite à Cazers et à Tersac. D’un côté, de nombreuses missions de Jésuites parcou- roient les villages , et traduisoient la messe en français, pour montrer aux nouveaux convertis , que les prêtres n’y employoient aucun mot de sorcellerie ; de l’autre, les évêques et les inlendans faisoient des visites pour porter des moyens de paix dans les diocèses de Mon- tauban , de Cahors et du Béarn. La ville de Bergerac étoit regardée comme le boulevard de l’hérésie; Bou- Jlers alla s’y établir. 11 est curieux de lire dans le manuscrit comment ce général , ses officiers et ses soldats, qu’il appelle ses apôtres , s’employèrent aux conversions; trois heures suffirent pour faire faire ab- juration aux habitans de la ville de Ste.-Foy , et à ceux des paroisses de la Force et de Lunas , entre les mains du général d ’Espagnac , que l’on appeloit le jésuite rouge , de la couleur de son uniforme. Le manuscrit est terminé par diverses lettres, écrites au P. la Chaize , par M. de Bouflers et le jésuite Cosso, et par les ré- ponses de ce confesseur adroit et intolérant.
10. Origine , usage et auteurs des poches des PP. capucins.
La petite , sous l’aisselle du bras droit, nommée la bracteane, est due à Matthieu Bachr ; la diurnale, où l’on mettoit des scapulaires pour les enfans , renfer- moit encore un peigne pour la barbe. L 'insinuante t sous le bras gauche , en forme de filet, de l’invention du P. Bernardin Okin , contenoit le bréviaire, une
5 O MANUSCRITS FRANÇAIS,
bouteille de cuir, la tasse de cristal, les poires, pommeâ et fromages ; le chapitre général de 1 544 l’autorise. La friponne , dont fait mention le chapitre de 1616, du côté droit de la robe, inventée parle P. de Confions , cachoit les miniatures découpées, les reliquaires à com- partimens, les bonbons et chapelets de senteur pour les dames, etc. 11 y en a un très-grand nombre d’autres. On ne doute pas qu’un capucin, ainsi lesté et musqué, ne fût aussi propre aux conversions qu’un mission» naire botté de la cavalerie de Bouflers . ii. Notice sur Gilles, de Rome.
Ce théologien est connu sous le nom d 'ÆgidiuS Columna. 11 fut l’un des plus ardens défenseurs de la doctrine de S. Thomas , et précepteur de Philippe - le-Bel.
745. Mémoires importans pour servir à l’his-1 foire de la faculté de théologie de Douay. — In-ly.° de 422 pag.
L’université de Douay fut troublée, cofnme plusieurs autres , par les querelles de religion. Michel Baïus , docteur de Louvain, crut devoir adopter quelques-unes des opinions des luthériens et des calvinistes, pour les ramener dans le sein de l’église. Le pape Pie Y, con- damna soixante et seize propositions de cet auteur ^ par une bulle du i.er octobre 1567; mais le cardinal de Granvelle eut beaucoup de peine à la faire accepter à Louvain et à Douay.
Les Jésuites soutinrent cette bulle avec chaleur; le savant Guillaume Estius , professeur de théologie à Douay , écrivit en i5gi une longue lettre au nonce du pape , Octavio Frangipani , pour réfuter les dis- cours et les entreprises des Jésuites. Cette lettre , peu connue, commence le manuscrit. On y trouve ensuite
HISTOIRE. 5l
plusieurs lettres importantes du cardinal de Granvelle , et d’autres de MM. Morillon , Gilbert et Delcourt. Le volume est terminé par les mandemens , mémoires et jugemens relatifs à cette affaire.
746. Remarques sur l’histoire ecclésiastique.
— In- 4.0 de io56 pag.
Ces remarques ou dissertations, assez élendues , sont au nombre de quarante-neuf. Elles ont pour objet : l’ancienneté de l’église , l’accomplissement de la pro- phétie de Jacob, l’origine des mages, le jour de la naissance de Jésus-Christ, les actes envoyés par Pi- late à Tibère, la fondation des trois sièges palriar- chaux par S. Pierre, S. Denjs l’aréopagite, et ses écrits , la généalogie de Jésus - Christ , les sjbilles, l’origine du monachisme, la vie de l’empereur Cons- tantin, le schisme des donatistes , l’hérésie d’ Arias , l’affaire des hypostases, les symboles de Nicée et de S. Athanase , la discipline de l’église pendant les quatre premiers siècles, l’origénisme , le pélagianisme, le nestorianisme, l’eutychianisme , les primaties des Gaules, le schisme d'Acace , la police ecclésiastique de l’Orient , le monothélisme , la donation de Constan- tin , le culte des images , les compilations du droit canon, la papesse Jeanne, les az_ymes , l’hérésie de Pérenger , la souveraineté temporelle des papes et les investitures. Les recherches sont peu approfon- dies ; cependant on les lit avec intérêt. L’écriture est correcte et lisible.
747. Recueil sur l’histoire ecclésiastique. —
Fol. de 5 Go pag. v.
Ce manuscrit, à longues lignes, avec larges marges, est d’une très-belle écriture. Il renferme :
52 MANUSCRITS FRANÇAIS.
1. Mémoire sur les biens de l'église aliénés , noS;
On lit à la suite une réponse à ce mémoire , par M.
de Chamillart.
2. Mémoire sur l' immunité et contribution ecclé- siastique.
3. Histoire du concile de Bâle.
Ce concile fixa les bases des libertés de l’église gal- licane.
4. Histoire du concile de Florence.
Les questions élevées entre les Grecs et les Latins y furent traitées, telles que celles sur le purgatoire, la béatitude des saints, la primauté du pape, les azymes, la procession du Saint-Esprit, l’addition de ces deux mots au symbole , Jilio-qtte.
5. Histoire de la pragmatique-sanclion.
Cette pragmatique eut pour objet l’élection des évê- ques, les décimes et impôts sur le clergé. On trouve dans cette histoire les arrêtés des parlemens de France, sur ces objets.
6. Histoire du concordat.
11 fut passé entre le pape Léon X et le roi François I.er
7. Traité du célibat des prêtres.
Le célibat ecclésiastique date du concile d’Elvire, au commencement du quatrième siècle.
748. Mémoires touchant le grand couvent de l’Observance de St.-François , à Paris. — Fol. d’env. 120 pag.
ordres Saint François institua son ordre en Italie , au com- relig. mencement du treizième siècle, pour prêcher la péni- tence dans toutes les contrées. Le couvent des Cordeliers de Paris, date de son temps. Ce fondateur envoya Ange de Pise l’établir. Ce ne fut d’abord qu’une simple chapelle, avec un autel portatif, saus cloche. Alexan- dre
I
histoire. 35
dre de Haies, surnommé, pour son savoir, la fon- taine de vie , se fit çordelier , et mérita à cet ordre l’estime des grands et celle du monarque. La reine Blanche choisit dans cet oratoire le frère Adrien pour son confesseur; aussitôt S. Louis , son fils, fit bâtir aux religieux un monastère et une église somptueuse , ayant vingt-cinq chapelles qui ne tardèrent pas à être ornées d’étendarts , d’écussons, de casques, de boucliers et de cuirasses qui avoient servi aux guerriers qui avoient versé leur sang pour l’état , et qui voulurent y être inhumés.
Un incendie, arrivé le 19 novembre i58o, à neuf heures du soir, consuma en deux heures, le monastère et l’église ; et le feu fut si violent , que le métal même des cloches fut fondu.
L’auteur rapporte ensuite les diverses fondations fai-1 tes au couvent successivement réparés , les chapitres généraux de l’ordre qui s’y sont tenus , et la notice historique des papes et des savans sortis de cette mai- son. Cette notice est terminée par un article plus étendu sur la vie du P. Claude Frassen, définiteur général, mort à Paris le 26 février 1 7 u , à l’âge de quatre-vingt- onze ans, et à qui l’on doit divers ouvrages de scho- lastique et de théologie estimés. On a même dernière- ment réimprimé , à Lucques , ses Disquisitiones Bi- hlicœ , 2 vol .foL
Ce manuscrit a pour auteur Jacques Tarlarie , reli* gieux et bibliothécaire du grand couvent de Paris, alors retiré dans le petit monastère du Donjon, in parvulo conventu Donjoniensi , mine solitarius. 11 le finit au mois d’août 1718.
j
H,
34 MANUSCRITS FRANÇAIS.
749- Traités en faveur des religieux Mineurs- Conventuels de St.-François. — 7/z-i8 de 98 Pa&-
Ce manuscrit, d’une jolie écriture, est une traduc- tion faite à Mende, en 1699, de tr°is petits traités ita- liens. l e premier a pour objet de prouver qu’à la mort de S. François d 'Assise, son corps fut transféré dans l’église des Conventuels de cette ville, et qu’il y repose en entier. Le second établit que les religieux conventuels sont plus anciens que les autres ordres monastiques , qui ont S. François pour fondateur, i.e troisième renferme quelques particularités sur l’origine des hermites de S. François , surnommés Capucins. Leur premier couvent fut donné par Catherine Cibo , près de Camerin. Ils prirent leurs noms du capuchon carré qu’ils portèrent.
7^0. Le chapitre d’Aubagne. — In- 4.0 de 60 pag. v.
C’est une lettre d’un religieux, cordelier de l’Obser- vance , écrite de Carcassonne, à l’un de ses amis , sur le chapitre général tenu en Languedoc par les Frères Mi- neurs, en 1767. Les détails de ce chapitre ne pouvoient offrir quelque intérêt qu’à ceux qui étoient de l’ordre.
75 1. Histoire et annales des Frères Mineurs- Capucins. — 2 vol. in- 4.0 vél. , le premier de 553 pag. , le second de 534-
Celte histoire est précédée d’un discours sur l’excel- lence de l’état religieux, et sur-tout de l’ordre des Ca- pucins. Cet ordre , réformé par Matthieu de Bassi et Louis de Fossambrun , vers l’an A24, produisit, dès son origine, des missionnaires très-zèlés qui allèrent
histoire. 35
dans les climats éloignés, appeler les peuples à la reli- gion catholique, et chercher le martyre. L’ouvrage com- mence à cette époque et finit à l’an 1592. Il a été écrit vers l’an 1620. Le premier volume est particulièrement consacré aux vies des capucins célèbres. Le second offre le recueil des constitutions et décrets des papes, favorables à l’ordre.
752. Annales des Frères Mineurs - Capucins , composées par Zacharie Bovie de Saluées, et traduites en français par Lazare ù Au- thun , prêtre-capucin. — In- 4.0 de 600 pag.
Ce manuscrit, d’une écriture fine et serrée , de 1600 à i65o , est divisé en plusieurs chapitres. L’auteur, appelé Bovie par le traducteur, est plus connu sous le nom de Borerius. Il naquit à Saluces en i568, et mou- rut à Gênes en i658, après avoir publié ces annales , un ouvrage contre les athées et une censure de Marc- Antoine de Dominis. Cette traduction ne paroît pas avoir été imprimée. Elle est terminée par la copie d’une lettre du cardinal Jean-Pierre Caraffe qui devint pape, sous le nom de Paul IV, à Bernardin Ochin , qui après avoir étudié la médecine, s’être fait capucin, avoir rétabli la réforme dans cet ordre, apostasia, se maria à Genève , prêcha la polygamie et alla mourir dans le fond de la Moravie.
753. Première règle de l’ordre du Mont-
Carmel. — In- 12.
Cette règle, divisée en trois parties, est la traduction de celle qui fut donnée par Albert, patriarche de Jéru- salem, aux hermites du Carmel.
36 MANUSCRITS FRANÇAIS.
754. Instructions des novices de la congré- gation de Notre-Dame- des- Feuillans. — - 7/2-4.° de 208 pag.
Cet ouvrage est divisé en chapitres, sur les devoirs des novices , leur pauvreté , leurs études , leur disci- pline , le silence qu’ils doivent observer, les exercices spirituels, etc.
755. Règlemens de la congrégation de l’Ora-
toire. — 7/z-4.° d’env. 700 pag.
Les principaux points de ces règlemens sont extraits de la bulle qui autorise la congrégation , et des manus- crits du cardinal de Berulle, qui en fut le fondateur. Ils sont suivis , i.° d’un plan de vie pour tous les jours de la semaine ; 2.0 de onze dialogues pieux , intitulés le nouvel Adam , la nouvelle Eve , etc. Le dernier a pour objet, les cérémonies et les promesses du baptême.
756. Etablissemens et statuts de la religion, du saint-hospital et de l’ordre de cheva- lerie de S. Jehan-Baptiste , de Jérusalem. — Fol. d’env. 400 pag. bois.
Ce manuscrit, presqu’entièrement en français, pré- sente la liste des grands-maîtres , la règle de l’ordre , la forme des preuves, les usages, la célébration des offices, les élections, etc. L’écriture est du commence- ment du quatorzième siècle. Le volume porte sur la première page ces deux vers :
Ou tost ou tard ou près ou loing ,
A le fort du foible besoing-
II a appartenu à frère Dupuj -, chevalier de Rhodes.
HISTOIRE.
57
7 57. Histoire de la réforme des religieuses de Ste. -Claire, par la bienheureuse Co- lette. — Gr. in-/\.° de 40 pag. v. fil.
Colette Boilet , réformatrice de l’ordre de Ste.- Claire , naquit en 1080 , d’un charpentier de Corbie. Ce fut en Savoie qu’elle établit son premier monastère , et elle alla mourir ensuite à Gand. Ce n’est que dans ces derniers temps que le pape Pie VI l’a canonisée.
Le corps de cette nouvelle sainte fut alors transporté de Gand à Poligny , en Franche-Comté.
L’écriture du manuscrit est très-correcte ; il renferme l’extrait de toutes les bulles des papes, en faveur des Claristes.
708. Livre des visites du R. P. Jean-François Escale , dans tous les monastères de Ste.- Claire , de la réforme de Ste. Colette. — Pet. in-l\.° d’env. 200 pag.
Ces visites eurent lieu en iy55, dans les couvens de Lvon, Moulins, Aigue-perse, le Puy-en-Velay, Bourg, Grenoble, Auxonne, etc. On a inséré dans ce manus- crit plusieurs découpures , représentant des objets pieux.
759. Constitutions pour les religieuses Récol- lettes de rimmaculée-Conception. — In- 4.0 de 120 pag.
Ces religieuses , établies au faubourg St.-Germain de Paris, sous la conduite des Récollets de St. -Denis, en France , obtinrent cette constitution au mois de mai 1698. Le manuscrit est d’une très-belle écriture.
58
MANUSCRITS FRANÇAIS.
760. Directoire et coutumier pour les offi- cières des monastères des religieuses du troisième ordre de St. -François , dite de S Le. -Elisabeth. — In- 8.° de 96 pag.
Ce manuscrit vient de la bibliothèque de l’archevêque Camille de Neuville', son écriture est moderne.
761. Histoire de l’ordre de la Visitation de Ste -Marie , institué par S. François de Sales , évêque et prince de Genève. — Fol. de plus de 1000 pag. v.
Ce manuscrit, d’une belle écriture, est très-bien con- servé. L’ordre de la Visitation 11e fut d’abord qu’une simple congrégation de veuves et de tilles , pour prati- quer dans la retraite des œuvres de piété.
Jeanne-Françoise Frémiot , baronne de Chantal , fdle d’un président à mortier, du parlement de Dijon, en devint la première supérieure , dans le château d’Annecy,
Le manuscrit offre la copie d’un grand nombre de lettres de S. François de Sales, du cardinal Bellarmin, et d’autres personnages célèbres par leur piété et leur savoir.
762. Histoire de la fondation du premier monastère de la Visitation, à Annecy. — In- 4.0 de 590 pag.
On trouve à la suite de cette histoire tous les actes et lettres relatifs à la canonisation de S. François de Sales. Cet ouvrage , où il manque les quatorze premiè- res pages, est du savant jésuite Claude-François Mé-r nétrier , de Lyon ; on y a réuni plusieurs feuilles écrites de sa main, offrant des corrections et des additions au
HISTOIRE. 5g
texte de l’ouvrage. L’une d’elles contient des détails curieux sur l’exhumation du cœur de la mère de Blo- nay, première supérieure du monastère , morte à Lyon; ce cœur avoit été déposé derrière le grand au- tel de l’église de Ste.-Marle de Belle-Cour.
763. Image abrégée de l’état de la maison de Port-Royal , avant les troubles qu’011 y a excités. — In- 4.0 d’env. 5oo pag. vél.
Cet opuscule, qui tient le tiers du volume, est suivi de ceux-ci :
1 . Observations sur l’obéissance.
2. Les enlumineures du fameux almanack des PP. Jésuites.
Cet ouvrage, en vers de huit syllabes, parut en 165/j.
3. Lettre d'un avocat sur l'onguent pour la brûlure .
Cet opuscule anti-jésuitique lut répandu en 1664.
4. Onguent pour la brûlure , ou secret pour empê- cher les Jésuites de brûler les livres.
Cette pièce de vers, qui eut du succès dans le temps, quoique la poésie en soit lâche et sans couleur , contient 60 pages du manuscrit.
5. Le pas de clerc du clergé.
Pièce de vers moins étendue que la précédente.
6. Doctrine et pensées de don Palafox.
Celui-ci, né dans le royaume d’Arragon , nommé à
un évêché en Amérique, soutint avec force les droits de l’épiscopat, contre les Jésuites. On lui doit plusieurs ouvrages historiques et ascétiques. L’abbé Dinouard a publié la vie de ce théologien, en 1767.
7. Avis sur la confession et la pénitence des péchés véniels.
Ces divers écrits n’annoncent point le nom de leurs auteurs.
40 MANUSCRITS FRANÇAIS.
764. Relation de ce qui s’est passé dans l’en-
lèvement des religieuses de Port-Royal, et pièces relatives. — de 232 pag.
Les derniers feuillets de ce manuscrit ont été dé- chirés.
765. Cérémonial pour la réception et vêture des religieuses. — Fol. de 109 pag. mar. ro. tr. dor. fil.
Ce manuscrit, à longues lignes, est un chef-d’œuvre d’écriture. On trouve à la suite une dissertation sur l’usage où l’on étoit de conférer l’étole et le manipule aux religieuses Chartreusines. Un procès-verbal du car- dinal le Camus , atteste cet usage ; et M. de Sl.-George , archevêque de Lyon, s’y conforma dans la chartreuse de Salettes, le 25 mars 1697. Ces Chartreusines pré- tendoient représenter les anciennes diaconisscs , qui avoient précédé les premiers diacres. Ces dernières étoient des veuves, âgées au moins de soixante ans, en réputation d’avoir bien élevé leurs enfans , d’avoir exercé l’hospitalité, lavé les pieds des voyageurs et donné l’aumône. Telles furent Phébè , diaconisse de Senchrée, dont parle S. Paul dans son épitre aux Romains , Lampadia , Timo , Pulchérie, et dans des temps plus modernes Théosebie , femme de S. Gré- goire de Nice, et Radegonde , reine de France, fonda- trice du monastère de Prébayon. Elles enseignoient aux catéchumènes les premiers principes de la foi; elles réconcilioient les femmes entr’elles; elles ouvroient les portes des églises. Les évêques les ordonnoient par l’imposition des mains, et en leur mettant l’étole et 1q manipule.
HISTOIRE.
4*
76G. Explication de la cérémonie de la vêture des prétendantes du troisième ordre de St.- François. — 8.° d’env. 140 pag.
Ce manuscrit est adressé, par l’auteur, à mademoi- selle Marguerite Dugas , prétendante dans le premier couvent de l’ordre de St. -François , situé à Lyon près la place de Belle-Cour; il vient de la Bibliothèque du séminaire de St.-Irénée.
767. Généalogie du Christ.
Ce manuscrit, sur parchemin en rouleau, commence hjst. à Adam qui est représenté avec Eve et le serpent, au- sainte près de l’arbre de vie. Y)' Adam et d 'Eve sort un arbre généalogique , qui s’étend dans toute la longueur du rouleau jusqu’à Jésus-Christ. Ce rouleau est interrompu de distance en distance par des miniatures qui repré- sentent Noé , cultivant la vigne; Abraham, prêt à im- moler son fils ; David , jouant de la harpe; le roi Sédé- cias, et enfin la naissance de Jésus, dans l’étable da Bethléem, au milieu de sa mère, de S. Joseph , du bœuf et de l’âne. Le texte explicatif est sur deux colon- nes qui accompagnent l’arbre généalogique. Le texte, les lignes et les cartouches de l’arbre sont tracés en encre rouge, et d’une écriture du quinzième siècle.
768. Istoire de la passion de Monseigneur Jésus Crist, le benoit fils de Dieu. — Fol. d’env. 700 pag.
Ce manuscrit , à longues lignes et avec les initiales en couleur , vient de la Bibliothèque des Carmes-Dé- chaussés de Lyon.
L’auteur commence la passion par la citation d’un écrivain profane , à laquelle on 11e s'attendrait pas :
MANUSCRITS FRANÇAIS.
« Selon la sentence îles philosophes, dit-il, Aristote , en son premier livre de physique, annonce, etc. » II le termine par cette note : « Ceste présente passion fut finie par Pitel d’Altëna, clerc, demourant à Blet- tens, le 2o.e jour de juillet, l’an î/fîo. Que ceux qui la liront prient Dieu pour ledit Pitel, pour qu’il luy donne bonne vie et longue santé; et après sa mort, que Dieu de son ame ait mercy. Amen. »
A la suite de cette passion, qui tient environ 5oo pages du volume, on trouve, i.° L'histoire de la destruction de Jérusalem. , finie par le même auteur dans le mois d’août de la même année. 2.0 Conseils du philosophe Aristote, au grand empereur Alexandre. Pitel d’Al- tëna écrivit encore ces conseils qui ont pour objet la morale, l’art de gouverner, celui de conserver sa santé et de se servir utilement de divers remèdes qu’il indique.
76g. Vie de Jésus. — ln- 4.0 de 92 pag.
Cette vie offre divers chapitres sur la naissance de Jésus, sa circoncision, l’adoration des rois, la présen- tation au temple, la fuite en Egypte, la mort de S. Joseph, l’institution du sacrement de l’autel, le cruci- fiement et le testament fait sur la croix, par le Christ, parlant intérieurement à son père. Le volume a appar- tenu aux Carmes-Déchaussés de Lyon.
770. Vie des sainz apôtres, de leur paission, et des belles miracles que Dieu Jésus- Christ fist por eus. — Fol. d’env. 340 pag. bois.
Ce manuscrit est sur vélin, à deux colonnes, avec les initiales et les titres des chapitres en couleur. En tête de la vie de chaque saint, on voit une miniature gros- sière qui le représente. Les vies qu’offre ce volume.
HISTOIRE. 45
sont celles de S .Pierre, S. Paul , S. Jean l’évangé- liste, S. Matthieu , S. Simon , S. Jude , S. Thomas , S. Philippe, S. Jacques , S. Barthélemi , S. Marc , S. André, S. Longin, S. Denis, S. Cosme, S. Damien et des sept Donnons . L’ouvrage, d’un style et d’une écriture gothiques, date de l’an 1420 environ. Il vient de la Bibliothèque des Augustins de la Voûte.
771. Mappemonde spirituelle. — In- de 142 pag. vél.
Ce beau manuscrit, qui vient de la bibliothèque ds 3V1. Adamoli, est sur vélin très-blanc, à deux colonnes, avec les noms des villes en couleur. Au frontispice , Jean Germain, évêque de Châlons-sur-Saône , auteur de l’ouvrage, le présente à genoux à Philippe, duc de Bourgogne. Ce souverain , revêtu de la pourpre et décoré de l’ordre de la toison d’or qu’il institua , est assis sur le seuil d’un palais gothique, élégamment peint. L’é- vêque de Châlons dit dans sa préface : « Qu’en consi- dération que plusieurs se sont occupéz à pourtraire di- verses mappemondes temporelles pour connoitre dans chacun pays les désers, forests, montaignes, serpens , oyseaux, poyssons et merveilles du monde, il a l’an i449» fait icelle mappemonde spirituelle, pour pré- senter en chacune cité les saints, apôtres, martyrs, vierges et confesseurs qui les ont sanctifiées. »
Philippe-le-Bon , à qui l’ouvrage est dédié, embrassa le parti des Anglais, et fit la guerre à la Fiance. On sait qu’il fut le premier prince qui porta perruque, par ordonnance des médecins, après avoir éprouvé une longue maladie, qui lui avoit fait tomber tous les che- veu*. Il étoit alors dans le Brabant; et à son imitation cinq cents gentilshommes se firent couper les cheveux , dans la même semaine , et prirent perruque.
44 MANUSCRITS FRANÇAIS.
Dans le manuscrit , sa tête est tellement enveloppe© de son bonnet et de sa simarre, qu’on ne distingue point sa chevelure.
772. Vies des Saints. — Fol. d’env. 800 pag.
Ce manuscrit, sur vélin , dont l’écriture annonce l’époque de i55o, a les majuscules dorées et enlumi- nées, et des vignettes et fleurons où sont représentées les principales actions des personnages dont le légen- daire a écrit la vie. On y voit les noces de la Vierge et de S. Joseph y avec un menétrier qui joue du violon; l’élection de S. Matthieu , apôtre ; l’annonciation de l’ange à Marie ; la nativité ; l’adoration des rois ; la naissance de Mon-Seigneur S. Jean-Baptiste ; le bai- ser de Judas ; S. Eloi, de Noyon; S. Grégoire-le- Grand; les martyres de S. Longin , S. Etienne , S. F incent , S. Laurent , S. Nicaise et S. Julien ; l’in- vention de la croix ; l’apparition de Jésus à Marie Magdeleine ; l’établissement de la chaire de S. Pierre, à Rome; S. Jérome dans sa solitude ; Ste. Suzanne ; Ste. Marine , revêtant l’habit d’un moine ; Ste. Euphro- sine dans son couvent , etc.
La moitié du volume est consacrée, i.° à un roman de chevalerie dont les héros sont le prince de Galilée , Huon de Thabarie et le roi Saléhadin (Saladin); 2.® à un chapitre particulier sur les oiseaux de proie, et les remèdes propres à leurs maladies; 3.° à un traité de morale, intitulé : Enseignemens de Josaphas et de Balaam ; enfin , à des apophtegmes ou sentences pieuses des religieux et pères du désert.
773. Vies des Hermites et Pères du désert.
— 7/i-4.° d’env. 200 pag.
Ce manuscrit, bien conservé, sur vélin très-blanc.
HISTOIRE. 45
à longues lignes, avec de grandes capitales en couleur et des miniatures simplement dessinées , sans être pein- tes , offre une écriture nette , agréable , et qui date de la fin du quatorzième siècle. Ce sont plutôt des anec- dotes sur les vies de S. Jérôme , S. Antoine , S. Hila- rion , S. Jean l’Hermite, S. Arsène et S. Macaire , que des vies entières et complettes de ces anciens soli- taires de la Thébaide.
A la suite de cet ouvrage, on en trouve un autre de 62 pages, sur la manière d 'admonester les pauvres, les riches et les diverses classes de vicieux. Ce dernier traité est divisé en chapitres courts, et qu’on peut lire avec facilité.
774. Abrégé de la vie des prêtres, clercs et frères de la congrégation de la Mission. — In-l\.° de 56a pag.
L’ouvrage offre la vie de M. Aimeras , second supé- rieur de la congrégation , après S. Vincent de Poule, qui en fut le fondateur; celles d 'Edme Jolly, troisième supérieur; de Julien Guérin , décédé à Tunis, en 1648; de Blatiron, supérieur de la maison de Gênes; de Le Gros , visiteur de la province de Poitou; de J.-B. An- selme, mort à Rome en 1715. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce manuscrit est un recueil do lettres de S. Vincent de Paule, avec un précis de la vie de ce dernier.
775. Vie de Madame saincte Clere. — 8.°
de 76 pag.
Ce manuscrit est terminé par ces mots : Priez por la vénérable et vertueuse religieuse seur Clere des Bruyères, abbesse du dévot couvent qui a faict escrire ceste présante œuvre à frere Francoys Dupuis, de
I,
4 G MANUSCRITS FRANÇAIS.
l'ordre des Freres Mineurs. i565. Celui-ci a mis à la
fin de son ouvrage cette épitre :
En ce petit et simple livre Par bon vouloir ay faict occrire La vie pure et du tout clere De notre mere saincte Clere ,
Clere de nom et bien plus d’œuvres.
Parquoy ses filles font bonnes œuvres.
Quant à ma part de bien bon cueur La serviray en tout honneur;
Car son nom saint m’a nommé Clere ,
Mais mon surnom est Des Bruyères.
La Bruyère petite et basse Porte une fleur de bonne grâce ;
Et encor bien qu’en terre aride,
Comme en ses desers très-rigide Le plus souvent prend sa racine ;
Aussi, debvons prendre racine Au sainct desert, et en cl,osture;
Afin quaions la norriture
Qui nous fera sans cesse vivre J
Pour ce convient mourir pour vivre.
776. Vie de Ste. Catherine de Bologne. — - 2 vol. in- 4.0 — Armes nécessaires au combat spirituel. — I11- 4.0 d’env. 3oo pag.
Ce dernier ouvrage est la traduction française d’un écrit de Ste. Catherine. Cette sainte, d’une famille noble de Ferrare , se fit religieuse à Boulogne , dans un mo- nastère de S te. -C taire , et a été béatifiée par Clément VII. En mourant , elle remit à son confesseur l’ou- vrage des sept armes spirituelles et un autre contenant ses révélations. Ce confesseur auroit dû laisser ce dépôt intact, sans le publier.
HISTOIRE.
47
777. Histoire de la captivité de la mère An- gélique. de St -Jean, écrite par elle-même.
8.° de 556 pag.
Manuscrit très-lisible, dont le texte est encadré dans des lignes rouges.
La mère Angélique fut enlevée de son couvent , le 26 août 1664, par ordre du roi, et renfermée pendant dix mois, dans une profonde solitude, au couvent de l’Annonciade. Elle étoit fille du célèbre Arnauld d ’An- dilly.
Le manuscrit est terminé par une vie de M. Antoine le Maistre, et le récit de la mort de M. de Sacjy , dé- cédé le 4 janvier 1684.
778. Vie de la sœur Anne Marie de Jésus ,
carmélite réformée du premier couvent.
— ln-l^P de 3i6 pag. tr. dor.
L’écriture de ce manuscrit est très-belle , et son texte est encadré. La religieuse, dont il rapporte la vie, fut connue dans le monde sous le nom de mademoiselle de Foix. Elle naquit en 1624 de Bernard, duc de la Va- lette et d’Epernon, et de Gabrielle de Bourbon; elle fut tenue sur les fonts de baptême par Louis XIII et la reine Anne d’Autriche, et mourut en 170 j , après avoir passé 55 ans dans la retraite et les exercices de la pénitence.
779. Vie de la sœur Mathie Labite , reli- * gieuse de Notre-Dame du Mont-Carmel.
— Fol. de 257 pag.
Ce manuscrit est de Fite Galrin , prêtre et commis- saire du saint office dans la ville du Mont-S t. -Julien, en Sicile. Celle qu’il célèbre naquit dans la même ville.
48 MANUSCRITS FRANÇAIS,
et y mourut eu 1649. L’auteur entre dans les plus grands détails sur les vertus de Matliie , ses tentations , ses visions et les miracles qu’on lui a attribués. Le vo- lume est correct et d’une belle écriture.
780. Vie de François Cagnin , d’heureuse mémoire, coadjuteur de la compagnie de Jésus, par un père de la même compagnie. — Fol. de i32 pag.
L’auteur de cette vie est Pierre Builloud , né à Lyon en i588, à qui on doit une vie de S. Trivier , solitaire de Bresse, un éloge de Symphorien Builloud , évêque de Bayas et grand-aumônier de France, sous François I.*r , et un programme manuscrit , d’une histoire de Lyon.
François Cagnin , dont le manuscrit rapporte les actions et célèbre les vertus, naquit en 1546 dans le village de Soudon , dans le marquisat de St.-Sorlin , en Bugey. Après ses études chez le curé de l’endroit, il fut mis à Lagnieu, auprès d’un notaire, qui l’em- ploya à la rénovation des terriers. Il vint ensuite s’éta- blir, en qualité de commis , chez un marchand toilier de Lyon, domicilié dans la rue Longue, et y mérita tellement son estime , que celui-ci lui abandonna son fond de commerce. Dégoûté bientôt des soins du négoce et des embarras du monde, Cagnin se fit jésuite au collège de Lyon, le 10 mars i58o, et fut reçu par Guillaume Creigton , vice-provincial et recteur de la maison. Le détail de sa vie privée , de l’emploi de son temps, de ses aumônes, de ses exercices de piété, est extrêmement long et diffus. L’auteur a mêlé à son récit une foule de citations et d’exemples , tirés des auteurs sacrés et profanes; ce qui offre une bigarrure du plus mauvais goût.
H I S T O I R Ë.
49
781. Des trois imposteurs, livre traduit du
latin en français, avec une préface histo- rique sur l’auteur de cet ouvrage dange- reux. — 1760, de 92 pag. vél.
Ce manuscrit vient de la bibliothèque de IY1. Ada- moli. L’écriture en est correcte et encadrée dans des lignes. Le livre des trois imposteurs fut attribué à Pierre Arétin , à Bernardin Ochin , à l’Arabe Aver- roès , et plus communément au malheureux Pierre Desvignes , chancelier de Frédéric II, et à qui celui-ci fit crever les yeux.
L’auteur de la préface du manuscrit attribue l’ou- vrage à ce dernier qui le composa, suivant lui, eu I2DO, par ordre de son maître, en haine de la cour da Rome et de la religion chrétienne.
Une opinion assez, accréditée est que le traité De tribus impostoribus , a pour auteur Straubius qui s’est caché sous le nom du chancelier de Frédéric , et a cité , en faisant imprimer son livre pour la première fois, en 1746, une ancienne édition sans titre, qu’il prétend être de 1598, mais qui n’existe pas.
782. Histoire ancienne de Troye lagrant, de la destruction et désolation d’icelle, du roi Priant et de son très-noble lignaige , de la royne Panthafilée , mise du grégois en latin, et depuis translatée du latin en .français. — Fol. d’env. 3oo pag.
Ce manuscrit précieux, sur vélin, à deux colonnes , Hist, est orné de capitales enluminées, et il offre tous les GR ( Q- faits héroïques, puisés dans les poètes, sur la guerre 1 1 des Grecs avec les Troyens, et la fin du royaume de Priant. L’historien termine son ouvrage par ces mots:
H. 4
5o MANUSCRITS FRANÇAIS.
« La grant ville de Troye avoit troys journe'es de long et autant de large. Les murs avoient troys cents cou- dées de haulteur; les murs du chastel d’Ylion de haul- teur avoient cinq cents pas. La plus petite maison de la ville avoit de haulteur I X coudées. Le nombre des roys et ducs de Grece, qui alerent asiegier la dite ville furent LXIX , sans Palamède ; et le nombre de leur mariné estoit sur mer mil deux cens et douze nefs. »
Ce beau manuscrit vient de la Bibliothèque des -Grands - Augustins. En îBup, IW. Bronstedt , savant danois, allant en Grèce et en Italie, pour y étudier des manuscrits , passa deux jours à Lyon pour y con- sulter celui-ci.
78b. Dou siège et de la destruction de Troie. — Fol. d’env. 4°° pag. l>ois.
Ce manuscrit, sur vélin, à deux colonnes, vient de la Bibliothèque des Augustins de Lyon. Il a les titres en rouge et les initiales coloriées. Un grand nombre de dessins enluminés orne le bas des pages. Us représen- tent la floLte des Grecs , leurs combats contre les Troyens, la ville assiégée, des députations à Agamem- non , la mort d 'Hector , le combat de Palamède et de Sarpédon , le tombeau d’ Achille , Cassandre prophé- tisant, l’incendie de Troie, Polixène immolée , etc.
L’ouvrage, écrit en français très-gothique , est pré- cédé d’une longue table des chapitres , qui se trouvent au nombre de cent quarante-huit. L’écriture est de l’an i45o, environ. Une note qui se lit à la fin du volume annonce qu’il fut donné à Jehan de Saint-Orens.
HISTOIRE.
5i
784. Livre de la première guerre punique que compila maistre Léonard de Aretio . — Fol. cl’etiv. 200 pag. bois.
Ce manuscrit, sur beau vélin, orné de majuscules enluminées, traduit en français en 1 44^» » est dédié par le traducteur, à très hault et souverain prince Charles , le septième du nom , roi de France. 11 appelle les Carthaginois Carlhagiens , et il est curieux de com- parer la tournure de sa phrase avec la langue moderne.
Léonard de Aretio , plus connu sous le nom d 'Arë- tin, différent du célèbre, satirique qui prit le même nom, parce qu’il étoit natif comme lui de la ville d’Arezzo , en Italie, s’appeloit Bruni de son nom de famille. Il s’acquit une grande renommée par la variété de son savoir. Intime ami du Pogge, employé, par la cour de Rome dans plusieurs ambassades , secrétaire des brefs sous cinq pontifes, il mourut en i544i et fut inhumé à Florence , aux dépens du public avec la plus grande solennité. On prononça son oraison funèbre, et l’orateur descendit ensuite de la chaire, pour venir, par ordre des magistrats , couronner de lauriers Léo- nard dans son cercueil. Ses divers ouvrages historiques sont estimés; il composa trois livres de la guerre pu- nique, qui furent imprimés en 1 55y , in- 8.° On n’a tra- duit dans ce volume que le premier.
Dans le Dictionnaire historique des hommes célè- bres, j’ai dit que Léonard de Arezzo n’étoit point prêtre , comme quelques biographes l’a voient cru, puis- qu’il avoit épousé une jeune et belle Florentine , dont il eut un fils qui lui survécut ; cependant à la fin du prologue du manuscrit , le traducteur lui donne le titre de noble clerc. 11 est à croire que Léonard fut sim- plement tonsiu’é, et ne prit point les ordres sacrés.
52 MANUSCRITS TRANÇAÎS.
L’ouvrage appartint à Gilbert , chancelier de Lyon ^ qui le vendit à Jehan de la Garde , qui annonce dans une souscription , qu'à celui qui pourra trouver ce livre et le lui rendre , il payera volontiers le vin. Il passa ensuite à Charles de Léry , et enfui à M. Ada- moli qui l’acheta 80 liv.
785. Histoire de Jules-César. — Fol. d’env. 600 pag. bois.
Ce manuscrit eut pour auteur, en i5or , Matthieu Grenet , natif de B e thune , avoier en la comté d'Artois, religieux et procureur en l’abbaye de Saint-Martin de Tournay. Il renferme :
1. L'histoire de Jules-César, et comme il s’en ala pour conquerre France.
Cette histoire est divisée en un grand nombre de cha- pitres, et terminée par la liste des empereurs romains jusqu’à Gratien.
2. Cronicques de France.
Elles commencent par Priant , que l’on fait premier duc des Français, et finissent à la fin du règne de Char- les VIII. Cet ouvrage contient 296 pages du manuscrit.
3. Recoel (recueil) de Matthieu Grenet.
Il offre un sommaire de l’histoire universelle, en 5i pages.
4. Abbregiet des cronicques de France.
5. Généalogie des rois d'Angleterre.
6. Une pièce de vers dans laquelle Grenet écrit sa vie. On y voit que l’auteur, né sans fortune, en 1462, entra jeune dans le monastère de S t. -Martin , où il fut élevé et fit profession. 11 fut député de son ordre à Rome, et passa en France pour s ’j rendre.
L’écriture de ce manuscrit est gothique , difficile à lire, à longues lignes , avec les capitales en rouge. On
HISTOIRE, 53
y voit plusieurs arbres généalogiques. Il appartint au seigneur de Chatteluz et de la Mothe-Angroing , pré- vôt et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Ses armoiries sont coloriées au verso de la première page.
786. Chroniques de France, suivant ce quel- les sont composées en l’église de St.~Denis , en France. — Fol. de plus de 1000 pag.
Ce beau manuscrit, sur vélin, à deux colonnes, est orné de lettres peintes , de vignettes , de miniatures en- luminées et rehaussées d’or.
Ces chroniques finissent à l’an 1 335. Elles eurent di- vers auteurs qui s’empressèrent d’y consigner les faits historiques , arrivés de leur temps. Pendant plusieurs siècles elles circulèrent manuscrites, dans les princi- pales bibliothèques de France, et elles ne furent impri- mées, pour la première fois, qu’en 1476, à Paris, chez Pasquier Bonhomme , 5 vol .fol. Antoine VérarcL les réimprima en 149L
L’importance de leur sujet , l’authenticité accordée aux faits qui y sont contenus , les firent appeler les grandes chroniques de France. Nos anciens historiens s’appuyent de leur autorité, et aucun ne les a accusées d’erreur. Seulement l’archevêque d’Aix, Leopradus , se plaint dans une de ses lettres , placée en tête de l’histoire de l’expédition de Charlemagne contre les Sarrasins d’Espagne , attribuée à Turpin , qu’on ne Irouvoit pas dans ces chroniques assez de détails sur cet évènement remarquable.
Il paroît donc qu’on commença à écrire cet ou- vrage immédiatement après le règne de Charlemagne , et au milieu du neuvième siècle , puisque Leopradus vivoit dans le suivant.
Philippe Mouskes et Guillaume Guiart , presque
HIST.
DE
FRANCS
La
Çurne , Jilém.
des
inscr.
t ï5.
54 MANUSCRITS FRANÇAIS,
contemporains, et qui écri voient vers l’ail i38o , sa vantent d’avoir puisé leurs narrations dans les chro- niques de St. -Denis.
Le premier, évêque de Tournay, a laissé une chra- nique en vers fi ançais presque inintelligibles, que l’on consulte encore comme véridique ; elle est restée en manuscrit, et Ducange en a seulement fait imprimer un extrait, relatif aux empereurs de Constantinople, français. C’est, dit-il :
Eu l’abbaie de St.-Denise De France , qu’ai l’estoire prise Et de latin mis en roumans.
Le second, dans son poème, ayant pour titre : La branche aux roj aulx lignaiges , déclare que pour être véridique, il a voulu rapporter les faits historiques. Selon les certaines chroniques.
Dont j’ai transcrites les rubriques A St. -Denis soir et matin A l'exemplaire du latin Et à droit français ramenées
Et puis en rimes ordenées;
1
Le poète Adenez , dans son roman d ’Ogier, Nicolas de Rlieims, dans celui d Aiméric de Narbonne, l'au* leur du roman de Doolin de Mayence, celui du roman de Gérard de Vienne , louent les chroniques, et feignent d’y avoir puisé leurs narrations.
Elles furent consultées, de règne en règne, pour régler le cérémonial, éclaircir les doutes, fixer la gé^ néalogie des princes et terminer les contestations.
Lorsque Charles VI ordonna une entrée magnifique à Paris, pour la reine son épouse, il consulta d’abord la reine Blanche , femme de son bisaieul, et la plus ancienne dame de la cour; mais celle-ci renvoya le monarque à l’examen des chroniques de St. -Denis.
HISTOIRE. 55
En 1397, le roi de Navarre plaidoit pour la restitu- tion de ses biens, devant le conseil du roi, et son dé- fenseur, l’évèque de Pampelune, établit les droits du monarque, en rapportant sa généalogie, puisée dans le même ouvrage.
En 1408, le duc d’Orléans soutenoit au parlement, contre l’héritière d ’Enguérand de Coucy, que la terre de Coucy étant une baronie, n’avoit pu être démem- brée; et d’après les chroniques, le parlement prononça, contre les prétentions du duc , que la terre n’étoit qu’une simple seigneurie.
Sous Charles VI, le comte de Clermont, prince du sang , et le connétable de France, se disputèrent l’hon- neur de la victoire de Formigny ; le roi lit insérer sa décision dans les chroniques.
Charles V, ayant ordonné que les rois seroient ma- jeurs à quatorze ans, fit enregistrer son édit non-seu- lement dans toutes les cours judiciaires, mais encore dans les archives de St.-Denis. « L’original de celte Ibid. loi, dit Dupuy, lut mis au trésor des chartres , et la P. 161. copie d’icelle, par manière d’original, sous le grand scel royal, baillée aux religieux de St.-Denis. »
Lorsque l’empereur Sigismond vint à Paris, au mois de février 1416, Jean, duc de Berry, oncle du roi, fit apporter les chroniques pour les lui montrer. On les reporta ensuite avec soin , dans le coffre précieux où elles étoient déposées, et où elles faisoient l’une des principales richesses du trésor du monastère.
L’original des chroniques de St.-Denis fut d’abord écrit en latin, et le premier auteur, qu’on croit être l’abbé Suger, régent du royaume, ne dédaigna pas d’oublier quelques instans les affaires du gouvernement, pour réunir en un corps d’ouvrage les mémoires épars des historiens qui avoient précédé le règne de Louis-
56 MANUSCRITS FRANÇAIS.
le-Gros. Il y réunit l’histoire détaillée de ce monarque; et dès-lors celle de ses successeurs commença à être écrite par des écrivains qui furent leurs contemporains, et qui déposèrent dans ce recueil le résultat véridique des faits dont ils avoient été témoins eux-mêmes.
On présume que ce fut à Guillaume de TYangiSy qu’on a dû la traduction des chroniques latines en fran- çais, d’autant plus que le prologue de celles-ci présente divers passages qui paroissent avoir été tirés du prolo- gue qu’il avoit placé en tête de sa propre chronique. IVangis mourut vers l’an i5o2.
Les écrivains dont la chronique de St.-Denis offre des extraits , sont Ajmoin , qui avoit publié Gesta Francorum , pendant la première race; Fginard, pour le règne de Charlemagne ; l’auteur anonyme, connu sous le nom de Y Astrologue , pour celui de Louis-le- Débonnaire ; les fragmens de Glaber et de Guillaume de Jumieges , pour les règnes suivans. Les vies de Louis-le-Gros par Suger, de Philippe- Auguste par Rigord et Guillaume le Breton , de St. -Louis et de Philippe-le-Hardi par Nangis , forment la suite de l’ouvrage. Depuis l’an i34o jusqu’en r58o, plusieurs auteurs anonymes y rapportent les faits et les guerres féroces où ils furent acteurs. Les évènemens arrivés sous Charles VI et Charles Vil, sont tirés de l’histoire de Juvénal des Ursins et de la chronique de Jean Chartier. Ici finissent d’ordinaire les chroniques de St.- Denis , manuscrites ; et ce n’est que dan? les imprimés postérieurs qu’on y a ajouté les vies de Louis XI, de Charles VÎ1I et de Louis XII.
Il est peu de bibliothèques considérables en France où l’on ne montre des manuscrits de ces chroniques , et M. de la Cur/ie, en indique cinq qui se voyoient dans la Bibliothèque de St. -Germain- des - Prés , et
HISTOIRE. 57
dix-huit qu’offroit de son temps la Bibliothèque impé- riale.
Le manuscrit de la Bibliothèque de Lyon, très-bien relié, avec les armoiries de la ville, offre une écriture correcte et interlignée.
La première vignette représente un Bénédictin à genoux, offrant l’ouvrage à un roi de France, assis sur son trône, près de son chancelier. Les autres présen- tent les principaux faits de l’histoire de France.
On y voit le baptême de Clovis et l’ange qui apporte la sainte ampoule , la division du royaume entre ses fils , le massacre des neveux de Clotaire et de Chilpé- ric, la révolte de Cramme , l’insulte faite par Gontran aux envoyés de Childebert , Frédégonde excitant les soldats à combattre pour son fils contre ce dernier, le partage des trésors de Dagobert entre ses enfans, le sacre de Charlemagne , son couronnement comme em- pereur, sa magnificence pour réparer les églises, la trahison de Ganelon , la rébellion des fils de Charles- le-Chauve , le couronnement de Louis-le-Gros , l’entrée de son fils à Paris, la naissance de Philippe-Auguste , le siège de la ville de Tours , le sacre de S. Louis , l’hommage d’Edouard , roi d’Angleterre, à Philippe-le- Bel, pour le duché d’Aquitaine , l’assemblée des pre- miers états-généraux , le sacre du roi Jean , celui de son fils et de la reine Jeanne , enfin celui de Charles VI.
Les chroniques commencent par un prologue qui ne se trouve pas dans les imprimés; elles finissent à la mort de Charles Y, et au couronnement de Charles VI, qui eut lieu en i38o. Le manuscrit de Lyon paroît ©voir été fait à cette époque.
Mém. i
iriser.
t. i5.
58
MANUSCRITS FRANÇAIS.
787. Grans croniques de la généalogie des Roy s de France , (ou chronique de St.~ Denis.) — Fol. d’env. 1000 pag. v. arm.
Ce manuscrit, sur vélin, à deux colonnes, orné de vignettes et de lettres tourneures ou capitales peintes et rehaussées d’or, offre beaucoup de miniatures où l’on peut prendre une idée du costume, des usages, des fêtes, des tournois, des combats, de l’architecture de nos ancêtres.
788. Histoire de la pairie de France. — Fol.
de 56o pag. v.
Cette histoire, manuscrite , d’une bonne écriture, est divisée en chapitres qui ont pour objet l’antiquité des pairs et l’origine des pairies ecclésiastiques et laïques, la dignité et le rang des fiefs qui procuroient le titre de pair, les fonctions et les prérogatives qui y étohnt attachées, soit au sacre des rois, soit dans les cours ju- diciaires, soit dans les états-généraux du royaume.
L’ouvrage est terminé par trois petits traités sur l’origine des grands d’Espagne, sur celle de la pairie en Angleterre , et sur les pairies possédées par les femmes dans ce royaume.
789. Chroniques du roi Charles VII, très- glorieux et bien servi, qui régna trente- neuf ans et neuf mois, et trespassa le 22.e juillet 1461. — 7/i-4.°de 800 p. mar. tr. dor.
Ce manuscrit, en gros caractères bien lisibles, ne renferme aucun ornement en dessins ou enluminures. La chronique s’étend depuis 1402 jusqu’à la mort du monarque , arrivée à Méhun-sur-Yeure. Elle y est ainsi décrite : «En l’an 1461 , fut semé certain langage
HISTOIRE. 59
qui disolt qu’on vouloit empoisonner le roy. Celui-ci, après qu’il en fut informé , fiche tellement le dit em- poisonnement en son cueur , qu’oncques depuis n’eut joie, ne santé; mais pour ce qu’il en avoit esté adverti par un capitaine qui bien l’aimoit , y adjousta pleine foy, et se déconforta tellement qu’il en laissa le boire et le manger par l’espace de sept jours, qu’il ne s’osoit fier à homme de ses gens , ne prendre aucune réfection, et jusques à ce que les physiciens lui dirent que, s’il ne mangeoit, il estoit mort, a donc se pena de manger, mais il ne pouvoit; car ses conduits estoient jà tous retraicts ; et adonc se confessa , et fina son dernier jour, le jour de la Magdeleine. »
Cette chronique renferme des détails curieux sur les divers combats, livrés aux Anglais, qui possédoient alors les trois quarts du territoire de la France. Elle fait naître Charles VII , le 28 février 1402, tandis que la plupart des historiens, et les dictionnaires biogra- phiques fixent sa naissance six jours plutôt, c’est-à-dire, le 22 février.
790. Commémoration et advertissement de la mort de très-chrétienne , très-haulte et très- excellente princesse et souveraine, dame madame Anne, deux fois Royne de France et duchesse de Bretagne , et complainte que faict son premier hérault et lun de ses rois d’armes. — Fol.
Ce manuscrit, sur vélin, d’environ i5o pages non numérotées, est correctement écrit, orné de lettres do- rées et coloriées, de fleurons et de trois grandes estam- pes représentant, i.° la chapelle ardente où fut déposé, dans l’église de Notre-Dame de Paris, le corps de la reine; 2.0 le cœur de vermeil, renfermant celui d’An/ie,
60 MANUSCRITS français
qui fut transporté à Nantes dans la sépulture des duc? de Bretagne; 3.° la figure de trois soleils et de trois lunes, c’est-à-dire, d'une parhélie e t d’une parasélène , qui furent observées , dit l’auteur, sur la ville de Suze, en Piémont, le jour que la reine mourut; ce qu’il regarde comme un signe certain de cette perte. Le manuscrit la nomme deux fois reine , parce qu’en effet elle épousa d’abord Charles VIII et ensuite le bon Louis XII.
Il contient, i.° un grand nombre de vers, dirigés en huilaius , et des distiques ; 2.0 la description du convoi funèbre , avec les noms de ceux qui y assistèrent. On peut juger de la poésie de l’auteur par ce passage de l’introduction.
Noblesse hélas si tu n’as bouche ou langue Pour faire ici suffisante harangue ,
Pardonnes-moi , car raison maint oneste Me faict jecter quelque récit honnete ,
Non pour plaisir , mais en grant doléance
Pour ceste mort, t /
Et vous après, dignes, d’estre nommés En cest endroit, héraulx très renoumés,
Debvez vous point plourer , plaindre, gémir.
Et a groz sangloz de votre cueur vomir ,
Pour la patronne et princesse des dames
Car en faveur de vostre grant maistresse Est- il douleur, amertume, tristesse Qu’en votre cueur ne se doibve loger Tant que vos jours en puissent abreiger.
Moy avec vous n’ay cause de me taire Mais tout ainsi comme homme solitaire N’ayant au monde de vivre plus d’envie En gémissant veulx consommer ma vie.
On voit que du temps de l’auteur, la longueur de la queue de la robe des dames étoit une marque de distinc- tion à la cour. « Pendant que la noble Royne, dit-il.
HISTOIRE. Gl
«stoit sur son lit de parade, ai riva monsieur d'Alençon, madame de Bourbon , mesdames d ' Angoulesme et d'Alençon , abillées toutes de deuil. Madame de Bour- bon avoit sa queue plus longue que les autres. Je m’en- quis pourquoi? l’on me dict que restoit qu’elle estoit fille de roy; ainsi avoit sa queue trois aulnes de long, celle de madame d ' Angoulesme deux et demie , et celle de madame d'Alençon sa fille pareille. »
L’auteur du manuscrit y a inséré divers rondeaux d'André de la feigne, que la reine avoit pris pour son secrétaire, et qui est auteur du Fergier d'honneur et d’une histoire de Charles VIH , publiée par Denis Gode/roi.
Anne de Bretagne mourut au château de Blois , le 9 janvier i5i4- C’est la première de nos reines qui ait eu une maison particulière, c’est-à-dire, des gardes, des gentilshommes servans, des dames d’honneur, des rois et héraults d’armes, au nombre desquels se trou voit l’auteur du manuscrit. Son ouvrage paroît dater de la même année que la mort de celle qu’il a célébrée.
791. Dessein pour la défense de l'autorité royale, au sujet des présens troubles. — Fol. de 73 pag. mar. ro. fil.
L’auteur de cet écrit fut un militaire , retiré du ser- vice , qui voulut employer les loisirs de sa retraite à prémunir Louis XIII, contre les attentats des frondeurs, et qui adressa ses réflexions au cardinal de Richelieu et à l’abbé Ondodei , auxquels il écrivit les deux let- tres qui terminent ce volume. « Dans le manque d’em- ploi de mon espée, dit-il, je me sers de ma plume, et sans doute avec autant d’estonnement de ceux qui aie cognoissent que de surprise en moi-même de ce trans- port. 11 est vrai que ce dessein 11e me donneroit pas
63 MANUSCRITS FRANÇAIS.'
tant de peine , si j’avois seulement à faire quelque re* lation de mes campagnes , mais qu’il faille me com- mettre à l’escriture contre ces prétendus savans en matière d’estat , contre ces grands politiques qüi, avec une hardiesse sans exemple, ont osé mettre au jour les efforts de leur invention pour la réforme du royaume et l’établissement d’une nouvelle forme du gouverne- ment, qui sur ce sujet ont fait retentir audacieusement les places, les chaires, les palais des rois, de leurs remontrances , de leurs ordres et de leurs pernicieuses maximes. C’est une entreprise que je trouve moi-même estrange. Quoiqu’il en puisse être, j’y suis contraint, et mon génie me pousse à rechercher toutes les occa- sions possibles du service de Sa Majesté et du bien de l’estât.... Je ne traite du passé que pour en tirer des remèdes pour l’avenir; car les mécontens et les trou- bles ne manqueront jamais en France ; mais si je pouvois oster de l’esprit des peuples les prétextes géné- raux qui soutiennent les guerres civiles , ce seroit un grand point gaigné. » Les esprits sages ont toujours invité les peuples au respect pour les gouvernemens et à fuir les révolutions ; mais la multitude , sans idées comme sans fortune, se laissera toujours séduire pour son malheur, par les esprits ardens et les factieux. Le peuple est un malade qui se trouve toujours mal, et à qui il suffit de dire : retourne-toi, pour lui voir produire de funestes chocs.
792. Brigues pour le gouvernement. — In- 4.0 d’env. 400 pag.
Ce manuscrit renferme divers articles, dont plusieurs «ont insérés dans les mémoires de la minorité de Louis XIV , de la Rochefoucauld et de la Chdtre. Ils sont tous relatifs à la guerre de la fronde , et sont intitulés :
histoire. 63
Brigues pour le gouvernement ; premières guerres de Paris ; voyage de M. de Longueville, en Normandie; prison des princes ; ce qui se passa jusques à la guerre de Guyenne ; relation de cette guerre et de la dernière de Paris ; apologie de M. de Beaufort, contre la cour , la noblesse et le peuple.
St.-Evremont lut l’auteur de cette dernière pièce.
793. Médailles sur les principaux évènemens du règne de Louis-le-Grand. — 2 vol, in- 12, obi. v.
Ces deux volumes offrent deux cent quatre-vingt-six médailles , depuis celle sur la naissance de Louis-Dau- phin, le 5 septembre i638, jusqu’à celle consacrée à l’érection de la chambre du commerce, en 1700. CeS médailles , faites par l’académie des inscriptions , sont gravées dans la même grandeur qu’elles ont été frappées.
Au bas de chacune , on a écrit en français l’explica* tion de la légende et de l’exergue qui sont en latin. Dans quelques-unes on a désigné le sujet, lorsque la légende et l’exergue n’ont pas paru le déterminer assez distinctement. Elles ont été gravées par Benoit Au- dran, et les épreuves de ce recueil sont certainement des premières, puisquo dans 1 éditi->n in-^.° qui a été donnée de ces médailles, plusieurs enfires y 0nt corrigés. A la fin du second volume , o, trouve une table de toutes les médailles contenues dan ies (lcux.
Ce manuscrit vient de la bibliothèque de P. ^hristùiy .secrétaire de l’Académie de Lyon.
64 MANUSCRITS FRANÇAIS.
794. Chronique des royaumes d’Auslrasie , de Sicile, de Jérusalem, du duché de Bar, des évêques de Toul; ensemble l’ordre de chevalerie. — In- 4.0 de 424 pag.
Cet ouvrage est de Sjmphorien Champier , fonda- teur du collège des médecins de Lyon , et qui avoit été long-temps premier médecin d 'Antoine, duc de Lor- raine. C'est à ce dernier qu’il a dédié son écrit, en i5io. Je ne sais s’il a été imprimé, comme la plupart de ses autres ouvrages. On trouve dans cette chronique le testament et l’épitaphe de Réné , dernier roi de Sicile et père du duc de Lorraine, mis en vers français, par l’auteur. On n’y voit point le mélange des rimes mas- culines et féminines ; mais d’après la réputation de Champier , il fut meilleur médecin que poète.
Ce manuscrit, qui vient de la Bibliothèque des Au- gustins de Lyon, fut fait par le commandement de Louis de Steinn , sénéchal du Barrois et gouverneur de la ville de Guise. Il appartint à Jean Baret , dont on a gravé le nom sur le plat du volume.
7q5. Chroniques de Flandres. — Fol. de 5i2 pig. bois.
Cette chronique 5 à longues lignes , commence à Ljdéric , prerrer comte de Flandres, en 792, et finit à Louis de Æalain, en i585. Le manuscrit est ter- miné parjn opuscule en allemand sur le même sujet. Louvre® do 1 an i^oo environ.
796.
II I S T O I H E.
65
796. Description particulière de la comté de Flandres avec ung petit et brief recueil des alliances généalogiques des forestiers et comtes dudit pays, dont aucunes nobles branches sont descendues. — In- 4.0 d’env. 220 pag. '
v
Ce manuscrit, du commencement du i7.e siècle, offre une écriture lisible et correcte; il est orné des blasons enluminés des familles et des portraits assez bien dessinés des comtes de Flandre, depuis Ljdéricy premier forestier, en l’an 621 , jusqu’à Philippe II , roi d’Espagne, trente -troisième comte. L’auteur de cet ouvrage , assez curieux , ne s’y est pas nommé.
797. Histoire d’Amboise. — In- \.° de a5a p.
Ce manuscrit, d’une écriture gothique, et très-diffi- cile à lire , vient de la Bibliothèque des Missionnaires de St.- Joseph de Lyon. L’auteur attribue l’origine d’Amboise à un fort, bâti par César, au confluent de la Loire et de l’Amasse; mais cette opinion n’est appuyée d’aucun passage d’auteurs anciens; car c’est Sulpice Sévère qui, le premier, a fait mention de celte ville dans sa vie de S. Martin. Elle fut ruinée par les Danois, dans le neuvième siècle, et passa ensuite sous la do- mination des comtes à’ Anjou, dont plusieurs eurent le nom de Foulques. L’auteur décrit succinctement leurs actions et leurs fondations à Amboise. Cette ville fut possédée, après eux, pendant près de cinq cents ans par une famille puissante , qui porta le nom À' Am- boise, et sur laquelle elle fut confisquée en 1 45 1 , par Charles VII , et réunie à la couronne. C’est à une dame de cette famille, nommée Jehanne à’Amboyse , que l’auteur a dédié son ouvrage.
II.
5
66 MANUSCRITS FRANÇAIS.
798. Mémoires pour servir à l’histoire de ce qui s’est passé en Bourgogne, pendant la détention de MM. les princes , et après leur liberté. — In-l±.°
Marc-Antoine Millotet , avocat-général au parle- ment de Bourgogne, fut auteur de cet ouvrage, qu’il a divisé en deux parties. La première contient ce qui s’est passé dans la première guerre civile , sous le gou- vernement du duc de Vendôme ; la seconde, les évè- nemens de la seconde guerre, sous le duc d ’Epernon. Millotet , originaire de Châlons, succéda à son père, en i653 , dans la charge d’avocat-général. Doué d’élo- quence, d’un esprit juste et d’une grande force d’ame, il servit utilement son prince dans les temps de trou- ble , et n’en fut pas récompensé. Ces mémoires sont curieux et intéressans.
On a réuni à la suite, dans le même volume , divers opuscules relatifs à l’histoire de France.
1 . Mémoire sur la ville de Genève .
Ce n’est qu’un court précis de son histoire. Les pre- mières armoiries de cette ville portoient pour devise ; Post tenebras spero lucem ; mais après la réforme et en i556, elle la changea en celle-ci : Post tene- bras lux.
2. Relation du siège de Barcelonne , en 170 6.
L’auteur de cette relation fut témoin des opérations
militaires.
3. Préface de l'histoire de Louis XIV , par les médailles.
Cette préface, supprimée par ordre du roi, a rendu rares et chers le petit nombre d’exemplaires où elle se trouve. La Bibliothèque de L^on en possède un.
4. Discours de M. le duc cf Orléans , au sujet de la
I
histoire. C7
fégénce; copie du testament de Louis XIV , du 2 août *714*
Louis XIV , l’un de nos monarques les plus absolus dans l’exécution de ses volontés , fut cependant dominé toute sa vie par ses ministres , sa vieille maîtresse et son confesseur. Ils lui dictèrent son testament , qui * sans exclure le duc d’Orléans de la régence, la con- fioit , ainsi que la tutelle de Louis XV , à un conseil dont le duc n’étoit que le chef, sans autorité person- nelle, et n’ ayant que la prépondérance de sa voix , en cas de partage. Quant à la personne du roi, elle étoit confiée au duc du Maine. Louis XIV mourut le i.er septembre 17 i5 , à 8 heures du matin 3 et le lendemain à la même heure, le duc d’Orléans parut au milieu du parlement assemblé, et après avoir fait faire lecture du tesrament, il demanda qu’il fût cassé, comme in- jurieux et contraire aux droits de sa naissance et aux intérêts du royaume. Le parlement , flatté de ce que le prince avoit eu l’adresse de lui rendre le droit dé faire des remontrances, ne put lui rien refuser. Vaine- ment le duc du Maine fit-il entendre une foible réclama- tion, le duc d’Orléans triompha, et fut déclaré régent* avec la liberté de choisir les membres de son conseil, et le droit de veiller à la conservation de la personne du jeune roi.
799. Histoire de Dombes. — Fol. 2. vol. Le premier de 4G0 pag. , et le second de 462* sans les tables.
Ce manuscrit, d’un caractère correct et lisible, sur beau papier , est très-précieux.
Le premier volume offre la description générale de la Dombes , les singularités et les monumens que ce pays renferme , la notice des seigneurs qui y commun-
68 MANUSCRITS FRANÇAIS,
dèrent jusqu’à ce qu’il eût été réuni à la France, l’état topographique de chaque ville et village de cette pro- vince. Il est terminé par la généalogie de toutes les branches de la maison de Beaujeu. Le second volume présente les établissemens publics , les tribunaux, la généalogie des familles nobles et de leurs alliances.
Samuel Guichenon, historiographe de France et de Savoie , auteur de l’histoire de Bresse et du Bugey , l’est aussi de celle-ci. 11 l’entreprit par ordre de 1 Mademoi- selle de Montpensier , souveraine de Dombes , qui , fatiguée de ce que cette souveraineté ne relevoit pas immédiatement de la couronne de France , mais déri- voit de la maison de Savoie, ne voulut pas permettre qu’on l’imprimât. « Si j’eusse voulu consentir, dit Guichenon dans l’avertissement , que cette vérité fût dissimulée ou déguisée, l’ouvrage eût été publié; mais j’ai mieux aimé que son altesse royale en retirât de moi la minute, que de faire cette lâcheté indigne d’un homme qui fait profession d’honneur et d’être histo- rien; cependant, pour empêcher qu’un jour ce livre , tombant entre les mains de quelque autre, ne soit im- primé sous un autre nom que le mien, j’en ai fait faire cette copie, à Bourg, le 25 du mois de mars i665. Signé , Guichenon. »
Pour retirer et anéantir la minute de cette histoire , Mademoiselle lit compter à l’auteur la somme de trois mille livres, par Penet, lieutenant-général à Trévoux ; mais la copie passa à un cousin de Guichenon, nommé Favier , qui la vendit au président Pianelli de la Va- lette. « Guichenon , dit Moréri, écrivit aussi une his- toire de la principauté de Dombes, qui n’a pas été imprimée, et que le président Pianelli de la Valette garde précieusement à Lyon. » Celui-ci en a fait don à la Bibliothèque de sa patrie.
»
HISTOIRE.
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800. Eclaircissement sur l’histoire de Dau- phiné et de Savoie. — Fol. d’env. 800 p.
Cet ouvrage a pour auteur Philibert Brun. Celui- ci s’attache, i.° à relever les erreurs des historiens de la province du Dauphiné; 2.0 à donner la liste des dauphinois qui se sont distingués dans la théologie, la jurisprudence , les belles-lettres, l’histoire, la médecine, les mathémathiques, ou qui ont acquis de la réputa- tion dans les armées, les négociations, les tournois, le ministère et les places importantes; 5.° à expliquer les motifs qu’eut Humbert II, de donner ses états à la France; 4-° à décrire les diverses guerres que les dau- phins eurent à soutenir, soit contre les ducs de Savoie, soit contre les rois de France ; 5.° à faire connoître les privilèges du Dauphiné et les impôts qui y eurent cours; 6.° à développer l’origine et l’histoire de3 dau- phins du Viennois, des comtes de Savoie et des autres vassaux du royaume de Bourgogne ; 7.0 à rapporter les divers échanges de seigneuries opérés dans celte pro- vince, et les réunions de plusieurs villes et bourgs à son territoire ; 8.° à détailler les fondations ecclésiasti- ques et les institutions civiles , faites par les dauphins et les comtes de Savoie. Cet écrit est plein de recher- ches savantes; mais l’écriture en est raturée, chargée d’additions et difficile à lire. O11 trouve à la suite , i.° la copie de divers titres qui servent de preuves aux éclaircissemens de l’auteur, tels que la donation du chauffage aux dames de Montjleuri , en 1042, la limitation des mandemens de la marche delphinale et de Cornillon , le traité de paix de St. -Julien , plusieurs cartulaires de la grande chartreuse; i.'* un récit de ce qui se passa entre les catholiques et les huguenots dans le Dauphiné, en i5Ô2; 5.u une dissertation médicinale
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de 124 pages sur les diverses humeurs du corps hu^ main; 4-° un opuscule théologique de 1 6 pages, inti- tulé : Augustini verus sensus in materid gratiœ ; 5.° enfin, un petit traité latin sur l’algèbre.
801. Copie des franchises, libertés et octroya du payz du Dauiphiné. — ln-\.° de 82 p. v.
Ce manuscrit , sur vélin , à longues lignes , a les titres et les initiales en couleur. On voit au frontis- pice les armoiries des dauphins. Les titres qu’il ren- ferme , dus aux dauphins Humbert et Charles , fils du roi Philippe , furent traduits du latin en français , et copiés ici en 1410, par maistre Jehan de Mar ne il , conseiller et auditeur des comptes du dauphin. Le vo* lume est bien conservé -, l’écriture en est nette et lisible.
802. Mémoire concernant le Dauphiné, —
Fol. vél. de 184 pag.
Ce manuscrit, fait par François Moulin, en 172.5, contient des détails sur l’ancien gouvernement du Dau- phiné, sa situation géographique, ses chemins, ses mines , ses marais, ses productions , la population et les impositions de ses six élections, ses manufactures et leurs produits, ses tribunaux, ses établissemens ec- clésiastiques et l’état civil et commerciel de ses villes et de ses principaux bourgs.
803. Histoire de la ville et cité d’Arles , par François Porcin' or, religieux trinitaire, 1660. — 2 vol. in- 4-°? en tout iôaS pag. Cet ouvrage est divisé en deux parties. Dans la pre- mière, l’auteur traite de l’origine et de l’antiquité d'Arles , de son état sous les Romains , les Goths et
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les Français , de son gouvernement lorsqu’elle étoit capitale du royaume de son nom , qu’elle se donna aux comtes de Provence, et qu’elle fut ensuite réunie à la France , de ses alliances et ligues , de ses lois et coutumes, des hommes célèbres sortis de son sein, de la fertilité de son territoire et de son commerce.
Porchier décrit dans la seconde partie , l’état ecclé- siastique de la ville, la primauté de ses archevêques, le catalogue de ses saints , le nombre de ses églises , monastères et hôpitaux , son cimetière et les reliques qu elle possède.
Le style de l’historien est diffus; cependant il ne manque pas d’intérêt; son nom est inconnu aux bio- graphes; on pourroit tirer de son écrit, réduit à moi- tié, un volume qu’on liroil avec fruit.
8o4- Mémoires du Languedoc. — Fol. d’env. 3 00 pag.
Ces mémoires, manuscrits , d’une belle écriture, sont ceux envoyés au gouvernement par M. de Baville , in- tendant du Languedoc, en 1705. Ils peuvent faire suite à ceux de M. d ’Herbigny , sur le Lyonnais, que la Bi- bliothèque possède. Les mémoires sur le Languedoc sont divisés en chapitres, qui traitent des limites, plai- nes, montagnes, rivières, productions, administrations, tribunaux, commerce, manufactures, impositions , po- pulation , universités et collèges du Languedoc. On y trouve un précis de son histoire ecclésiastique et civile, sous les Romains, les Goths, les comtes et les rois; des détails sur l’état militaire, la marine, les monumens an- tiques, les ponts, les ports et les canaux. Le volume est terminé par divers tableaux des diocèses, des couvens, des gouverneurs de la province. 11 a été imprimé à Ams- terdam, Boj er, 1754, in- S.9, après la mort de l’auteur.
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On a dit de celui-ci, qu’il eût été le meilleur modèle des administrateurs, s’il ne se fût montré quelquefois trop dur et despotique. Il étoit fils de Guillaume de Lamoignon , premier président du parlement de Paris, frère cadet du magistrat du même nom, qui remplit long-temps avec gloire la place d’avocat-général , dans Je même parlement.
Ce manuscrit vient de la bibliothèque de l’infortuné M. de Berthelas , qui s’est donné la mort et s’est fait sauter en plaçant de la poudre sous la pierre sur la- quelle il s’étoit assis dans la demi-lune des travaux Perrache, en 1808. Sa famille avoit apporté l'art de la verrerie en France , et avoit été ennoblie à cette occasion.
8o5. Mémoires sur le Languedoc. — Fol.
Ce manuscrit de 553 pages, offrant l’ancienne sta- tistique de cette province , est une copie de l’ouvrage précédent.
— Mémoires concernant la province de Langue- doc, dressés par M. de Baville , intendant. — Fol. de 420 pag.
Autre copie.
806. Histoire générale des Alpes Maritimes ou Cottiennes , et particulièrement de la ville d’Embrun , leur métropole. — Fol. de 822 pag. sans la table.
Cette histoire, ecclésiastique et profane, est divisée en quatre parties , et suit l’ordre chronologique des évènemens. Elle est dédiée à Guillaume d 'Hugues % archevêque d’Embrun , et a pour auteur Marcellin Former , jésuite, natif de Tournon. Il commence son ouvrage par rechercher l'étymologie du nom des Alpes,
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leur figure et leur hauteur. Il parolt prolixe et diffus. Le manuscrit offre une écriture peu flatteuse, .chargée de ratures et d’additions interlinéaires ou collées en marge , et paroit être sorti de la propre main de l’auteur.
807. Mémoires sur l’iiistoire de France. — Fol.
Ces mémoires sont :
1. Traité sur la ville et principauté d'Orange.
Il est divisé en huit chapitres, où l’on examine l’ori- gine de la ville et de l’église; si elles faisoient partie du Dauphiné ou du royaume de Provence ! Quels fu- rent les seigneurs d’Orange , avant et depuis Charle- magne ! S’ils se sont dits d’abord princes , ou simple- ment comtes ou marquis ! Quels furent les seigneurs de la maison de Baux , et de celles de Châlons et de Nassau; l’établissement de leur péage sur le Rhône, et leurs marques de souveraineté ? Ce traité présenté au marquis de Montanegues , commandant en Langue- doc, fut communiqué par lui, en 1682, à M. Colbert , et par ce dernier à Heinsius, que le duc de Brande- bourg avoit envoyé à la cour de France.
2. Notes sur l'histoire de Bresse et Bugey.
Elles sont relatives à quelques familles de ces pro- vinces , et peuvent être ajoutées à l’histoire de Gui- chenon, imprimée en i55o.
Ce dernier dit que le Bugey a été plus fertile en personnages illustres que la Bresse, et il cite en preuve le petit village d’Isarnole qui a produit Pons du Bal- mey , évêque de Belley et fondateur de la chartreuse de Meyria, le cardinal Louis Aleman , archevêque d’Arles, et trois saints, savoir: S. Romain, premier abbé de St. -Claude , S. Lupicin, abbé de Joux, et S. Oyen.
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3. Mémoire pour les trois ordres du royaume.
11 paroît avoir été écrit lors de la convocation des états de 1 6 r 4- L’auteur voudroit que la noblesse formât une confédération, à la tête de laquelle elle mettroit un chef recommandable par son rang et son courage ; ce qui seroit sans doute bien contraire à la saine politique du gouvernement.
4- Relation de la réception faite à l'infant d'Es- pagne , don Carlos, lors de son passage dans la pro- vince de Roussillon.
Ce prince y passa au mois de novembre 1701. Le marquis de Caylus commandoit dans la province, et pour lui témoigner sa satisfaction , l’infant lui fit don d’un diamant de dix mille livres.
5. Histoire de la vie , de la mort et des miracles de S. Paul Sergius, premier archevêque de Narbonne.
L’auteur dit avoir recueilli les faits de cette histoire dans divers manuscrits de l’église de Narbonne , et du monastère de Fond-Froide. Paul Sergius , étoit gouver- neur de Chypre, pour les Romains, lorsqu’il fut con- verti par S. Paul. La tradition dit qu’il vint dans la Gaule Narbonnaise, où il institua Aphrodise , évêque de Beziers,et Ruffe , évêque d’Avignon; qu’il devint en- suite archevêque de Narbonne , et fut inhumé en l’église de Notre-Dame qu’il y avoit fondée.
6. Testament fait le 3 janvier 1571 , par Charles, cardinal de St. -Apollinaire , archevêque de Reims.
11 y fait un grand nombre de legs aux monastères, églises et collèges de son diocèse. Ce cardinal établit le cardinal de Guise pour son exécuteur testamentaire.
7. Harangue faite au roi , par Pierre Scarron , évêque de Grenoble , au nom des trois ordres du Dau- phiné.
Elle fut prononcée à Valence, le 3 février 1641 , et
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elle est suivie, i.° d’une autre au cardinal de Riche- lieu ; 2.0 d’une lettre de remerciaient à la reine pour l’envoi de son portrait; 5. 8 d’une autre de consolation, -à la même, sur la mort du cardinal infant; 4-° de trois autres harangues au roi , par le môme évêque.
8. Remarques historiques.
Ce sont des fragmens qui paraissent avoir fait partie d’un ouvrage plus considérable. Elles sont relatives à Pliararfiorid. , au cardinal de Richelieu , à Robert I.er, duc de Normandie, à l’abbé Maumenet et au conné- table de Montmorency.
9. Dissertation sur le nom patronimique de la mai- son de France.
M. de Sozzi vouloit en 1785, que la maison de Bour- bon changeât son nom , pour s’appeler maison de France.
10. Lettre, écrite en 1771 , par le duc D’Aiguillon , à M. de Flesselles , intendant de Lyon.
Elle a pour but de faire accorder à la gazette de France plus de perfection.
1 1 . Remarques sur la chapelle de Versailles , par M. Clapasson.
Cette chapelle fut commencée en 1699, sur les des- sins de Mansard. Les tableaux y sont de la main de Coypel , de la Fosse et de Jouvenet. On a célébré l’érection de cette chapelle par une médaille , portant Cette inscription en l’honneur de Louis XIV :
Vincit ut David , cedificat ut Salomon.
12. Parallèle entre les deux révolutions qui ont fait passer le sceptre de Clovis, des mains de sa pos- térité dans celles de Pépin -le -Bref, et de celles-ci flans la maison des Capétiens.
M. l’abbé de Bussi, auteur de ce mémoire , a traité ggn sujet avec savoir. Avant de passer à son parallèle.
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il examine trois faits préliminaires: i.° Quelle fut la véritable époque de l’extinction de la postérité légitime de Charlemagne! 2° La succession à la couronne, après cette époque, fut-elle héréditaire ou élective, jusqu’à la troisième race ? 5.° Le gouvernement féodal acquit-il dans l’état français une force d’administration politique et publique, et assura-t-il aux vassaux im- médiats et arrière-vassaux une possession légitime et héréditaire de l’autorité des droits et prérogatives dont ils jouissoient ?
13. Détail des illuminations des jardins de Versail- les , le 19 mai 1770.
Elles eurent lieu pour le mariage du dauphin, et furent exécutées sur les dessins de Michel-Ange Challet auteur du mémoire.
14. Naissance , progrès et révolutions des sciences , des lettres et des arts dans la province de Picardie , jusqu'au quinzième siècle , par M. Gourdin, de Rouen.
Les Belges , qui habitoient les bords de la Somme , étoient sauvages et barbares sous les Romains et les premiers rois francs. Le berceau des sciences, en Pi- cardie , lut placé dans les monastères. S. Mëdard et S. Renry en devinrent les premiers écrivains. Sous Charlemagne , les écoles de Corbie et de St.-Riquier acquirent de la réputation. Bientôt après s’ouvrit celle de Laon. Sitôt que la langue romane se forma, elle produisit divers dialectes , et il paroît que YAmadis de Gaule, l’un de nos plus anciens romans, fut écrit en dialecte picard.
Adélaïde , comtesse de Coucy , fut dans le onzième siècle l’un de nos plus anciens peintres, et on célébra les deux tableaux qu’elle fit pour les églises de Nogent, et de St.-Eloy de Noyon.
La Picardie produisit plusieurs Trouvères , ou anciens
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poëtes français, tels que Thibaud de Mailljr , Renaud de Coucj , si célèbre par ses amours av ec Gabrielle de Vergi , Elinand, surnommé le Trouvère de la cour , Raoul de Beauvais , Robin de Compiégne , et Blondeau de INesle , aussi bon musicien que poète estimé.
15. Observations critiques sur les monumens qui renferment les cœurs de Louis XIII et Louis X IP" , dans l'église des Jésuites de la rue St. -Antoine, à Paris.
Ces monumens sont de Jacques Sarrasin et de Cous- tou ; mais ce dernier n’a fait aucun effort d’imagination, et s’est borné à copier le dessin du premier.
16. Histoire amoureuse des Gaules.
Cet ouvrage, du satirique Bussi-Rabutin , contient les amours des comtesses d ’Olonne et de Chdtillon. L’auteur en avoit confié le manuscrit à la marquise de Beaume qui divulgua son secret; et on punit Busse de cette satire licencieuse , par un long séjour à la Bastille. Il n’en sortit que pour subir l’exil dans une de ses terres, et il mourut à Autun, en iôtp, s’étant fait beaucoup d’ennemis par sa causticité, sa hauteur et son excessif amour-propre. Il étoit de l’Académie française , et on lui doit un grand nombre d’ouvrages en vers et en prose. Les Amours des Gaules ont été publiés en Hollande, en i vol. in- 12. Le manuscrit est terminé par les maximes d'amour du même auteur. En voici deux adressées aux dames :
Quand vous aimez passablement On vous accuse de folie ;
Quand vous aimez infiniment,
Belles, on en parle autrement:
Le seul excès vous justifie.
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MANUSCRITS FRANÇAIS.
Aimez, mais d’un amour couvert,
Qui ne soit jamais sans mystère ;
Ce n'est pas l’amour qui vous perd ;
C’est la manière de le faire.
808. Mémoires du duc de Rohan , sur les choses advenues en France , depuis la mort de Henry-le- Grand , jusqu’à la paix faicte avec les réformés, au mois de mars 1626. — Fol.
mèm. Ce manuscrit, de plus de 5oo pages, est bien con- parti- serve. 11 est suivi, i.° de l’apologie du duc de Rohan ; cul. 2 o (ju traité fait à Madrid, en 1629, entre le roi d’Es- pagne et le duc de Rohan , au nom des réformés de France; 3.° du récit de ce qui s’est passé au soulève- ment des Grisons, pour la restitution de la Yalteline et des comtés de Bornio et de Chiavenne.
Henri de Rohan , pair de France , devint le chef des protestans , dans ce royaume , sous la minorité de Louis XIII, et soutint trois guerres contre ce souve- rain , pour la défense de son parti. Après la paix de 1629, il se retira à Venise, où il négocia, auprès du grand-seigneur, la cession de l’ile de Chypre, dans l’intention d’y rétablir les calvinistes poursuivis en France et en Allemagne; mais ce projet ne réussit pas. Louis XIII rappela ce guerrier, et l’envoya soumettre la Valteline, révoltée par les instigations des Espagnols et des impériaux. Le duc de Rohan mourut , les armés à la main, en combattant ces derniers, en i658. Il fut inhumé à Genève, où on lui a élevé un magnifique tom- beau. Aussi bon écrivain que grand capitaine , il a laissé plusieurs ouvrages. Ces mémoires ont été impri- més long-temps après la date du manuscrit dont il est
HISTOIRE. 7Q
ici question , et forment 2 vol. in- 12. Le ton de vérité qui y règne et l’intérêt de la narration, les font encore lire avec plaisir.
L’une des singularités qu’011 peut y remarquer , c’est le projet de l’auteur, d’obtenir du gouvernement fran- çais une nouvelle division de la France par départe- rriens. Voltaire a très- bien peint le duc de Rohan dans ces vers :
Avec tous les talens, le ciel l’avoit fait naître:
11 agit en héros; en sage il écrivit.
11 fut même grand homme en combattant son maître ,
Et plus grand quand il le servit.
809. Mémoires en forme de journal de M. le cardinal de Richelieu, faicts par lui durant le grand trouble de la cour, en i65o et i63i. — Fol.
Ce journal est divisé en plusieurs chapitres, et a pour principal objet, les plaintes de la reine-mère, soit contre le cardinal, soit contre diverses personnes de la cour, leurs réconciliations et leurs ruptures. On y voit que Marie de Mêdicis avoit la plus grande confiance aux prédictions, et quelle donnoit pour con- sultation, des diamans de mille écus à un abbé Fovars , provençal, qui se disoit prophète. Ou sait que la suite des troubles et des intrigues du cardinal, fut la déten- tion de la reine au château de Compiégne, d'où elle s’échappa en iy3i , pour mourir ensuite à Cologne dans l’indigence. Le manuscrit offre des chapitres par- ticuliers, sur le cardinal d e Bertille , Marillac, Gas- ton d 'Orléans, frère du roi, le duc de Lorraine , les ducs de Bellegarde , de la Fer té , de Guise, IVlad. de Fargis , etc. Le dernier , intitulé Haine des Espa- gnols contre le cardinal , rapporte divers attentats
80 M ANUSCRI'TS FRANÇAIS.
contre la personne de ce dernier, de la part du duc de Lèves , ambassadeur d’Espagne , de la princesse de Coati et d’autres personnes.
8 1 o. Mémoires manuscrits sur les affaires du temps, depuis i63i jusqu’en 1G43. — Fol . d’env. 700 pag.
Ce volume renferme six morceaux utiles à parcourir :
1. Discours de M. de Bourdeilles, sur la sortie de France 'du duc d’Orléans, après la mort du duc de Montmorency, en 1 65 r .
Claude de Bourdeilles , neveu du célèbre historien Brantôme , fut attaché à Gaston d 'Orléans, dont il partagea la disgrâce. On a imprimé ses mémoires en 2 vol. in- 12, sous le titre de Mémoires de Montrésor. Il ne craint pas d’y avouer qu’il a attenté plusieurs fois à la vie du cardinal de Richelieu.
2. Relation faite , par M. de Fontrailles, des choses particulières de la cour pendant la faveur de M. Le Grand.
Louis d’ Astarac , marquis de Fontrailles , serviteur de Gaston , excita ce prince à la révolte, et trempa dans la conspiration de Cinq-Mars. Envoyé en Espagne, en i642ol y signa, au nom du duc d 'Orléans, un traité avec le roi d’Espagne, tendant à faire bannir le cardi- nal de Richelieu ; mais le complot fut découvert , et Fontrailles obligé de se sauver en Angleterre , d’où il ne revint qu’après la mort du cardinal. Je ne crois pas que cet opuscule ait été publié.
5. Mémoire de ce qui s'est passé avant que le roi partit de Montfrein pour venir à Paris , en 1642.
Ce mémoire, du cardinal de Richelieu , renferme plusieurs lettres du duc d 'Orléans, de MM. de Cha- vignj-, Des Foyers, de la Rivière et du chancelier
HISTOIRE. 8l
Sëguier. Î1 offre beaucoup de particularités sur le procès et les accusations portées contre MM. de Cinq- Mars et de Thou.
4. Mémoires de M. de la Chastre de Nancey, colo- nel des Suisses, sur ce qui s’est passé en 1642, peu avant le décès de Louis XII l, et au commencement de la régence .
L’auteur s’y plaint amèrement de sa destitution de la place de colonel-général des Suisses, de la fourberie du maréchal de Bassompierre et de la faiblesse de M. de Brienne. Le marquis de la Chastre , descendant de deux maréchaux de France , s’étoit distingué par son courage à la bataille de Nortlingue, où il fut fait prisonnier. On a imprimé de lui des mémoiies intéres- sans qui sont joints ordinairement à ceux de la Roche- foucauld , in-i 2. Ce morceau doit en faire partie.
5. Réponse de M. le comte de Brienne, aux mé- moires de M. de la Chastre.
Le comte de Brienne eut le département des affaires étrangères, au commencement du règne de Louis XIV# et se conduisit avec beaucoup d’adresse et d’intelli- gence pendant les troubles de la minorité. Il a laissé des mémoires très-étendus sur tous les évènemens de la cour de France, depuis l’avènement de Louis XIII, au trône, jusqu'à la mort du cardinal Mazarin. On en a extrait les fragmens les plus cuiieux, qu’on a pu- bliés sous le titre de Mémoires de Lomé nie, 3 vol. in- 1 2.
6. Remarques touchant les charges et fonctions de tnessieurs les maréchaux de France .
C’est la pièce la moins importante du recueil.
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8 11. Mémoires de M. le duc de la Roche- foucauld , sur les guerres civiles. — Fol. mar. ro. fil. tr. dor.
Ce manuscrit, d’environ 240 pages, de belle e'criture, offre des détails intéressans sur la guerre de la fronde. Ils doivent vraisemblablement faire partie des mémoi- res de l’auteur sur la régence d 'Anne d’Autriche, im- primés à Amsterdam, en 1715, 2 vol. in-12 .
812. Mémoires de Gourville. — 2 vol. petit
fol. v. tr. dor.
Cet ouvrage est écrit en gros caractères modernes et très-lisibles. Jean Hërauld de Gourville devint le valet de chambre et l’ami du duc de la Rochefoucauld. Il s’attacha ensuite au célèbre surintendant Foucquet , dont il partagea la disgrâce. Il prêta même alors cent mille livres à l’épouse de ce ministre infortuné, et fit don quelque temps après de cette somme au fils de ce dernier. Ces mémoires peignent avec simplicité et un naturel aimable, les ministres, les grands personnages du temps , et tous les évènemens depuis 1642 jusqu’en 1698. On les a publiés en 2 vol. in- 12.
Dans la préface du manuscrit , Gourville dit , qu’é- tant malade et privé de l’usage des jambes , il com- mença à écrire son ouvrage le i5 juin 1702. Il mit peu de temps à le composer, puisqu’il mourut à Paris en 1703, sans avoir été marié et à l’âge de soixante et dix-neuf ans.
8 1 3. Mémoires manuscrits servant h l’histoire de Louis XIV. — Fol. de 470 pag.
Cet ouvrage , divisé en chapitres, offre des détails curieux, i.9 sur le commencement de la régence ;
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sur les mouvemens excités à Paris, en 1648, et le siège de cette ville ; 5.° sur le voyage de M. de Lon- gueville , à Rouen; 4-a sur la prison des princes de Coudé et de Conti, et sur leur retour à la cour, en i65i ; 5.° sur la seconde guerre de Paris; G.» sur les intrigues et les négociations pour la paix ; 7.0 enfin, sur la défense du duc de Beaufort, devenu l’idole du peu- ple, contre la cour.
Cette dernière pièce est de St.-Evremont ; c’est une critique sanglante de celui dont elle semble vouloir faire l’apologie. L’auteur dit qu’il a trois objets dans son ouvrage; le premier de justifier, auprès de la cour, un duc qui ne peut lui nuire; le second, de le rétablir dans la bonne opinion de la noblesse qui le méprise; le troisième, de lui faire rendre l’amitié du public qui l’a entièrement abandonné. Il se moque sans cesse de la lâcheté de M. de Beaufort , et de son refus cons- tant à accepter les défis qui lui étoient faits par les partisans de la cour. Il finit par demander, pour ce der- nier, une place , non à l’armée, où l’on 11e peut expo- ser une personne si précieuse à l’état, mais au conseil , où il emploiera tout son temps à mûrir un avis (pii puisse enfin être dans la bouche de tout le monde , après être sorti de la sienne .
814. Mémoires pour servir h l’iiistoire du temps , pendant les années 1756, 1757 et 1758. — Fol. de 193 pag. v. fil. tr. dor.
Le colonel Champloi, officier vénitien, auteur de cet écrit, l’a dédié à l’Académie de Lyon. Il n’a point été imprimé, et a pour objet les premières années de la guerre de Bohème, l’entrée du roi de Prusse en Saxe , la bataille de Lowositz , la capitulation do Pyrna , les batailles de Prague , de Chotzmitz , de
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Breslavv, de Gorlitz, de Lignitz, de Protnitz , le sîeg« de Prague, l’entrée des Prussiens en Moravie, le siège d’Olmutz, la retraite du roi de Prusse et l’entrée de M. de Du/m, en Lusace et en Saxe.
Le manuscrit est à deux colonnes , avec le texte encadré. Il est terminé par un mémoire d’un officier suédois sur la campagne de l’armée française dans la Hesse, sous les ordres de M. de Soubize, en 175S. Il contient des détails sur la bataille de Lutzelberg et la prise de St.-Goâr.
81 5. Chronique du noble roy Richard , roy d’Angleterre, lequel eust mort par grant trayson, et auxi pour luy plusieurs sei- gneurs et autres. — Destruction de Jéru- salem , faicte par Vaspasian , empereur de Rome , et son fils Tithus. — In- 4.0 d’env. 2ÔO pag.
ni5T. Ce manuscrit gothique , à longues lignes , a les capi- d’autr. taies en couleur, et de grandes marges. L’écriture date C,0N" du commencement du treizième siècle. rFCES, pa chronique est divisée en chapitres et tient la moitié du volume. Le monarque qui en est l’objet, est Richard II, qui fit arrêter et condamner à mort son oncle Thomas , duc de Glocester , comme ayant cons- piré contre lui. Henri, comte de Derbi, leva des trou- pes pour venger ce dernier, dont il étoit le neveu; et le comte de Northuniberland ayant arrêté Richard dans la principauté de Galles, le lui livra. Henri le fit enfermer dans une prison, où il fut massacré bientôt après, en iSpp.
L’autre moitié du volume comprend la destruction de Jérusalem par Tespasien, que le manuscrit qua- lifie d’empereur à'Allemaigne et de Lombardie. Cet
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écrit est aussi divisé en chapitres , dont l’écriture est très-difficile à lire.
816. Princes de Savoie. — Fol. d’env. 200 p.
Ce manuscrit offre le précis de la vie des souverains de la Savoie , depuis Bérold-le-Saxon qui en fut le premier comte, et qui naquit en g8o , jusqu’à Charles- Emanuel II, mort en i685. Le caractère du volume est peu correct et chargé de ratures; mais le texte est accompagné de plusieurs porlraits gravés des ducs de Savoie. Ce sont, i.° Bérold, qui, venant au secoure de Bozon , roi d’Arles , s’empara pour son propre compte, de la Maurienne et de la Savoie; 2.° Hum- bert I.*r , qui introduisit la loi salique dans ses états ; 5.° Amédée I.er, surnommé le Piémontais , défenseur de ses peuples contre les incursions des Normands; 4-° Odon, qui, par son mariage avec la fille de Main- froy, accrut son domaine des villes de Suze , d’Aoste et de Turin; 5.° Amédée II, protecteur de la cour de Rome; 6° Humbert II , qui suivit Godefroy de Bouil- lon à la Terre-Sainte; 7.0 Amédée III, qui accom- pagna de même Louis VII dans la Palestine ; 8.” Hum- bert 111, inhumé en 1 186, dans l’abbaye de Haute- Combe, au département de l’Ain; g.° Thomas , qui chassa l’empereur Alexis de Constantinople ; io.° Amé-> dée IV, premier duc de Chablais; ii.° Boniface , mort prisonnier de Charles A' Anjou , et qui réunit le Fau- cigny à ses états; 12.0 Philippe I.er, qui, avant d’être souverain, fut archevêque de Lyon par une grâce spé- ciale A' Innocent IV, qui permit cette élection quoique Philippe n’eût point reçu les ordres sacrés; i5.° Amé- dée V, surnommé le Grand, et qui fit lever aux Turcs le siège de l’ile de Rhodes; 14. 0 Edouard, surnommé le
86 MANUSCRITS FRANÇAIS.
Libéral ; i5.° Aimon, qui fit la guerre au Dauphiné et conquit Genève; ib.° Arnêdêe VI , surnommé le Comte verd , fondateur de l’ordre de l’Annonciade, et qui, pour délivrer l’empereur Paléologue des fers du roi de Bulgarie, alla porter la guerre jusque dans cette contrée éloignée, et ramena l’empereur à Constantino- ple; 17.° Atnédée VII, surnommé le Comte rou^e , Vainqueur des seigneurs de Dombes et de Beaujolais , qui avoient refusé de lui rendre hommage; 18. 0 Amé- dée VIII , qui mérita le nom de Salomon de son siècle par les lois qu’il publia , et qui fut le premier qui prit le titre de duc de Savoie; xg.® Louis , qui établit le sénat de Turin, et vint mourir de la goutte, à Lyon, dans la maison des Célestins, en x4f>5; 20.® Amédée IX, prince sage et doux, qui ne voulut point avoir d’autre titre que celui de père des pauvres; 21. 0 Phili- bert I.6r, jeune prince, qui, venu à Lyon en 1482, s’y livra avec tant d’ardeur aux fêtes multipliées qu’on lui donna , qu’il s’échauffa le sang et y mourut ; 22.® Charles , à qui Charlotte de Lusignan sa tante , céda tous ses droits sur le royaume de Chypre j 25.® Charles- Jean, qui mourut sous la tutelle de Blanche de MontJ errât sa mère ; 24. 0 Philippe II , qui n’eut d’abord que le pays de Bresse en apanage , ce qui le fit appeler Philippe saus terre ; 2.5.® Philibert II, qui naquit et mourut au château du pont d’Ain, près de Lyon, et a été inhumé dans l’église de Brou, à Bourg ; 26.® Charles III, qui se rendit à Boulogne, pour assister au couronnement de Charles - Quint j 2 7.° Emanuel-Philibert , prince guerrier, qui fit bâtir la citadelle de Turin ; 28.° Charles - Emanuel , vain- queur des Suisses et des Génois , mort en i65o j 29.® Victor- Amédée , qui fit la paix avec Louis XIIIj
HISTOIRE. 87
5o.° François-Hyacinthe , mort en tutelle; 3i.p enfin, Charles-Emanuel II, qui fit fortifier Verseil et ouvrir un chemin hardi au travers des Alpes.
Ce manuscrit appartenoit, en 1767, à M. du Breuil , curé de Rilheux et archiprêtre de Dombes. 11 peut en être l’auteur.
817. Description en abrégé de tout le pays d’Italie , contenant la situation , longueur et largeur, ensemble les seigneuries prin- cipales , avecques l’estimation en particu- lier de ce quon lire communément des dites seigneuries. — Fol. de 32 pag.
Ce manuscrit, sur vélin, à longues lignes, d’une écriture gothique, est précédé d’une carte sur parche- min, dessinée à la main, et qui présente les diverses contrées d’Italie, avec les villes principales, mais sans proportion de distance , ni échelle géométrique.
818. Histoire d’Espagne, depuis la première invasion des Maures, sous don Piodri gi/e , jusques à leur dernière expulsion sous Philippe III. — Fol. de 704 pag.
Cette histoire, manuscrite, est du Jésuite Bussière qui y rapporte tous les faits historiques , relatifs aux divers royaumes d’Espagne , depuis que les Goths s’y établirent jusqu’au règne d 'Alphonse II , à la fin du douzième siècle. Ce jésuite étoit né à Yillefranche, en Beaujolais. On estime ses Poésies latines ; mais ses poésies françaises , ainsi que plusieurs de ses ouvrages historiques, sont presque oubliés. Celui-ci ne paioit pas avoir été imprimé, et auroit bien mieux mérité de l’être que le Parterre historique et V Abrégé de l'his- toire de France qui l’ont aussi pour auteur.
88 MANUSCRITS FRANÇAIS.
A la suite de l’histoire d’Espagne, on en trouve une autre plus courte, écrite en latin, et qui n’est point terminée. Elle a pour titre : Historia americana. Bussière la commença en 1672 , et mourut en 1678.
819, Abrégé des annales de la Chine. — 2 vol. gr. m-4.0 , le premier de 408 pag.; le second de 58o, v. fauve.
Cet ouvrage important est l’abrégé de la grande histoire chinoise , par le jésuite J.-M. Mojria de Mailla , connu à la Chine sous le nom de Fong-Ping- Tching.
Celui-ci avoit travaillé pendant dix-huit ans aux car- tes de l’empire chinois, et logeoit, en qualité de mathé- maticien de la cour, dans le palais même de l’empereur Cam-hi, qui lui témoigna toujours une amitié sincère. La connoissance qu’il avoit acquise des langues chi- noise' et taitare, lui fit entreprendre de traduire en français, les giandes annales de l’historien Sé-mat-sien, Il employa plus de six ans, d’un travail assidu, à rem- plir son dessem; et lorsque son ouvrage fut fini , il en fit don à la Bibliothèque de Lyon, où il parvint en 1707. Le savant Freret, très-versé dans l’histoire de la Chine, avoit conçu une si haute idée de cet écrit,, qu’il désira en être l’éditeur et le faire imprimer aux frais du gouvernement. La mort l’empêcha d’exécuter son projet, et l’ouvrage, en 12 volumes in- 4.0, fut do nié par l’ancien consulat de Lyon, à M. l’abbé Grosier qui l’a publié. Ce manuscrit étoit accompagné de plans et de cartes très-curieuses, faits à la Chine, et qui avaient été collés sur toile, par les soins des ma- gistrats municipaux de la ville de Lyon. Ces soins auroient au moins dû s’étendre jusqu’à faire restituer à leur Bibliothèque, après la publication de l’ouvrage %
HISTOIRE. 89
le manuscrit précieux que les voyageurs et les savans venoient souvent y consulter.
Les deux volumes, qui en renferment l’abrégé, peu- vent dédommager de cette perte. Ils sont dus au P. Janin, augustin de cette ville, savant antiquaire, écri- vain correct, qui a péri avec courage, dans nos murs, sous la hache des bourreaux révolutionnaires. Il la finit en 1769, et l’offrit à l’archevêque et aux adminis- trateurs des collèges , qui l’ont oublié dans la Biblio- thèque publique. Il renferme les vingt-deux dynasties chinoises, depuis la fondation de l’empire, 2941 ans avant l’ère chrétienne, jusqu’en 1722. Ce manuscrit offre une écriture nette, correcte et lisible. Si, à l’imi- tation du P. de Mailla , il n’a pu y réunir des cartes chinoises, il y a joint du moins des cartes et des es- tampes gravées en Europe. Celles-ci sont :
1. La carte de la Chine, par Bellin, insérée dans l’histoire générale des voyages.
2. La représentation des mandarins civils et mili- taires , tirée de Duhalde.
5. Une carte manuscrite de la Chine ancienne, telle qu’elle est décrite dans le chapitre Yukong , du livre canon icjue appelé Chou-King.
4. Une autre carte de la Chine et de la Corée, gra- vée d’après le rapport des Jésuites-missionnaires.
5. Lhre autre du Cathay, tirée de l’histoire générale des voyages.
6. La mort du dernier empereur chinois, de la race des Ming , en 1644» gravure extraite de Nieuhof.
7. Carte de la Tartarie orientale , comprenant le pays des Mantcheoux.
8. Le plan de la ville de Pékin.
9. Une vue de cette ville, prise dans Nieuhof. ïo. Une autre de la yiHe de Nankin.
CjÔ MANUSCRITS FRANÇAIS.
1 1 . L’entrée de la rivière de Canton et de l’ile de Macao.
12. Une vue de Canton.
i5. La carte de l’île Formose.
14. Le plan de la ville et du port de Macao.
15. L’observatoire de Pékin, tiré du P. Le Comte.
16. La carte de la Tartarie occidentale.
17. Les cérémonies de l’hommage rendu à l’empe- reur de la Chine , par les princes Kalka.
18. Les coins des monnoies chinoises sous diverses dynasties.
820. Mémoires historiques sur diverses con- trées. — Fol. (M.ss acad.)
Le premier de ces mémoires est de M. Soufflot. Il y examine l’état du Vésuve, au mois de juin 1750.
Le second, par M. le comte de Borch, présente le tableau littéraire de la Pologne, sous le règne de son dernier roi. L’auteur l’a lu, en 1775, dans une séance de l’Académie de Lyon.
Le troisième offre des lettres de M. de Lamonce , architecte, sur Rome, et principalement sur le portique de St.-Pierre et la vaste église de ce nom.
Le quatrième est un essai sur les voyages de long cours. M. Pecquel , qui en est auteur, s’étend principa- lement sur ceux faits en Asie, et sur la manière de les faire utilement.
Le cinquième est relatif aux Hébrides. M. Briryzet, libraire à Lyon , a rendu très-intéressante l’histoire abrégée de ces îles occidentales de l’Ecosse. On est étonné qu’il existe dans un coin de l’Europe, et sous la domination du peuple qui voyage le plus, environ trois cents îles , dont le nom particulier est à peine connu, une nation, étrangère aux révolutions qui ont
histoire. 91
agité le continent , qui chérit le sol isolé et stérile qui la nourrit, conserve les usages de son antique origine, ses traits primitifs, et ne s’est point mêlée, ni confon- due avec les autres peuples. Buch.an.on Martin, gentil- homme anglais, et Kenneth Macaulay , en ont parlé; et c’est en conciliant leurs récits , que M. Brujzet vouloit donner une description des Hébrides, dont ce mémoire n’est que le discours préliminaire.
Le sixième mémoire, par M. Rej , a pour objet les vampires de Hongrie.
On a cru long-temps, en Hongrie, que certains morts revenoient la nuit pour sucer le sang des vivans , qui ne tardoient pas à périr. Cette opinion , assez ancienne , s’est renouvelée avec activité en 1755, et a fait naître diverses procédures dans le district de Gradisch. On y a ouvert des tombeaux, pour en exhumer des cadavres à qui on a coupé la tète, et dont on a fait brûler le corps, comme vampires. M. Rej attribue avec raison, à l’imagination malade des vivans , toutes les préten- dues scènes des morts.
On ne peut oublier sur cet article, que l’un des plus savans écrivains de notre nation, don Calmet , a eu la foiblesse de croire aux vampires.
821. Traité de la noblesse. — Gr. fol. d’env.
200 pag. mar. tr. dor.
Ce manuscrit, sur grand papier, est orné de lettres hist. grises et d’armoiries enluminées. Le caractère s’étend HERAL" le long de la page sans interruption de colonnes. L’ou- Df^JE vrage est divisé en plusieurs chapitres qui expliquent généa- l’institution de la noblesse, quelles choses sont requises logiq. pour ennoblir un homme, l’origine de la chevalerie et des armoiries , si un bâtard peut porter les armes de son père, les règles du blason, la différence des écus
93 MANUSCRITS FRANÇAIS,
et des couronnes, les promotions de ducs, de comtes et de barons , l’ordre des lices et combats singuliers , des sermeus, des gages de bataille, des champions, des rois d’armes, des obsèques et fu îérailles des grands seigneurs. 11 a pour auteur Jacques de Valèze , qui l’écrivit en 1 41 4*
Ce manuscrit appartint à Hector-le-Breton , sieur de la Doineter^e , dont on voit les armoiries sur le plat du volume. Celui-ci fut roi d’armes de France. Cet office n’étoit possédé que par des nobles. Le roi d’armes étoit le chef des héraults qui annonçoient la guerre, les trêves, les traités de paix et les tournois. Louis-le- Gros fut le premier qui donna à Louis de Roussy, le titre de roi d'armes. Celui-ci portoit la cotte de velours violet, avec les fleurs de lys, entourées d’une broderie d’or. A sa réception, on versoit sur sa tète une coupe de vin , ce qui s’appeloit le baptême du roi d'armes. Les valets de chambre du roi le revêtissoient de ses or- nemens 5 le connétable et les maréchaux de France l’al- loient prendre pour le conduire à une messe solennelle, où il étoit précédé des héraults ordinaires, marchant devant lui deux à deux. Le respect qu’on avoit pour le roi d’armes étoit si grand, que l’on vit quelquefois la fureur de deux armées être suspendues par sa pré- sence au milieu d’elles.
Hector-le-Breton , propriétaire de ce manuscrit, suivit Henri IV en qualité de commissaire extraordi- naire des guerres, au siège d’Amiens, en 1597, et y reçut au visage une mousquetade , dont il perdit un œil j ce qui lui obtint un brevet où on lui accorda, et à sa postérité, le droit d’ajouter à ses armoiries la fleur de lys d’or que l’on voit sur ce volume. Comme roi d’armes, il parut en 1621 , à la pompe funèbre du roi d’Espagne, Philippe III, et en it>25, à la cérémonie
histoire. 93
du mariage d’ Henriette de France, avec le roi d’An- gleterre. En 1628, il alla, par ordre du roi, sommer les Rochellais de se rendre; et en 1629, pendant le siège de la ville de Privas, en Vivarais, il s’y rendit pour publier la paix , conclue entre la France et l’Angleterre. Le fief de la Doineterye, dont il étoit Seigneur, est situé dans le département de l’Indre.
822. Noms et armoiries des chevaliers de la toison d’or. — In-l\.° de 264 pag.
En i43o, Philippe II, surnommé le Bon, institua l’ordre de la toison d'or , pour vingt-quatre chevaliers, portant manteau et chaperon en écarlate, et au col un collier d’or, d’où pend un mouton. Charles-Quint changea cet habillement, et leur donna un manteau de velours cramoisi et un chaperon de velours violet , avec une soutane de toile d’argent.
Le manuscrit renferme deux cent quarante-quatre écussons coloriés des chevaliers de l’ordre, depuis son institution jusqu’en 1570. Le premier chevalier est Guil- laume de Vienne , le dernier, le duc de Mêdina-Céli. Au bas de chaque écusson, on a écrit très-correctement le nom des titres et l’indication du blason du chevalier.
823. Noms et armes de tous les chevaliers
de l’ordre du St.-Esprit. — Fol.
Le manuscrit offre les armoiries de tous ceux qui obtinrent le cordon bleu dans l’assemblée qui se tint sous Louis XIV, aux Grands- Augustins de Paris, le j.er janvier 1662. Ces armoiries sont dorées et colo- riées , d’après le blason. Les noms et qualités des chevaliers , ainsi que la description des armes , sont écrits au bas de chaque écusson.
94 MANUSCRITS FRANÇAIS»
824* Armes et blasons des chevaliers de l’or-' dre du St.-Esprit. — Fol. de y 44 pag- mar- ro. fil. tr. dor.
Ce manuscrit curieux, sur papier très-fort, à larges marges , comprend les armoiries de tous les chevaliers de l3ordre depuis sa création , par Henri III , le 5 1 dé- cembre 1578, jusques en 1 655. Chaque feuillet présente d’un côté un cartouche dessiné avec goût et enluminé, dans lequel on a écrit les noms et les titres du cheva- lier ; de l’autre côté, on voit ses armoiries de même enluminées, avec leurs métaux et couleurs. En tête, on trouve les portraits de Henri III et de Henri IV. Le premier est peint avec la toque et le costume de son temps ; il porte les moustaches , les cheveux très-rele- vés , et aux oreilles une poire de pierreries, soutenue par trois petits anneaux d’or. Ce portrait est précédé , i .e d’un frontispice agréable; 2.® des noms de tous les chevaliers; 3.® de la représentation du costume du réci- piendaire, avant et après son admission, et lorsqu’il se trouve en deuil.
Ce manuscrit est le plus beau de tous ceux que la Bi- bliothèque de Lyon a recueillis du riche don de livres que lui a fait l’archevêque Camille de Neuville , en i6g3.
825. Armorial de Normandie du temps ou règne du roi Philippe-Auguste. — Fol. de 220 pag. vél.
Les armoiries sont enluminées et blasonnées. Cha- cune a son cartouche rempli à la main du nom et des titres du chevalier normand qu’elle distingue. Toutes les pages offrent quatre armoiries , et on trouve à la fin du volume une table alphabétique des noms qu’il renferme. Ces chevaliers étoienl appelés à l’échiquier ,
HISTOIRE. g5
e’est-à-dire, au parlement de Rouen. Philippe-Auguste , qui fut leur contemporain , commença son règne en ii8o, et mourut en 1223.
826. Recueil d’armoiries. — 8.° d’env. 600
pag. mar. ir. dor.
Ce recueil offre plus de deux mille armoiries des principales familles de France. On lit leurs noms et blasons à côté de chaque écu. L’écriture est gothique et difficde à lire. Les armoiries sont coloriées , mais grossièrement; il s’en trouve huit à dix dans chaque page.
Ce manuscrit appartint à llector-le-D reton, sieur de la Doinetcrye, roi d’armes de France, dont on voit les armoiries sur le plat du volume.
827. Histoire généalogique des chevaliers de l’ordre du St.-Esprit. — Fol. de j5o p.
Parmi les présens que la ville de Venise fit au roi Henri III, elle lui offrit un manuscrit des statuts de l’ordre du St.-Esprit , que Louis de France, duc d’Aur jou et roi de Naples, avoit institué dans le château de l’Œuf, en i552. Henri résolut de renouveler cet ordre, comme un moyen de distinction pour les guer- riers, de preuve de haute noblesse , pour ceux qui montreraient zèle et courage à son service. C’est ce qu’il fit en 1578. Les nouveaux chevaliers prêtèrent serment, entre les mains du célèbre Jacques Amjot , grand-aumônier de France, que le monarque dispensa seul de faire preuve de noblesse , en lui donnant le collier de l’ordre, et en décidant en sa faveur, que tous les grands-aumôniers de France , quoique d’une nais- sance obscure , l'obtiendraient.
Cette histoire est savante , et rapporte , après le
96
MANUSCRITS FRANÇATS.
nom et les armoiries de chaque chevalier, sa génél-J logie, les batailles où il s’est trouvé et les faits qui lui font honneur. Elle finit au règne de Henri 111, en i586.
828. Mémoires historiques et généalogiques pour servir à l’iiistoire des commandeurs et chevaliers de l’ordre du St. -Esprit, par Pierre-Augustin de Moras, religieux de l’ordre des Grands - Augustins. — FoL d’env. 5oo pag.
Ce volume commence par la liste chronologique des diverses promotions de l’ordre, depuis son institution jusqu’au 19 octobre 1749- On trouve ensuite les généa- logies détaillées et les filiations de diverses familles distinguées.
L’ordre du St. -Esprit , tenant ses assemblées aux Grands-Augustins de Paris, plusieurs religieux de cette maison se consacrèrent à l’histoire généalogique. Tels furent les PP. Anselme , Simplicien et Ange de Ste.~ Rosalie, à qui l’on doit l’histoire généalogique de la maison de France et des grands-officiers de la couronne* Le P. de Moras a marché sur leurs traces.
82g. Généalogies françaises. — In- 4.0 d’env* 600 pag.
Ce manuscrit paroît être aussi l’ouvrage du P. de Moras, augustin. Il offre de grandes recherches, et constate les services et l’illustration de plusieurs maisons.
Le volume est terminé, i.° par un grand nombre de notes , relatives aux familles de France , illustrées par leurs services militaires; 2.0 par des lettres adressées au P. de Moras. L’une d’elles nous apprend que les supérieurs de ce religieux ? désapprouvant son genre
d’étude ,
HISTOIRE. 9 7
d'étude, l’avoient éloigné de Lyon et confiné dans un village.
830. Recueil généalogique. — Fol. d’env.
600 pag.
Plusieurs opuscules, qui forment ce recueil, parois- sent être du même P. de Moras. Ce recueil commence par la chronologie des chevaliers du St.-Esprit , depuis 1578 jusqu’au 10 juin iy55.
Le volume est terminé par un mémoire sur les ser- vices de M. de Gassion , mort à Pau , le 20 mai x 746.
83 1. Généalogie de la maison de Harlay ,
par le sieur d’Hozier , i636. — Pet. fol.
de 206 pag. mar. ro. dent. tr. dor.
Ce beau manuscrit, sur vélin très -blanc, à longues lignes, d’une très-belle écriture, est chargé d’armoiries, coloriées et enluminées d’or et d’argent. Il est dédié , par une longue épître de l’auteur, au marquis de Vil - leroi , gouverneur de Lyon, qui avoit épousé Jacque- line de Harlay , descendant du côté des femmes, de Pierre , comte de Vendôme , en 1243 , et qui descen- doit lui-même de la maison de France. Cette généalogie finit à Achille de Harlay , premier chambellan de Henri III, en 1608. Elle a produit deux premiers pré- sidens au parlement de Paris, qui se sont rendus célè- bres, et a donné d’illustres archevêques à Piouen et à Paris.
832. Histoire de Marguerite d’ Anjou, reine d’Angleterre , et autres pièces. — Fol.
L’histoire de Marguerite contient 74 pages du ma- nuscrit. Celui-ci offre des ratures et des notes margi- II. 7
HIST.
IilOGRA-
ïHiq.
98 MANUSCRITS FRANÇAIS.
«aies , qui annoncent qu’il est de la main de l’auteur. L’écriture est du commencement du siècle passé.
Marguerite , fille de Réné , roi de Sicile , fut mariée à Henri VI , roi d’Angleterre , et eut autant de courage que de lumières. Elle passa sa vie à combattre , à faire couronner un mari foible , et à le voir détrôner. On a dit qu’elle avoit été la reine, l’épouse et la mère la plus malheureuse de l’Europe. Son histoire, écrite par l’abbé Prévôt, se lit avec intérêt, et a obtenu la cé- lébrité que lui méritoit le nom de cet auteur. Le ma- nuscrit de Lyon est érudit, et pourroit servir à corriger quelques inexactitudes de cet ouvrage.
Les pièces qui terminent le volume sont :
1. Eloge de M. Bignon.
C’est une copie de celui prononcé , en 1726, à l’Aca- démie des inscriptions , par M. de Boze.
2. Une notice historique sur le P. Anselme , religieux augustin , savant auteur de l’histoire généalogique de la maison de France.
5. Une autre, plus étendue, sur le P. Lami.
François Lami , bénédictin, est mort à St.-Denis , en 1 7 1 1 . On lui doit un grand nombre d’ouvrages sur la logique, la rhétorique, les effets du tonnerre, et d’autres pour la défense de la religion. Ce manuscrit paroît être de l’écriture de l’abbé Tricaud , chanoine d’Ainay.
4. Diverses lettres du P. Lami et de M. du Puget , sur l'aimant.
Elles font suite à la notice précédente.
Louis de Puget, fils d’un procureur du roi, au pré- sidial de Lyon, acquit de la célébrité parmi les physi- ciens, par ses observations sur la trompe des papillons, la structure des yeux de divers insectes, et surtout par ses découvertes sur le double cours de l’aimant. Juu~
histoire. gg
Hot l’attaqua sans succès. Cet éloge de M. du Puget est inséré dans le journal de Trévoux, du mois da septembre 1710.
5. Eloge de l’abbé Tallemant.
Cet abbé, membre de l’Académie française, travailla à l’histoire de Louis XIV, par les médailles, et a pu- blié des harangues et des discours*
835. Histoire de Marguerite d' Anjou , reine d’Angleterre. — ln-1+P de 600 pag.
Il est probable que cet ouvrage a été fait par Un reli- gieux. Il porte en tète cette note : « Rendu le B juillet iyiS, sans aprobation, après six mois d'examen. •>> Cette note indique que l’ouvrage n’a point été imprimé, quoiqu’il offre des recherches savantes, et soit écrit d’une manière assez correcte.
Marguerite d'Anjou résista avec gloire au duc d’ForcAret au célèbre comte de IVarwick , dans douze batailles qu’elle leur livra pour soutenir les intérêts de son époux et de son fils.
834* Vie de Léopold-le-Grand , empereur, tirée des meilleurs auteurs allemands. — In-l^P de 339 pag., sans la table des ma- tières i mar. ro. dent. tr. dor.
Léopold naquit le 9 juin 1640. Avec le secours de Montécuculi il fut vainqueur des Turcs et des Hon- grois. Ceux-ci , entièrement subjugués , virent leurs principaux chefs, Frangipani , Nadasti et Tëkéli , pajer de leur tête leur dévouement à l’indépendance de leur patrie. L’empereur forma cette fameuse ligue d’Augsbourg, qui faillit à écraser la France. Amateur passionné de musique, lorsqu’il sentit approcher soa
IOO MANUSCRITS FRANÇAIS.
dernier instant, il fit venir ses musiciens, et expira
au milieu de leur concert , en 1 705.
Le manuscrit, d’une écriture superbe, est divisé en trois livres qui ne comprennent que les premières années du règne de ee prince, jusqu’en 1666, époque où Léopold, pour se conserver un parti considérable en Pologne, venoit de réconcilier Lubomirshi , général de cette couronne, avec son roi. Le volume est terminé, ï.° par une notice des médailles curieuses, recueillies par Léopold , pour le cabinet de Vienne ; 2.0 par l’état de la cour de cet empereur; on y voit que, sous les ordres du grand chambellan , il y avoit quatre cent vingt- trois gentilshommes de la chambre , et trois bouffons; la musique coûtoit annuellement 87,404 liv. ; 5.° par l’état des troupes de l’empire, en 1705.
L’ouvrage eut pour auteur M. Ducret , pénitencier de l’archevêque de Lyon, pour la nation allemande. Il n’a écrit que ce premier volume et n’en a pas publié la suite. M. Adamoli l’a acheté, à la mort de ce dernier , 24 livres.
835. Vie du comte de Marsigli , fondateur de l’Institut de Bologne, par Charles-Hé- bert de Quinci , professeur et membre de cet Institut. — de 297 pag.
En 1709, M. Mathon de la Cour présenta ce ma- nuscrit, de la part de l’auteur, à l’Académie de Lyon. L’écriture en est correcte , et le texte accompagné d’un grand nombre de dessins au crayon, qui offrent le por- trait du fondateur , ses exploits militaires contre les Ottomans , ses armoiries et devises , etc.
Louis-Ferdinand , comte de Marsigli , naquit à Bo- logne en i658, entra au service de Léopold, fut fait prisonnier par les Turcs, et fixa ensuite comme négo-
HISTOIRE.
IOÏ
ciateur, les limites, entre l’empereur, la république da Venise et la Porte. La cour de Vienne le punit de la reddition de Brisach , en le déposant de ses charges et en lui faisant rendre son épée; mais Louis XIV, plus juste, l’ayant vu à sa cour, sans épée, lui donna la sienne. Les lettres vinrent le consoler des injustices de la politique; il fonda, en 1710, le célèbre Institut de Bologne, et l’Académie des sciences de Paris l’associa à ses travaux. Ses principaux ouvrages sont : le Cours du Danube, le Traité du Bosphore, V Essai physique sur la mer, Y Etat des forces ottomanes , etc.
Hébert de Quinci avoit envoyé la vie de Marsigli , à M. Jacques Mathon , l’un des plus célèbres géomètres lyonnais , pour la faire imprimer. Elle ne l’a pas été , et pourroit l’être. On trouve , à la fin du manuscrit , plusieurs lettres de M. de Quinci , pour hâter cette pu- blication. Elles renferment des éclaircissemens sur di- vers points de l’histoire du fondateur de l’Institut, et principalement sur les évènemens arrivés dans l’état de l’église, avant la rupture entre l’empereur Joseph et le pape Clément IX.
836. Vie de Philibert-Emanuel de Pingon. — In- 16 de 176 pag. v.
Cette vie est sur vélin; elle est écrite de la propre main de celui dont elle rapporte les actions. L’auteur a mis au frontispice , hic vita mea. Il ne s’est pas con- tenté de l’écrire en latin , il l’a traduite en français. Phi- libert de Pingon naquit à Chambéry , le 18 janvier i5a5. Son éducation fut soignée : il entra dans la carrière ecclésiastique, et on lui donna la prévôté de l’église d’Aiguebel, bénéfice à simple tonsure. Il vint étudier au grand collège de Lyon , où il reçut un coup d’épée, de l’un de ses condisciples nommé Pistor ; et il alla
102 MANUSCRITS FRANÇAIS,
ensuite finir ses études , à Paris, sous Adrien Turnèb&i Après avoir pris le grade de docteur en droit, à Padoue et à Pavie, il vint suivre le barreau , et plaider à Cham- béry , où il fut nommé syndic, et bientôt après prési- dent du conseil d’Annecy. Le manuscrit finit à l’an 1 567 , l’auteur ayant alors quarante-deux ans.
On doit y ajouter que Philibert , devenu grand réfé- rendaire de Savoie, sous le duc Charles- Emanuel , qui lui fit ouvrir ses archives et celles des principaux monastères de ses états, publia l’histoire de Turin, sous le titre d'Augusta Taurinorum. Elle contient des faits intéressans. Philibert a laissé d’autres ouvrages , et entre autres un manuscrit intitulé les Antiquités allobrogiques , ou histoire générale de Savoie. 11 est divisé en trente livres , et se trouve dans la Biblio- thèque de Turin. L’auteur mourut le 18 avril 1682, dans cette ville , à l’âge de cinquante-sept ans.
857. Vies d’illustres personnages. — Fol. de près de iooo pag.
Ces vies sont écrites par Philibert Brun. Le texte est en français, mais les notes marginales offrent les pas- sages latins et grecs des auteurs cités. Ces vies sont celles de Priant , d 'Athanaric, premier roi des Goths, de Justine y femme de l’empereur Valentinien I.er y d’Arbogaste , d 'Aètius , de Clovis I.er, de Constan- tin, de Thierry I.er, de Théodoric , de Théodebert , de Totila, d ' Eurius-Momol, patrice du roi Contran , de Narsês , à'ingonde , reine des Visigoths, d ’Eudoxe, femme de l’empereur Théodose le jeune , de Fréde - gonde, de Berthe, femme d 'Etelbert roi d’Angleterre, d’ Edelburge, femme d ’Héduin roi de Northumberland, 4e Théodelinde , femme à'Agilulphe roi des Lombards, de Flavie ^Sophie , femme de l’empereur Justin II, de
HISTOIRE. I03
Dagobert I.er, de Tliéodose-le-Grand , de Samon, roi des Esclavons, de Leskon II, roi de Pologne, d ’Ebroin, maire du Palais, à’Alaric, de Pépin-Héristal , de Sti- licon, de Charles Martel , de Bélisaire , de Pépin-le- Bref, de Pelage , roi de Léon , de Berthe , mère de Charlemagne , de l'impératrice Irène, de Charlema- gne , d ’Othon-le-Grand , de Louis-le-Débonnaire , et d ' Alphonse-le-Chasle , roi de Léon.
Ces vies sont accompagnées de comparaisons entre les divers personnages. L’auteur a terminé ce gros vo- lume , par un abrégé de l’histoire universelle , dont la première partie s’étend depuis la création du monde jusqu’à la naissance de Jésus-Christ , et dont la seconde comprend le précis de l’histoire des Assyriens, des Babyloniens, des Perses, des Grecs, des Romains et des Français. Ces ouvrages n’ont point été imprimés, et l’auteur est resté inconnu aux biographes.
838. Histoire de Ponthus de Thyard de Bissy , et autres mémoires biographiques. — In- 4.0
Ponthus de Thyard , aumônier de Henri III , et évêque de Châlons-sur-Saône , naquit au château de Bissy, près de Mâcon, en i52i. Il se distingua aux états de Blois par son attachement pour son souverain , et le défendit contre le clergé. Il fut l’un de nos anciens poètes , et Ronsard lui attribue l’invention du sonnet. Ponthus intitula ses poésies , erreurs amoureuses ; et l’on peut juger par ce titre et par l’anecdote suivante , que ses mœurs ne furent pas toujours fort sévères.
Henri III fit une gageure avec lui , qu’il ne répondrait pas sur-le-champ, aux vers qu’il lui diroit en quelque temps que ce fût; quelque temps après, l’évêque venoit d’officier, dans uue grande cérémonie , en présence de
Î04 MANUSCRITS FRANÇAIS,
la cour; comme ii sortoit de la sacristie , revêtu de ses, habits pontificaux , le roi s’approcha de lui pour lui dire à l’oreille :
En m’en revenant de l’école,
J’ai rencontré dame Nicole ,
Laquelle étoit de verd vêtue.
Pontlius lui répondit à l’instant :
Otez-moi du col cette étole ,
Et si d’abord je ne l’accolle,
J’aurai la gageure perdue.
Le volume offre encore les opuscules suivans :
1. Mémoire sur J. -B, Drouet de Maupertuis.
Il fut écrit en 1733, à la demande d’Hippolite-Louis Guérin , libraire de Paris. Maupertuis , apiiès avoir été avocat, puis financier, se fit religieux de Sept-Fonts. O11 lui doit divers ouvrages, tels que l’histoire de l’é- glise de Vienne, celle de l'abbaye de Sept-Fonts , et de bonnes traductions de YEuphormion de Barclay , de 1 Histoire des Goths de Jornandès , des Institutions de Lactance , des Actes des Martyrs recueillis par Ruinart , des Exercices spirituels de S. Ignace , et du ! Traité de la Providence de Salvien. Il est mort eu 1756, à quatre-vingt-six ans.
2. Portrait de Bayle.
Il est très-court. Son auteur est le P. P orée , jésuite,
3. Vie de Costar.
Elle est adressée à Ménage. Pierre Costar étoit fils d’un chapelier de Paris; il nous est connu par sa pé- danterie, ses lettres pleines de galimathias et sa D4-> Jense de Voiture.
4- Eloges rf’Arnauld et de Pascal.
Ils ont été faits en 1697 , par Pavillon,
» I S T O I R K. IÇ)5
5. Fragmens historiques sur quelques auteurs da dix-septième siècle.
Ils sont relatifs à Corneille Hadrianus , le cardinal de Lugo , Hugues Grotius, Maldonat , Bossuet , St.- Evremont , Episcopius , Gibert , évêque de Vérone, la P. du Laure ns , Mélancthon , la Bruyère , le P. Bar - tholi , Isaac Eossius , le P. Thomassin , Bigot et Thomasius.
6. Remarques sur la vie et los ouvrages d’ Anga Politien.
Politien fut l’un des principaux restaurateurs des belles-lettres dans le quinzième siècle. Il partagea le sort de tous les hommes célèbres , puisqu’il eut beau- coup d’admirateurs et un plus grand nombre d’ennemis. On lui doit des poèmes , des chansons et des épigram- mes en langue grecque , une traduction d 'Hërodien , l’histoire de la conjuration des Pazzi. Mencken a écrit la vie de ce littérateur, en iy36, et ses œuvres ont été recueillies, en 3 vol. in-8.m , i55o, par Sébastien Gryphe, l’un de nos fameux imprimeurs lyonnais.
y. Eie et ouvrage de Cassiodore,
Dans cet opuscule, M. l’abbé de Pomarelle décrit les actions de ce principal ministre de Théodoric , et analyse ses traités de théologie et de philosophie.
8. Préface de la vie du comte Marsigli.
9. Discours sur les troubadours , par M. l'abbè Millot. — Des harangues des historiens , par le même.
10. Discours préliminaire aux mémoires du maré- chal de Noailles, par le même.
Ces deux discours ont été imprimés.
11. Eloge de l'abbé du Resnel , par M. du Boulay, Iy6i.
Du Resnel a traduit en vers français, l’essai sur la critique, et l’essai sur l’homme, de Pope. Ses vers,
lOÔ MANUSCRITS FRANÇAIS,
loués par Voltaire , lui avoient ouvert l’Académie fran- çaise ; mais on ne les cite plus, depuis que M. de Fon- tanes, prêtant à ce dernier ouvrage le feu de son ima- gination et le goût qui a su en placer les beautés dans le jour le plus convenable, a fait disparoître devant sa traduction toutes les autres du poète anglais.
12. Notice historique sur Procope.
Elle est savante et d’un bon style. Procope est l’un des derniers historiens païens qui aient écrit en grec. Il fit tout à la fois un éloge si complet et une satire si san- glante de l’empereur Justinien et de son épouse Théo - dora, que quelques critiques, et entre autres le savant hollandais Cuper, ont soutenu que l’histoire secrète n’est pas du même Procope qui a écrit l’histoire des Perses, des Goths et des Vandales.
i5. Eloge de Maupertuis.
M. de Tressait , auteur de cet éloge, le prononça à l’Académie de Berlin , en 1 760 , et l’a fait imprimer. Le manuscrit est de sa main, et il y a mis cette note en tête : « J’ai cru devoir parler très-légèrement de la querelle entre Maupertuis et Kœnig ; cette querella ayant été cause d’une rupture entre lui et M. de Vol- taire. Je suis trop serviteur et ami de tous les deux pour prendre parti, et je désirerois qu’il n’en pût rester aucune trace. »
14. Recherches sur la vie et les ouvrages de Juba , roi de Mauritanie.
Juba II, a fait honneur à la royauté , par son esprit et sa bienfaisance. L’un lui mérita une statue de la part des Athéniens; l’autre le fit mettre, par ses sujets, au rang de leurs dieux. Une inscription, recueillie par Renësius , a consacré son souvenir. Athénée, Salluste et Suidas ont parlé de ses ouvrages , dont aucun ne nous est parvenu. Il avoit écrit une histoire d’Arabie ,
HISTOIRE. IO7
ane autre des théâtres, une autre des peintres célèbres, des traités, enfin, sur la grammaire et sur la botanique. Galien en a cité un de ce genre.
15. Vie de Pomponius Atticus.
Ce mémoire est de l’écriture de l’abbé Tricaud , cha- noine d’Ainay. Atticus , ami intime de Cicéron , trouva par son aménité et ses qualités aimables , le moyen d’échapper aux proscriptions et aux fureurs des guerres civiles, et sut plaire également à Brutus et à César , à Pompée et à Marc-Antoine. Il refusa d’entrer dans toutes les places de la république, et vécut libre, indé- pendant et heureux.
16. Notice sur la vie de M. l'abbé Dicquemare.
L’abbé Dicquemare fut un naturaliste. Il travailla
sur les anémones de mer , les cartes marines et les élé- mens de l’astronomie. M.de Masson le Golf, qui a écrit cette notice, fait connoître les vertus, les succès de ce savant, né au Havre , et mort en 1787.
17. Notice sur Isaac Casaubon, et sur ses lettres.
Casaubon fut garde de la Bibliothèque de Henri IV.
Son érudition fut immense. Ces lettres offrent un grand nombre de particularités intéressantes. Elles ont été im- primées.
83g. Mélanges de biographie. — Fol.
Ces mélanges comprennent les ouvrages suivans :
1. De Cicéron et de Milton.
Ce qui paroît à l’auteur devoir caractériser particu- lièrement l’esprit de Cicéron , c’est qu’il sembloit se jouer des matières les plus difficiles et qu’il savoit les traiter avec enjouement, sans rien perdre de sa force. Le poète anglais, Dryden , a dit que la nature, ne pouvant rien produire au-delà de la sublimité d’ Homère
to8 MANUSCRITS FRANÇAISE
et de la majesté de Virgile, avoit créé Milton pour
réunir en lui seul les avantages des deux autres.
2. Dissertation sur la vie du poète Martial.
D’après plusieurs passages des épigrammes de ce
poète, l’auteur de cette dissertation relève diverses erreurs des biographes qui ont parlé de Martial , entre autres , que son épouse ne fut pas Claudia Mar - cella , et que cette dernière étoit seulement une ami» de sa famille qui s’étoit chargée de l’administration de ses biens de campagne , situés à Biblilis , en Espagne , aujourd’hui Soubiena, dans le royaume d’Arragon; qu’il n’eut point sujet, comme on l’a dit, de se plain- dre de Trajan, et qu’il sortit de Rome avant la mort de Verva et l’arrivée de Trajan; qu’il ne fut pas che- valier romain par sa naissance et son revenu , mais qu’il le devint par le privilège de la charge qu’il exerça.
3. Vie de Palingène , par M. Potot.
Marcel Mazoli , né à Stellata, dans le territoire de Ferrare, se cacha sous le nom de Palingène , qui si- gnifie le régénérateur. En effet, il voulut régénérer les mœurs de son siècle et surtout celles des moines. Son ouvrage le plus considérable est un poème latin, en douze chants , intitulé le Zodiaque de la vie hu- maine , qui lui attira un grand nombre d’ennemis. Ceux-ci, à sa mort, firent déterrer et brûler son corps. Ce poème a été traduit en vers gothiques, en 1619, et en prose par la Monnerie , au commencement du dix- liuitième siècle. Cette dernière traduction est foible et triviale, et M. Potot observe qu’un poète, qui dans son temps a maîtrisé l’opinion publique, qui s’est élevé en réformateur de ses contemporains, et a soutenu ce rôle imposant avec force et dignité, qui a été loué par les uns et persécuté par les autres, qui, avec un génie brûlant et une ame véhémente, a marché à la gloire.
histoire. 109
et a laissé un poème qui a franchi les barrières de l’Italie, et a pénétré chez, toutes les nations éclairées, mériteroit d’être plus connu en France, et d’y obtenir un bon traducteur.
4. Fie de Michel-Ange, par M. Clapasson.
Elle est traduite de l’italien de Fasari. La descrip- tion de chaque ouvrage de Michel-Ange , est mêlée de traits historiques, propres à faire connoître son humeur, son caractère et son génie. Né en Toscane , il fut ap- pelé à Rome, par le pape Jules II, et y mourut en 1 5 74 , à l’âge de quatre-vingt-dix ans. On sait que son plus beau tableau, et le chef-d’œuvre de la peinture moderne, est celui où il a peint à fresque le jugement universel.
5. Fie de le Moine, premier peintre du roi, par M. Nonnotte, 1759.
François le Moine, né à Paris en 1688, a peint le plafond du chœur de l’église des Jacobins du faubourg St. -Germain, la belle coupole de la chapelle de la Vierge à St.-Sulpice , et le grand sallon qui est à l’en- trée des appartemens de Versailles, où il a représenté l’apothéose d 'Hercule. C’est son chef-d’œuvre , et peut- être celui de la peinture en France; aussi le cardinal de Fleur j , disoit-il , en l’admirant : Foilà un morceau qui gâtera tout F ers aille s. Le Moine, dans un trans- port de folie , entendant heurter à sa porte, et croyant que des archers venoient le saisir, se perça de neuf coups d’épée, et expira à quarante-neuf ans , le 4 juin 1737. M. Nonnotte, honoré de l’amitié et de la con- fiance de le Moine, pendant les six dernières années de la vie de ce peintre renommé, donne ici des détails et quelques particularités que lui seul a pu connoître. 11 termine son ouvrage par une liste exacte de tableaux de celui qu’il a célébré.
IIO MANUSCRITS FRANÇAIS.
6. Parallèles de Copernic et de Tyclio-Brahé , dâ Cassini et <2’FIuyghens.
Le seizième siècle vit l’astronomie faire tout-à-coup de grands progrès. Elle les dut à Copernic et à Tj-cho~ Brahé. Le premier, abandonnant les intérêts de la terre, pour ne vivre qu’au milieu des astres, plaça le soleil au centre de l’univers, et développa les révolu- tions des corps célestes. Le second, retiré dans l’île dô Ween, en Danemarck, où il bâtit l’observatoire d’Ura- nienbourg, corrigea le système de Copernic , soumit au calcul les réfractions astronomiques , et découvrit dans la lune les trois mouvemens qui servent à déter- miner sa marche. M. de Villers les compare l’un à l’autre, ainsi que leurs systèmes. Il en agit de même avec Cassini, qui a donné la théorie du soleil, et Hujghens , qui a créé celle de Saturne. L’un perfec** tionna le gnomon , l’autre le télescope et le pendule. L’un et l’autre furent attirés quelque temps en France , par la munificence de Louis XIV*
84o. Eloge de Voltaire , (par le roi de Prusse.) — * - Berlin. 8.°
Cet éloge , lu le 26 novembre 1778, dans une assem- blée publique de l’Académie de Berlin , est ici précédé d’un discours manuscrit, de M. de Sozzi , qui présenta cet éloge à l’Académie de Lyon, le 26 janvier J 779. On lit à la suite une lettre de M. Thiébault , qui an- nonce que le roi l’avoit chargé de la distribution de son ouvrage , et lui en avoit spécialement ordonné l’en- voi à l’Académie de Lyon qu’il assurait de son dévoué - ment. On sait que Frédéric II, avoit voulu aussi faire l’éloge de Voltaire , en vers, sujet de prix proposé par l’Académie française. Sur cet objet il écrivoit ainsi à d 'Alembert : « Je travaille à l’éloge proposé par
HISTOIRE. , IH
l’Acacldmie , je ne me flatte pas de parvenir à la cou- ronne, et je n’y prétends pas ; mais j’espère que moyen- nant votre protection , j’obtiendrai bien un accessit honorable j il est vrai que Joseph vient quelquefois me causer des distractions , mais elles ne sont pas assez fortes pour me faire oublier l’éloge d’un grand homme. î>
841. Notice des prix proposés par les Aca- démies et Sociétés savantes de l’Europe, avec les noms de ceux qui les ont obte- nus, le titre, l’année et le lieu de l’impres- sion de leurs ouvrages. — In- 4.0 d’env. 240 pag.
Je présentai ce recueil , manuscrit , en 1 782 , à l’Aca- démie de Lyon. Il précéda l’ouvrage que je fis impri- mer quelque temps après , sous le titre de Couronnes académiques. Paris, Cuchet , 2 vol. in- 8.° La différence qui se trouve entre celui-ci et la notice manuscrite , c’est que l’imprimé se borne aux questions proposées par les Académies de France, tandis que la notice pré- sente en outre celles des Académies d’Amsterdam , Ber- lin, Berne , Breslau , Bruxelles , Copenhague, Gottingue, Manheim , Pétersbourg, Sienne, Stockolm, etc.
Ces nombreuses additions m’ont engagé à dire un mot de ce manuscrit; mais désormais je me garderai de faire mention de plus de soixante mémoires que j’ai déposés dans les porte-feuilles de l’Académie de Lyon, et dont la notice ne doit point occuper ici une place , bien plus utilement remplie par la mention des ouvra- ges de mes confrères, et des autres écrits qui font la richesse de la Bibliothèque publique.
msT.
BIBLIO-
GRAPHI-
QUE.
I
113 MANUSCRITS FRANÇAIS.
842. Traité des écrivains ecclésiastique^ *
suivant Tordre des temps où ils ont vécu. — d’env. 240 pag.
Cette nomenclature peut être consultée utilement. L’auteur a joint au nom de chaque écrivain , la date de sa mort et la notice de ses ouvrages. On peut eu juger par ces articles :
Amalarius Fortunatus , mort en 81 4* Traité des cérémonies du baptême.
Pelage II , pape , mort en 5po. On lui doit neuf lettres et quelques décrets. Dans ces lettres, la pre- mière, seconde, huitième et neuvième, sont fausses, et ont pour auteur Mercator.
Jean , abbé de Bielaro , mort à la fin du sixième siècle, a fait une chronique depuis 566 jusqu’en 590. Elle sert de continuation à Victor de Tononne.
Ordéric Vital , moine de St.-Evrou , mort après 1142. Treize livres sur l’histoire ecclésiastique.
843. Eclaircissemens historiques sur les ou- vrages du P. Ma imbourg , par le P. Char - les de la Coste. — In- 4.0 de 400 pag.
L’auteur étoit récollet. On voit en tête du manuscrit une approbation, donnée à Lyon, le 20 août 1G80, par les supérieurs de son ordre, pour lui permettre de faire imprimer l’ouvrage.
Le jésuite Maimbourg , écrivain fécond, laborieux, mais manquant d’exactitude , et souvent partial, a laissé un grand nombre d’ouvrages historiques , en 26 vol. in- 12. Les plus remarquables sont : l’histoire des croi- sades, celles de la ligue, de l’arianisme, du luthéra- nisme, du calvinisme , du schisme des Grecs, de la
décadence
HIST.OIRE. I I 5
décadence de l’empire , après Charlemagne , des pon- tificats de S. Grégoire et de S. Léon.
Pour relever les nombreuses erreurs de cet écrivain, et rétablir la réputation de plusieurs personnages atta- qués par lui , le P. de la Coste composa ce manuscrit.
Ses éclaircissemens ont pour principaux objets , les antipapes Amédée , premier duc de Savoie, Pierre de Corbare , l’abbé Joachim , le pape Grégoire VII, l’empereur Henri IV, la chronique de Conrad , la que- relle des investitures , le miracle du cardinal Aldobran- din, la conduite d ’Aleman, cardinal d’Arles, la pauvreté , de l’ordre de S t. -François , le pape Jean XXII , les hérésies de Pierre Olivi , les actions de Jacques de Bourbon , comte de la Marche.
L’écriture de ce manuscrit est lisible; son auteur a de l’érudition, mais sou style est lourd et pénible.
844* Catalogue des manuscrits de la biblio- thèque de M. de Migïeu , 1760. — lu- 4.® de 72 pag.
M. de Migieu , ancien officier aux gardes françaises, orna son château de Savigny, en Bourgogne, de livres rares, de manuscrits, de médailles et d’un grand nom- bre d’antiquités. 11 adressa ce catalogue , copié de sa main, à son ami, M. Adarnoli. Son riche cabinet a été vendu et dispersé, en i8o5 , par ses héritiers.
845. Mélanges d’histoire et de littérature. —
In- 4.0 (M.ss acad.)
Ce volume comprend :
1. Dissertation critique sur le caractère des prin- cipaux auteurs qui ont traité de l'histoire de France, gks M. Bérenger , auteur de cet ouvrage, parcourt avec histo- rapidité les écrits de nos historiens , tels que Grégoire
IL 8
Il4 MANUSCRITS FRANÇAIS,
de Tours , Marculfe , Maimbourg , Larrey , Joinville , Millot , Froissard , Monstrelet, Juvénal des Ursins , Commines , Brantôme , de Thou, Davila et V Etoile. Il les analyse en une phrase, et les peint d’un trait, La rapidité du stjle se joint ici à la justesse des juge- mens et au mérite du savoir.
2. l'établissement des Barbares dans l'empire romain , par l’abbé Millot.
Manuscrit autographe de 16 pages. L’auteur doit l’avoir inséré dans son Essai sur l'histoire générale.
3. Discours préliminaire des élémens de l’histoire d'Angleterre , par l'abbé Millot. — Conclusion de l’histoire d' Angleterre.
Ces opuscules ont été imprimés.
4. Rèjlexions sur Plutarque.
Plutarque fut l’auteur favori de M. Roland de la Platière, qui a écrit ces réflexions. « Jean-Jacquet Rousseau, dit-il, eut un cœur élevé et une ame sen- sible ; il les dut peut-être à la lecture assidue de Plu- tarque ; il le dévora dans sa jeunesse, et le médita toute sa vie. »
5. Principes généraux et raisonnés de l'art ora- toire.
M. Gourdin, bénédictin de Rouen, auteur de cette rhétorique, l’a fait imprimer, et elle a eu beaucoup de succès.
6. Discours sur l' incertitude de l'histoire, 1729.
L’esprit humain est naturellement couvert d’épaisses
ténèbres , et l’histoire, qui ne devroit offrir que la lu- mière et la vérité , ne présente souvent que d’obscures contradictions. Sanchoniaton nous a laissé quelques fragmens de l’ancienne histoire de la Phénicie; Scaliger conteste leur vérité ; et Dodwel prétend que Sancho- niatçn u’a jamais existé, et qu’il est un historien imagi-
Histoire. r i 5
àairé. Hérodote est regardé comme le père de l'his- toire ancienne; Cicéron l’accuse de fausseté; Ctésias le contredit sur presque tous les faits importans , et donne une chronologie toute différente sur l’histoire des Assyriens et des Mèdes. On est incertain sur l’épo- que du fameux siège de Troie. Josephe témoigne le plus profond mépris pour les historiens grecs , qui , suivant lui , ne se nourrissent que de fables et ne fon- dent leurs récits sur aucun monument authentique. « Hellanique ; dit-il, n’est jamais d’accord avec Acusi- las , qui , de son côté , attaqué continuellement Hé- siode. Ephore traite d’imposteur Hellanique , et 77* mée en dit autant d 'Ephore. » A son tour , Josephe a été décrié par les Juifs; et Baronius surtout accuse sans cesse la véracité de cet historien. Ailleurs, on ne voit dans les harangues de Thucydide , que les fruits de son imagination, et un roman dans la Cyropédie de Xénophon. Les livres de Diodore de Sicile , sont rem- plis de faits invraisemblables et qui n’ont jamais existé. Il défigure ceux, qui sont plus connus , et bouleverse jusqu’aux noms des consuls , en parlant de l’histoire romaine. L’auteur du manuscrit passe ensuite aux his- toriens latins , qu’il caractérise , et dont il signale les impostures et les erreurs.
7. Règlemens et statuts de l'Académie de Besançon.
Ces règlemens furent arrêtés au conseil d’état en
1752. M. de Tallard dépensa dix mille livres pour orner la salle des assemblées de l’académie, au palais de Grand velle, et lui assigna mille livres de rente, au capital de vingt mille.
8. Discours sur l’irrésolution.
L’auteur de cet opuscule, M. de Serres, l’écrivit en j 720.
Il6 MANUSCRITS FRANÇAIS.
9. Séances publiques de V Académie de Rouen, des 6 août 1777 et 17 février 1778.
M. d’ Ambourney , secrétaire de cette Académie, a envoyé à celle de Lyon ce compte rendu.
10. Examen de la question , s'il convient d'écrire par préférence en langue française les inscriptions !
L’auteur, qui décide en faveur de la langue française, termine son opuscule par une inscription en cette lan- gue, pour la décoration du feu d’artifice, tiré à Lyon en 1762. Elle fut relative au pacte de famille. Le corps otfrit un faisceau de javelots, avec ce vers de la Fon- taine :
Toute puissance est foible, à moins que d’être unie.
1 r. Fragmens et imitations de la onzième idylle de Théocrite.
Cette idylle renferme les plaintes du cyclope Poly- phénie, à l’insensible Galatée.
12. De l'influence des lettres dans les provinces , comparée à leur influence dans les capitales, par M . Roland de la Platière.
Sujet souvent traité, mais qui l’est ici d’une manière assez neuve. Dans les provinces, l’homme inoccupé se livre, ou à l’apathie ou aux petites passions inquiè- tes j la culture des lettres vient y ranimer son existence, et jeter un jour plus doux sur sa vie. S’il y jouit ordi- nairement d’une réputation moins brillante que dans la capitale, du moins elle est plus à lui. Dioclétien quitta l’empire, et ne fut heureux que , lorsque retiré loin de Rome, son ame s’ouvrit au goût des lettres et à la culture des arts. L’homme instruit n’est jamais seul, et il n’a pas besoin du fracas des grandes villes, pour s’oublier ou se distraire. Pour lui, chaque idée est un organe nouveau, et un sens de plus pour l’esprit.
Ce manuscrit, dont l’écriture est lisible et belle, sort
HISTOIRE, II 7
de la plume de Mad. Roland, et il est présumable que le morceau qui le termine, sur les femmes, et les moyens de les rendre plus instruites, morceau plein de force et de chaleur , est d’elle. 11 semble qu’elle ait voulu se peindre dans ce portrait : « Savante ’Phéano , vous qui fûtes louée des sages , et dont la Grèce s’ho- nora, femme de l’immortel Pythagore , devenue célè- bre comme lui par vos vertus et vos connoissances , quelle douceur ne répandîtes-vous pas sur les jours de ce grand homme ; vous en fîtes le bonheur ; vous eûtes des enfans qui vous ressemblèrent. Vos deux filles furent la gloire de leur sexe. La sage Damo mérita que son père lui confia ses ouvrages et les secrets de sa philosophie ; l’aimable Mya mérita ce bel éloge : Jeune, elle servit d’exemple aux jeunes filles; ma- riée , les femmes la prirent pour instituteur et pour modèle. »
i3. Rapport sur un mémoire de M. de St. -Paul, relatif à l'origine des hiéroglyphes égyptiens.
Les Indiens, dit-il, descendent des Egyptiens, que les cruautés de Camhyse forcèrent de se réfugier sur les bords du Gange; aussi, retrouve-t-on, dans les symboles indiens, les rapports les plus évidens avec les hiéroglyphes de l’antique Egypte. Les cinq prin- cipaux étoient relatifs au débordement du Nil. Le chien annonçoit, qu’à l’apparition de l’étoile de la canicule , il falloit se préparer à l’inondation. Le lion avertissoit que, comme cet animal furieux, le Nil alloit ravager la plaine ; on exposoit sa figure dans les premiers jours de juillet. Celle de l’épervier apprenoit que le vent septentrional commençoit à souf- fler, et que le débordement arrivoit à sa plus grande hauteur. Le petit horus, ne faisant que de naître, in- diquoit que le travail rustique renaissoit , et que l’eau
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se retirait. Le héron, enfin, étoit exposé au milieu de septembre, pour annoncer que le vent méridional fai- soit de jour en jour rentier le fleuve dans son lit. Ces cinq figures formèrent les cinq Dactyles des Grecs, et le Pandeva indien, c’est-à-dire, les cinq frères. Les autres lnéi oglyphes éloient relatifs à la connoissance des phénomènes célestes , et surtout aux travaux d» l’agriculture. Ainsi , le cochon désignoit qu’il étoit temps d’ensemencer les terres, parce que, lorsque la charrue n’étoit point encore connue, c’étoit à l’aide de ces animaux, qui fouillent toujours la terre , que les premiers Egyptiens semoient les grains ; ainsi, le pois- son avertissoit de la saison de la pèche; la tortue, que c’éloit le moment de sa ponte, et d’enlever ses lEufisj l’ours, que la récolte étant finie, le temps étoit venu d’aller à la chasse et de faire la guerre aux bêtes fauves.
14. De l'harmonie grammaticale , par AT. Gourdin, de Rouen .
Ce discours fixe les règles de l’arrangement harmOï nique des mots, partie si essentielle de l’élocution, que Cicéron en a fait le sujet d’une assez longue disser-i tation qui termine son traité de l 'orateur. M. Gour- din explique ce qui constitue le nombre oratoire , l’harmonie imitative , la facilité du style et ses diver- ses espèces. 11 termine son opuscule par des réflexions sur la variété des styles, extraites d’un ouvrage pério-. dique d’Italie , intitulé : Il caffë.
846. Des entrées et réceptions solemnelles,
— Fol.
Ce manuscrit, dont l’écriture est belle et correcte, contient environ 600 pages, et offre un traité complet, où l’on trouve tout ce qui a été fait de plus remar- quable à lu réception des souverains, princes, papes.
histoire. ng
«cardinaux , évêques , gouverneurs , ambassadeurs , aux entrées nuptiales et à celles des reliques dans Ie$ églises. D’ordinaire , la présence des souverains pour la première fois dans une ville , y faisoit accorder la liberté à un grand nombre de prisonniers. Les oise- leurs se présentoient avec des cages pleines d’oiseaux, dont on ouvroit les portes , à la vue du monarque.
Le manuscrit dit, que lorsque Louis XIII vint pour la première fois à Lyon, et se présenta à l’église St.~ Jean , il y fut reçu sous un dais de damas blanc, par le doyen des comtes , Talaru , qui lui présenta un surplis en lui disant: «Sire, voici l’habit de la pre- mière église de vos royaumes, que nous présentons à Votre Majesté, comme à notre premier comte et cha*- noine d’honneur. » Le roi prit le surplis, et suivit la procession , jusque devant le maître-autel. Charles VIII, après son entrée à Lyon, en 1 49^ , plein de reconnaissance , disent ses lettres- patentes , de la grande joie , honneur et du meilleur cœur que pos- sible des Lj-onnais , ennoblit à perpétuité , les douze conseillers de ville, échevins, qui seraient élus chaque année. Les douze premiers bourgeois ennoblis , furent Claude Guerrier , Louis 7 'hèse , Guillaume Dublé , François Tourveon , Claude Laurencin , Jean de Bourges, Pierre Barberon, docteur, Pierre Palmier , Jacques Baronnat , Jean Rochefort , Benoit Buatier et Pierre Renouart. Le jésuite Claude Ménétrier , lyonnais, est auteur de ce manuscrit, quoiqu’il n’y soit pas nommé; mais il y cite, comme auteur, l’A/'s- toire consulaire de Lyon. Il a été fait vers l’an 1670.
847. Entrées et réceptions solemnelles. — Fol.
Ce manuscrit est autographe et de l’écriture du savant P. Ménétrier. Il a servi d’original à la
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précédente copie. Il porte quelques additions et connec- tions sur les marges , et est terminé par la description des fontaines de réjouissance, répandant diverses li- queurs.
848. Pièces pour l’histoire. — In- 4.0 de 70 p.
Le texte de ce manuscrit est encadré, il offre :
1. Une apologie en vers, de M.He d 'Orléans, sur son prétendu mariage avec le comte de Lauzun, On l’a attribuée à M, de Madaillan.
2. Portrait en vers, de M.lle de la Vallière.
5. Le retour du comte de Guiche ; petit roman , sans intérêt.
849. Recueil de morceaux d’histoire , d’élo- quence et de poésie. — In- 4.0 de 676 pag.
Ce recueil fut commencé en 1785. On y trouve une foule de pièces très-connues et d’autres qui le sont moins. Ou peut distinguer parmi les unes et les autres:
1. Méthode de Locke , pour former des recueils et des extraits.
2. Passages tirés de l'histoire philosophique de Rcy- nal, suc l’inquisition, le roi de Prusse, la vraie gloire, Louis XVI, la Hollande, la philosophie de l’histoire, la férocité des Anglais dans le Bengale, et leur insa- tiable avidité sur les mers.
5. Extraits de Diderot , du voyage de Grèce, par Guys ; des œuvres de Pompignan et de celles de Buffonx sur l’homme et les animaux domestiques.